Botswana : where are you going, ou comment laisser place à l’aléatoire…

Je viens de finir un grand road-trip en Afrique Australe avec Emily, une couchsurfer suédoise avec qui je viens de passer quelques semaines. Nous avons traversé ensemble l’Afrique du Sud, la Namibie, une partie de la Zambie, et nous voilà au Botswana.

Après m’être embourbée quarante-huit heures dans un désert de sel le jour de mon anniversaire, je décide de mettre de côté les parcs nationaux et de me lancer dans une toute autre aventure, à la rencontre des botswanais.

Emily et moi marchons le long de l’autoroute A1 en périphérie de Francistown, tendons le pouce, et demandons à la première voiture qui s’arrête Where are you going ? (Où allez-vous ?)

Jour 1 : crazy party !

autostop botswana
Autostop au Botswana avec Emily

Direction l’inconnu donc. Un pakistanais habitant au Botswana depuis une dizaine d’années nous fait monter dans son camion. Il se rend dans une mine à une trentaine de kilomètres, mais l’accès est protégé, nous ne pouvons le suivre plus loin.

À peine descendues du mastodonte, une voiture s’arrête et le couple nous propose un lift pour Phikwe, à environ 200km. Nous allons donc à Phikwe : ils nous convient à une soirée pour célébrer la fête nationale.

Nous sommes hébergées chez Kingston, le frère de Kuda, notre chauffeur. Nous posons nos sacs à dos, buvons un verre et continuons de faire connaissance, puis remontons en voiture. Leur programme : faire la tournée des petits bars locaux. Nous suivons le mouvement, en buvant probablement un peu moins qu’eux, ils semblent bien entraînés à l’exercice !

Nous nous rendons ensuite au El Paso, une boîte de nuit pleine à craquer de mâles ultra-musclés et de femmes peu vêtues. Comme toujours, nous sommes les plus mal habillées, et les seules à perdre tout style à chaque pas de danse. Peu importe, l’alcool aidant, on profite de la nuit comme il se doit.

Par je ne sais quel miracle je finis par m’endormir profondément sur l’un des canapés du club, et entame ainsi ma nuit. Il faut dire qu’après un an de nomadisme, je ne suis plus trop regardante et je suis capable de dormir un peu partout.

On me réveille en plein sommeil, nous rentrons chez Kingston et je dors quelques heures de plus. Au petit matin, Emily et moi nous remettons à faire du stop, et reprenons la route après des adieux difficiles avec nos trois nouveaux amis.

Jour 2 : welcome to Gab’s !

Nous pouçons le long du hiking spot de Phikwe. Ici le stop est pratique courante et nous ne sommes pas les seules à tenter notre chance. Quel que soit l’auto-stoppeur à qui nous sourions, on nous renvoie de grands signes d’amitié. Nous nous éloignons toutefois un peu, étant arrivées plus tard, nous ne voulons pas doubler les autres voyageurs et paraître impolies.

Un camionneur s’arrête et nous l’accompagnons sur une centaine de kilomètres. Un grand black baraqué, dont le nom est Blondie, ça surprend. Il nous pose une centaine de questions en l’espace d’une heure et nous ne voyons pas le temps passer. Il nous dépose ensuite le long de l’A1.

Juste le temps d’acheter une bouteille d’eau, une voiture s’arrête et le chauffeur m’interpelle :

Lui : Hé ! Ça ne serait pas toi la fille qui dormait en boîte hier ?

Moi : Euh…

Lui : Je suis sûr de t’avoir vue au El Paso, tu ne me reconnais pas ?

Moi : Si, si bien sûr ! (mais c’est qui ce gars ? ? ?)

Lui : Vous allez où comme ça ?

Moi : On ne sait pas, vous allez où vous ?

Lui : Gab’s, vous montez ?

C’est donc parti pour Gaborone ! Tony et Mustafa, nos deux nouveaux amis, nous conduisent sur plus de 400km, au volant d’une belle BMW flambant neuve. On fait du stop en première classe aujourd’hui.

autostop botswana 2
Nos héros du jour :)

Ils nous demandent où nous dormons ce soir, et bien sûr nous n’en avons aucune idée. D’emblée, ils décident de nous conduire chez deux amis à eux, des jeunes militaires en repos pour quelques jours. Ces derniers nous invitent à une soirée chez d’autres botswanais, bref, nous nous laissons bercer, nous sommes entre de bonnes mains.

La fête ne s’éternise pas ce soir et c’est tant mieux, nous sommes HS. Gentiment, Tod, le propriétaire des lieux, nous remet les clefs de l’appartement, nous souhaite bonne nuit, et nous annonce qu’il va dormir ailleurs afin de nous laisser de l’espace.

Bien sûr nous insistons pour qu’il reste, affirmant que nous pouvons dormir par terre sans aucun souci. Pourtant il refuse, pudique, nous sourit, plein de bienveillance, et quitte les lieux.

Jour 3 : Luxury President hotel !

Avec Anton
Avec Anton, Gaborone, Botswana

Le lendemain, l’un des garçons ayant passé la soirée avec nous hier vient nous chercher en voiture, pour nous déposer où nous souhaitons nous rendre, bien que nous n’ayons aucune idée d’où nous voulons aller. Adorable : de simple auto-stoppeuse, je me transforme en princesse.

Nous indiquons donc par défaut le centre-ville comme destination, et laissons une lettre de remerciement à Tod sur la table du salon.

Arrivées en ville, nous décidons de boire un café en terrasse, afin de nous remettre de nos émotions et de réfléchir à une solution pour ce soir. Nous ne stressons pas. Nous savons bien qu’en Afrique, les hommes ont le cœur sur la main. Nous prenons notre temps et apprécions quelques brins de soleil illuminer notre matinée.

Nous rencontrons Anton, qui boit également un verre à quelques mètres de nous. Seul et souriant, nous lui proposons de se joindre à nous. Nous lui expliquons nos rencontres des dernières quarante-huit heures et il semble boire nos paroles, comme s’il avait lui-même vécu l’aventure.

En moins de trois minutes de discussion, il nous invite à partager sa chambre, qu’il occupe dans un bel hôtel, le Luxury President Hotel. Un nom comme ça, c’est prometteur. Croyez-le ou non, à cet instant, son visage semblait si naïf et plein d’entrain qu’il était impossible pour nous d’imaginer toute proposition douteuse. Nous ne nous trompons pas : ce sud-africain en transit à Gaborone sera définitivement digne de confiance. Oui, le monde est bon.

avec le maire
Avec le futur maire de la capitale du Botswana

Dans l’après-midi, il s’absente travailler. Nous faisons la connaissance du futur maire de Gab’s qui sur un coup de tête décide de nous faire visiter toute la ville en voiture.

Comme cela n’arrive tout de même pas tous les jours, nous nous joignons à lui.

Nous avons ainsi l’occasion de goûter un délicieux estomac de vache bouilli, au sujet duquel, polies, nous complimentons le chef.

Enfin, nous passons une soirée inoubliable avec Anton et ses collègues, riant de nos différences culturelles.

Un immense merci à tous ceux et celles qui ont pimenté ainsi notre séjour en auto-stop au Botswana.

J’en garderai un souvenir inoubliable, teinté de nostalgie certes, mais surtout convaincue, cette fois encore, que la confiance est un cadeau précieux qu’il faut savoir accepter.

8 thoughts on “Botswana : where are you going, ou comment laisser place à l’aléatoire…”

  1. Encore une étape partagée au travers de ces quelques lignes qui résument bien qu’il n’y a pas que des monstres sur terre .Merci Bises

    Take care of you!

  2. c’était le paradis ma Rouma ! j’en suis heureux pour toi … il y a des jours « sans » mais aussi des jours « avec » Il suffit d’être au bon moment, au bon endroit … et la confiance fait le reste, bravo !

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