La Route de la Soie : un voyage au bout du monde

route de la soie

Avec mon ami José, nous sommes partis emprunter la Route de la Soie en auto-stop : un long voyage de plusieurs mois, retraçant l’itinéraire mythique que traversaient à l’époque les caravanes marchandes. Retrouvez sur cette page toutes les étapes de notre aventure, ainsi que quelques conseils pour celles et ceux qui souhaiteraient découvrir ce même chemin !

Notre projet de voyage :

Avec José, nous souhaitions depuis des années suivre le tracé de cet itinéraire légendaire. Parce que ce parcours a contribué au développement des plus grandes civilisations du monde, par certains noms nous ont toujours laissés rêveurs – je pense à Samarcande, au désert du Taklamakan, celui de Gobi ou à la région du Pamir, parce qu’il nous tenait à cœur de sortir des sentiers battus, nous voici partis une année entière sur les routes d’Orient.

Nous nous autorisons bien sûr quelques écarts : certains sites situés en dehors de la Route de la Soie nous ont fait de l’œil (comme la mer d’Aral). De même, quelques zones sont malheureusement devenus difficiles d’accès pour tout voyageur occidental.

Notre projet couvrira donc les pays suivants : la Chine (et bien évidemment la fameuse ville de Xi’An), le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Kazakhstan (après un second passage par le Kirghizistan pour des raisons de visas), l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran et la Turquie. Nous verrons ensuite où le vent nous porte.

Enfin, il va de soi que cet itinéraire n’est que prévisionnel, et que nous n’écartons pas l’idée d’aller nous perdre ça et là en cours de route.

La Route de la Soie, c’est quoi ?

Historique :

Ancien réseau de pistes commerciales reliant l’Asie et l’Europe, la Route de la Soie rattachait principalement Xi’An (en Chine) à Antioche (à l’époque en Syrie, de nos jours en Turquie).

Les marchandises transitant par ce réseau étaient bien plus variées qu’on ne le pense (musc, porcelaine, jade, ivoire, laque, santal…, mais également idées, art bouddhique et religions), la soie constituait toutefois le bien le plus précieux – d’où le nom de cette voie légendaire.

Durant des siècles, et ce depuis plus de 4000 ans (-2000 av. J.C.), des commerçants ont ainsi acheminé leurs marchandises d’Est en Ouest, ce qui consistait évidemment en une grande aventure. Au XVème siècle, à cause de l’instabilité croissante des régions entourant la Turquie, mais également grâce au développement des techniques de transport, la Route de la Soie a peu à peu été délaissée au profit de nouveaux itinéraires, maritimes cette fois (à travers les Indes).

Quelques mots sur la soie :

Les Chinois ont longtemps été les seuls à détenir le secret de fabrication de la soie, ce qui facilita grandement leur affaire commerciale. Il s’agissait d’ailleurs à l’époque d’une monnaie d’échange à part entière, qui servait à payer fonctionnaires, pilleurs et dirigeants étrangers, et non d’une simple étoffe.

Petite anecdote : la Route de la Soie est la digne héritière de la route du jade, qui date quant à elle de plus de 7000 ans.

Anciens itinéraires :

La Route de la Soie ne consiste pas en un itinéraire unique, mais en un faisceau de pistes interconnectées. Le point de départ le plus fréquenté fut la ville de Xi’An, bien que d’autres parcours débutaient à Lanzhou et Xining.

Première difficulté du voyage et non des moindres : le désert du Taklamakan, réputé être l’un des plus arides au monde. Deux voies étaient alors possibles. Celle du Nord à travers Turpan, Ürümqi, Karachahr, Kuqa, Aksou et Kachgar ; ou celle du Sud avec Dunhuang, Miran, Cherchen, Niva, Khotan et Yarkand.

Il fallait ensuite traverser les montagnes d’Asie Centrale, par la Perse ou bien l’Inde. Encore quelques noms mythiques : le Pamir, l’Hindu-Kush et le Karakoram.

Un peu plus à l’Ouest, trois voies permettaient d’avancer un peu plus loin. La piste traversant la Sogdiane (au Nord), à travers les villes de Samarcande, Boukhara et Merv. Celle coupant la Bactriane (au centre) en passant par Balkh. Ou bien (au Sud) celle franchissant le Cachemire à Srinagar.

Enfin, la route rejoignait à l’Ouest l’ancien empire byzantin, et des villes comme Antioche ou Damas, avant de traverser la Méditerranée (Italie et reste de l’Europe).

itinéraire route de la Soie
Les différents itinéraires de la route de a Soie / Crédits @Wikipédia

Aujourd’hui, une nouvelle Route de la Soie est en projet : un chantier titanesque qui consiste à créer une autoroute commerciale reliant l’Europe, l’Asie Centrale et la Chine (à travers différentes voies également). Les enjeux sont déterminants pour l’avenir du commerce mondial, mais plusieurs freins sont à dépasser : le coût de la réalisation, le temps de transport important et les problèmes posés aux différents passages de frontières.

Villes, oasis et caravansérails :

Tout au long du parcours, de nombreux points de chute servaient à accueillir les commerçants, et à échanger les marchandises. Des villes plus ou moins importantes jalonnaient l’itinéraire. Des oasis plus modestes protégeaient les nomades des pillages. Il fallait alors se méfier des rôdeurs, des soldats et des espions. Enfin, des caravansérails fortifiés permettaient aux hommes comme aux bêtes de faire halte en cours de route.

Notre carnet de route :

Autres ressources sur la Route de la Soie :