Le lac Issyk Kul, joyau kirghize entre ciel et terre

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Il y a peu, José et moi fêtions l’exacte moitié de notre retour en France en auto-stop, depuis Phuket en Thaïlande. L’occasion pour nous de faire une longue pause à Bichkek, capitale kirghize, afin de redonner un peu d’éclat à notre équipement et surtout d’effectuer quelques inextricables demandes de visas. Étant bloqués sur place quelques temps, nous avons décidé de poursuivre notre virée au Kirghizistan en direction du lac Issyk Kul, de Skazka à Tamchy en passant par Karakol et Bosteri, avant de retourner à Bichkek cinq jours plus tard.

Si à l’époque, Issyk Kul marquait une halte importante sur la Route de la Soie (du moins sur l’une de ses voies), ce deuxième plus grand lac alpin au monde est aujourd’hui devenu un haut lieu du tourisme kirghize. Il s’agit donc là d’une destination singulière, qu’il nous tardait de découvrir. Malgré la fréquentation élevée du site, notre virée autour de ces eaux cyan cristallin a été des plus plaisantes, voici pourquoi…

Le Skazka canyon (ou fairytale) :

Avec José, nous quittons Bichkek le pouce en l’air et mettons cap plein Est, en direction de Karakol et du lac Issyk Kul. Comme prévu, l’auto-stop au Kirghizistan fonctionne à merveille et nous ne mettons qu’une poignée d’heures à parvenir à bon port. Dès les premières minutes suivant notre arrivée, nous piquons une tête dans le lac chaud. Enfin, pour être honnête, José effectue quelques timides brasses tandis que j’attendrai pour ma part le lendemain avant de plonger à mon tour, l’air s’étant déjà trop refroidi à mon goût.

Afin de célébrer je ne sais plus quelle occasion (donnons-nous bonne conscience en affirmant avoir voulu découvrir pleinement quelques spécialités locales, authentiques et par conséquent inévitables), nous achetons deux lepechkas rondelets (pains kirghizes), un fromage au prix abordable mais caoutchouteux, un saucisson halal sans saveur nous rappelant à grand-peine un tant soit peu la France, ainsi qu’une inéluctable bouteille de vodka que nous marierons périlleusement à du nectar d’abricot.

Sous un ciel dévêtu de toute nébulosité, emplit d’astres et projetant ostensiblement son humeur bien lunée, nous descendons d’un trait et sans merci ce tord-boyau. Ce dernier me le fera payer au prix fort d’une nuit sans sommeil – que j’aurai amplement méritée – où je cracherai mes tripes sans retenue et sans gloire.

Minuit sonne ses douze coups impérieux, dans un rai de lune nous extirpons la tente de nos sacs à dos. Étonnés mais placides, nous nous apercevons alors que l’un des piquets, l’une des deux colonnes vertébrales de l’abri, est cassé. En guise d’arceau de fortune, nous épinglons en hâte quelques bouts de ficelle à deux arbres rédempteurs avant de nous affaler sur nos paillasses, sans prendre la peine de déployer nos duvets. Avant même d’avoir réellement commencé, c’est décidé, moi j’arrête la vodka.

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Notre chapiteau à la voilure fièrement érigée

À l’aube, José, ma gueule de bois et moi nous rendons au canyon de Skazka, autrement appelé Fairytale. Un nom à la fois aguicheur et prometteur. Depuis l’asphalte, il nous faut effectuer une courte marche avant de pouvoir entrevoir les premières sinuosités du couloir. La première page de ce conte de fée s’ouvre alors sur un talus, ultime cerbère du vallon, que nous gravissons à grandes enjambées.

Immédiatement, nous sommes conquis par cette gorge qui se déploie plantureusement sous nos yeux. La palette de couleurs qui nous est révélée me rappelle sans détour celle des montagnes multicolores de Zhangye Danxia en Chine, nous sommes hébétés et confondus par cette scène de Far West.

Quelques touristes bardés de jaune fluo et d’orange criard – teintes auxquelles je ne m’accoutumerai visiblement jamais – déambulent sur les crêtes, friables et disséminées à travers l’immensité du canyon. Nous faisons de même, mais les voies sont trop nombreuses pour que nous puissions arrêter notre choix. Nous finissons tout de même par convoiter la couronne royale, ensemble de pics rocheux qui semble régner sur le domaine roussâtre, et aiguillons notre boussole vers ce promontoire.

Dans ce vaste défilé ocre, les heures se succèdent à mesure que nous escaladons les escarpements. À contrecœur, nous sommes contraints de rebrousser chemin, sans n’avoir pu étancher notre soif de nous enivrer davantage de l’élégance de cette vallée ambrée.

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Randonnée extraordinaire au cœur du canyon de Skazka, tout proche du lac Issyk Kul…

Nous nous dirigeons ensuite vers Karakol où nous retrouvons la civilisation. Aucun recoin ne nous attire l’œil pour y jeter ni notre dévolu, ni notre tente. Nous poussons donc un peu plus loin et regagnons les berges du lac Issyk Kul. Le hameau de Pristan-Przhevalsk ne nous séduit pas plus mais il se fait tard et las, nous abdiquons.

Au petit matin, José et moi nous séparons car nos désirs divergent. Il souhaite effectuer un trek de trois jours assez sportif dans les montagnes environnantes, quant à moi, j’ai pris rendez-vous avec Neal Cassady, Jean-Christophe Rufin et Sylvain Tesson sur une plage de la rive Nord du lac Issyk Kul, un vaste programme qui m’occupera plusieurs jours.

Karma au beau fixe à Bosteri :

Je me remets donc, seule cette fois, à faire du stop et gagne le rivage de Bosteri, sous une chaleur suffocante. Je chine quelques agrumes et autres fruits plus suaves, et les croque les deux pieds dans l’eau. Sitôt l’encas avalé, je jette sur le sol mes vêtements humides de transpiration et m’enfonce dans l’eau légèrement salée du lac Issyk Kul.

Surveillant d’un œil mon sac à dos, je ne m’éloigne pas et rapplique rapidement sur le sable. Un jeune kirghize m’approche alors et me demande d’où je viens. Je suis française, et ma réponse semble lui convenir puisque sans plus attendre il me convie à dormir au sein de sa guest house familiale, gratuitement et en tout bien tout honneur. Ce matin, j’avais laissé José emporter la tente puisqu’il se rendait dans les montagnes. Cette proposition inopinée m’enchante donc, et sans raison particulière j’accorde immédiatement un crédit sincère aux dires de Temirlan, bien que nous n’échangions pas plus de mots que cela. Il me quitte après quelques minutes seulement, je m’assoupis un peu puis contemple, absorbée, le manteau de la nuit s’abattre sur les promeneurs du soir.

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Tombée du jour sur le lac Issyk Kul…

En fin de journée, et en avance, Temirlan me rejoint sur la plage et nous nous rendons chez lui. Sa mère, ainsi que son jeune frère de douze ans m’accueillent à bras ouverts. C’est d’autant plus étonnant que leur maison d’hôtes affiche complet (Bosteri est une station balnéaire prisée par les touristes kirghizes et russes). Je ne saisis pas bien ce qui me vaut l’honneur de ce traitement tout particulier. On me fait prendre place autour de la table de la cuisine, et l’on me sert sans plus attendre un café au lait. En tout et pour tout, nous dînerons par la suite à quatre reprises : une salade grecque (mets très répandu au Kirghizistan), un bol de borch (soupe à base de chou rouge, de tomate, d’oignon et de mouton), du pain beurré puis une assiette de plov (riz au mouton). Non cinq : j’omettais les pâtes au bœuf servies juste avant le coucher, afin d’éviter un petit creux durant la nuit.

Entre deux coups de fourchette, nous baragouinons dans un patois anglo-russe qui semble néanmoins miraculeusement compréhensible à tous. La pièce aux murs ouverts sur la nuit glacée se réchauffe sous l’effet de notre bonne humeur. Je me prends d’affection pour le benjamin, qui ponctue avec emphase chacune de ses phrases par de théâtraux oh my god. Malgré sa candide douzaine d’années, ce gosse dispose déjà de l’humour vif et piquant de ces vieux singes à qui l’on n’apprend plus à faire la grimace, et il parvient à m’attirer avec lui dans son monde d’enfant sans maîtriser pour autant la langue de Shakespeare. La maman me traite comme sa propre fille – elle est mère d’une jeune femme expatriée en Pologne depuis sept ans – et Temirlan ne sait quant à lui plus quoi faire afin de me combler. Dans ce petit paradis fortuit, je passerai vingt-quatre heures à me demander ce qui aura poussé mes bienfaiteurs d’un soir à me prendre sous leur aile.

Quand nous désirons quelque chose, l’Univers entier conspire en notre faveur.

Tiré du Manuel du guerrier de la lumière, un livre de Paolo Coelho

Au petit matin, on me gave de pirojkis (beignets frits de pomme de terre) avant de me laisser reprendre le cours de mon road trip, encore un peu ébranlée par cette rencontre déconcertante et inespérée, tombée tout droit du ciel.

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Autour du lac Issyk Kul comme partout dans le pays, les voitures sont souvent d’un autre âge !

Longue nuit à Tamchy :

Ce qu’il faut savoir quand tu arrives jusqu’ici, auprès du lac Issyk Kul, le pouce en l’air depuis l’Asie du Sud-Est, c’est que tu as depuis longtemps coupé les ponts avec tes bons vieux repères occidentaux. Finis les cafés en terrasse, les barbecues entre potes, les glaces à la vanille sur la plage et j’en passe. Soudain, tu mets les pieds dans une contrée au nom mystérieux, énigmatique, ténébreux même : le Kirghizistan. Tu t’attends à vaciller de surprise en surprise, à t’engluer les deux pattes dans une culture qui t’échappe, à te sentir plus paumé que jamais : sinon, pourquoi voyager ? Mais finalement, au bord de ce lac qui t’envoûte, tu te sens comme projeté sur une plage vendéenne en plein chassé-croisé estival. Ainsi téléporté, tu te prends un soufflet en pleine face, une torgnole à laquelle tu ne t’attendais pas, une beigne qui te sort de ton atonie : te voilà rentré chez toi, à peu de choses près.

Mêmes parasols chamarrés que l’on loue à l’heure contre une petite fortune, mêmes vendeurs ambulants de popcorn et de sodas trop sucrés, mêmes culs parfaits à faire mourir de jalousie celles qui ne quittent leurs paréos que pour s’enfoncer dans le psyché imprécis de l’eau, mêmes bourrelets, séduisants mais immanquablement réprimés, tous mal escamotés sous le joug, la fantaisie et l’ineptie d’une vogue qui s’est mondialisée jusqu’aux confins de l’Asie Centrale, même course à la mélanine et même défaite de ces dos torréfiés, épluchés à en agoniser, implorant qu’on leur accorde quelque providentiel ombrage, mêmes jet skis tapageurs rasant les eaux et frôlant les têtes de baigneurs effarés, mêmes biceps gonflés, torses musclés et même jouissance profonde d’exhiber ces silhouettes redessinées par l’effort, mêmes hidjabs et corps défendus, sauf qu’ici tout le monde s’en moque car avec un tant soit peu de discernement, on a intégré que les plus fanatiques ne sont pas nécessairement ceux que l’on pointe du doigt, même sentiment de solitude décuplé à la vue de ces bandes qui rient aux éclats autour d’un pack de bières, qui ira pour sa part s’évanouir à jamais dans les profondeurs de l’eau, même silence lorsqu’au crépuscule plus une âme n’embarrasse Issyk Kul.

En bout de course, les dernières baffles cessent de cracher leurs Bailando et autres hérésies, je me hisse alors dans une embarcation échouée sur la grève. Seule dans ce sanctuaire sans toit, je me laisse aller à rêvasser sous une voie lactée me jetant des clins d’œil complices. La nuque sur mon sac et la tête dans les étoiles, j’attends que demain, ensanglantant le faîte des montagnes et dévorant mon visage de ses premiers rayons, me tire cruellement du duvet.

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Cinq heures du matin, lever du jour sur le lac Issyk Kul, quelques courageux sont déjà dans l’eau

Je rentrerai ensuite en stop à Bichkek. Depuis Karakol, en seulement quatre cent bornes seule et en levant le pouce, j’aurai tout de même reçu six demandes en mariage et deux requêtes non moins séduisantes : un petit coup vite fait dans un parking isolé et une gâterie à l’avant d’un camion militaire. Les douces joies de ma vie d’auto-stoppeuse

En grande romantique, songeuse et idéaliste, ces propositions ne furent malgré tout pas assez attrayantes à mes yeux pour que je me laisse ainsi aller. Suffisamment toutefois pour me réjouir de passer les portes de la capitale, et de prendre enfin un peu de repos (à lire sur le sujet : mon point de vue sur le danger de l’auto-stop).

Trek autour du lac Issyk Kul, le retour de José :

Afin de donner quelques informations supplémentaires à celles et ceux qui souhaiteraient effectuer une randonnée près du lac Issyk Kul, j’ai demandé à José de nous raconter son trek de trois jours dans les montagnes. Il a gentiment accepté de nous fournir quelques détails pratiques tirés de son aventure, en espérant que cela puisse vous être utile !

  • Les préparatifs à Karakol : Renseignez-vous de préférence au Community Based Tourism, car on y parle un bon anglais et vous y trouverez toutes les informations nécessaires. Sachez que vous pouvez acheter votre nourriture en ville avant de partir, si vous ne comptez pas la payer deux fois plus chère une fois dans les montagnes (à vous de voir si vous voulez la porter tout au long du trajet). Il est aussi possible de trouver des cartes détaillées de la région, mais ces dernières sont chères (et pas forcément utiles, à moins que vous ne comptiez réellement sortir des sentiers battus). Autrement, l’application gratuite et hors ligne Maps Me vous sera amplement suffisante (à condition d’avoir suffisamment de batterie dans votre smartphone puisqu’en altitude vous ne trouverez plus d’électricité). Mieux vaut réserver votre matériel à l’avance si vous espérez le louer (car au dernier moment, vous n’aurez plus grand choix). Il est aussi envisageable d’acheter du matériel d’occasion comme une tente, un duvet ou des chaussures de marche. Enfin, à Karakol, il existe une large offre de tours organisés (promenades à cheval…).
  • Le tracé emprunté par José : Au départ de Karakol, José a pris le bus de ville n°101 et est ainsi arrivé à l’entrée du parc national. Là, un droit de passage est facturé aux voyageurs 250 Com (3,15€) auxquels s’ajoutent 150 Com pour ceux qui possèdent une tente (1,90€). Le début de l’itinéraire permet de traverser une jolie première vallée, irriguée de petits torrents où l’eau est potable. Après quatre heures de marche, on peut dormir dans un premier campement, il est également possible de marcher une heure ou deux de plus afin d’atteindre un second lieu destiné au bivouac (ce qui rendra la journée du lendemain un peu moins longue, car elle comporte certaines difficultés). Par la suite, après avoir dépassé un lac et un glacier, il reste encore 500m de dénivelé à arpenter avant de franchir le col. S’en suit une descente vers une autre vallée. Différents campements sont accessibles régulièrement, et ce tout au long du trajet. Une fois rendu à Altyn Arashan, vous trouverez des sources d’eau chaude payantes où vous pourrez vous baigner (400m plus loin, d’autres sont accessibles gratuitement). Une fois la randonnée terminée, le bus n°350 effectue le trajet retour vers Karakol pour ceux qui le souhaitent.
  • Autres infos pratiques : Il n’existe aucun balisage, mais il est toutefois difficile de vous perdre puisque les sentiers suivent les vallées. De plus il y a beaucoup de touristes : vous serez loin d’être seul ! Le vaste réseau de chemins interconnectés est très développé, divers itinéraires sont donc envisageables (des randonnées d’une journée jusqu’aux longs treks d’une dizaine de jours). Outre les campements, vous trouverez quelques yourtes où vous pourrez, contre quelques billets, passer une nuit. Enfin, qui dit randonnée en montagne dit voyager léger, ne vous encombrez pas avec tout plein d’objets inutiles.
  • Suivre les péripéties de José : Depuis quelques temps, mon fidèle complice s’est lancé dans l’aventure de la photographie, art qui le passionne depuis toujours. Il a récemment mis en ligne ses premières galeries, je vous invite donc de tout cœur à jeter un œil à son tout nouveau site Macadam Pixels.
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Randonnée autour du lac Ala Kul / Crédits @Macadam Pixels

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à retrouver l’intégralité de mes récits de voyage (dont celui sur le lac Song Kul situé tout près), mais également la philosophie de ma vie nomade et les différents textes relatant mon tour du monde.

Enfin, si vous avez vous-même quelques retours d’expérience ou des conseils à partager au sujet du lac Issyk Kul, dites-nous tout dans les commentaires ci-dessous !

9 thoughts on “Le lac Issyk Kul, joyau kirghize entre ciel et terre”

  1. Sa-vou-reux. Que dire d’autre ? Les jeux de mots malicieux, les détails saupoudrés d’humour (tous les détails — glorieux et…un peu moins), c’est là tout l’exquis de ta plume qui se déploie à la lecture.

    Quelle belle rencontre fais-tu sur le chemin ! Temirlan qui t’ouvre les portes de son quotidien ainsi que celui de sa famille… Voilà bien l’une des choses dont je me lasserai ja-mais en voyage : les rencontres bienveillantes impromptues.

    Et la petite citation qui va bien de l’un de mes livres de chevet, je kiffe ! Sans compter les photos… Astrid j’aime toujours autant te lire, c’est un tel ravissement.

    Je n’ai jamais (encore) été dans cette zone-là de la planète, et je suis ravie de pouvoir voyager à tes côtés en lecture. Merci Astrid 🙂

    1. Hé bien merci pour tout ces gentils mots, c’est sympa de prendre le temps de m’écrire, ça me va droit au cœur et ça m’encourage pour la suite de mon aventure !

      Au plaisir, et à bientôt pour la suite ! 🙂

  2. J’ai eu la chance de me balader dans ce canyon lors d’un séjour au Kirghizstan et c’est vrai que l’endroit est magique. C’est un réel plaisir de grimper sur ces étranges formations qui forment un vrai labyrinthe. Nous avions même eu la chance de croiser des chameaux en ces lieux.

  3. Des paysages absolument époustouflants qui me laissent rêveuse..
    En plus on ne voit pas souvent de reportages sur ce pays !
    Merci de nous faire partager ce beau voyage 🙂

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