Visite de Yangon : mes premières impressions birmanes

visiter yangon au maynmar, rangoun en birmanie

Certains noms évoquent l’ailleurs, le lointain, le bout du monde… Yangon au Myanmar, ou anciennement Rangoun en Birmanie, a toujours été une destination qu’il me tardait de découvrir. C’est enfin chose faite : accompagnée de mes compères José et Marc, deux baroudeurs confirmés et surtout joyeux lurons, nous venons de passer quelques jours dans l’ancienne capitale birmane, qui reste aujourd’hui encore la plus grande ville du pays.

Voici mes premières impressions sur le Myanmar, qui semble n’avoir que le meilleur à offrir au voyageur de passage, ainsi que quelques idées pour ceux qui souhaiteraient à leur tour visiter Yangon…

Une arrivée poussiéreuse à Yangon :

C’est depuis la Thaïlande que nous avons rejoint Yangon au Myanmar, après une jolie étape à Hpa-An dans le Sud du pays. Voyageant en auto-stop, sous une chaleur pesante, nous sommes arrivés en banlieue de Yangon de nuit, fatigués et collants de sueur. C’est aux abords d’une route nationale très fréquentée que nous avons suspendu nos hamacs, à la lisière d’une forêt peu accueillante. Au réveil, étant donné notre allure quelque peu négligée, et surtout notre envie de profiter pleinement de nos quelques jours à Yangon, nous avons décidé de nous offrir le luxe d’une auberge de jeunesse située en centre-ville, pour 8000 Kyats / 5€ par nuit seulement.

Frais et dispos, après une première journée de repos au Min Galar Par Hostel, nous avons promené nos souliers à travers la ville, avides de découvertes et de rencontres. Ce qui fut aisé, comme partout au Myanmar : à chaque coin de rue, enfants comme moins jeunes, et femmes comme hommes, nous ont adressé leurs plus beaux sourires, en signe de bienvenue. Entre deux merveilles architecturales – la ville détient d’ailleurs le record du plus grand nombre de bâtiments coloniaux dans toute l’Asie du Sud-Est – quelle joie de recevoir tant de bienveillance et de fraternité! De plus, le tanaka doré que les birmans s’appliquent sur le visage (pâte végétale produite à partir de bois, qui permet de se protéger des rayons du soleil, mais qui fait également office de maquillage) rendent leurs expressions rieuses encore plus radieuses.

Au point du jour, nous nous sommes retrouvés à la sortie de la ville avec quantité d’inconnus qui nous connaissaient – c’est ça « être étranger ».

Nicolas Bouvier, L'usage du monde

Entourés des plus beaux sourires du monde, c’est impressionnés et éblouis que nous avons commencé à déambuler dans Yangon, sous les câbles électriques crépitants et frappés d’un soleil de plomb.

rangoun birmanie portrait
Des vendeuses de fruits arborant le fameux tanaka / Crédits photo @Macadam Pixels

Que voir à Yangon en trois jours?

Deux temples, Shwe Dagon et Sule Pagoda :

Yangon compte de nombreuses pagodes, mais deux d’entre elles sortent du lot. Commençons par la plus célèbre : la Shwe Dagon Pagoda. Premier centre religieux du Myanmar, ce lieu de culte mythique fait partie des incontournables de la ville. Après avoir payé 8000 Kyats / 5€ pour le ticket d’entrée, il suffit de suivre la foule de pèlerins, de moines (et de touristes), venus se recueillir sur la colline Singuttara, au pied du stûpa central, recouvert d’or. Si cette pagode est légendaire, c’est parce qu’elle contient les reliques sacrées de quatre anciens Bouddhas. De plus, elle mesure une centaine de mètres, et est accompagnée de 71 autres pagodes et pagodons dispersés sur l’ensemble du site.

shwe dagon yangon myanmar
La Shwe Dagon Pagoda de Yangon / Crédits photo @Macadam Pixels

Un deuxième site mérite qu’on lui porte attention : la Sule Pagoda. Vieille de deux milles ans, elle possède une particularité qui lui est propre : la forme octogonale de sa base se transmet à sa coupole dorée. Située au centre-ville de Yangon depuis l’occupation anglaise, cette pagode sert désormais de référence kilométrique pour tout le Nord du pays! Sule signifiant celle que l’on contourne sans cesse, on peut affirmer sans trop se tromper que son nom est particulièrement bien trouvé : en effet, la pagode se trouve sur un rond-point extrêmement fréquenté par les voitures et il peut être difficile de s’y frayer un chemin. Comptez 3000 Kyats / 2€ pour pouvoir pénétrer à l’intérieur.

Conseils pour visiter les pagodes au Myanmar :

Si les pagodes birmanes constituent un formidable point d’intérêt touristique, elles restent avant tout des lieux de culte essentiels aux yeux des habitants, pratiquants pour la plupart. Respect et humilité sont donc les maîtres-mots. De plus, certaines règles sont à appliquer strictement dans l’enceinte des pagodes :

  • Se déchausser, et enlever également ses chaussettes ;
  • Ne pas porter de short (ou vous rendre à l’accueil et emprunter un pagne, caution de 3000 Kyats / 2€ à Shwe Dagon Pagoda, gratuit dans certaines autres pagodes) ;
  • Se couvrir les épaules (débardeurs interdits).

Enfin, il est préférable de visiter les pagodes en fin de journée, avant le coucher du soleil. Cela évite de marcher pieds nus sur un sol brûlant, et permet de faire de jolies photos grâce à la lumière dorée du crépuscule.

La place centrale :

La Sule Pagoda se trouve sur la place principale de Yangon, à quelques mètres seulement du parc Mahabandoola. Ce quartier central concentre toute l’effervescence de la ville. Si les bâtiments des quatre coins du parc sont remarquables (la pagode Sule bien sûr, mais la mairie et l’église presbytérienne valent également le coup d’œil), j’ai aimé m’attarder autour du magnifique obélisque symbolisant l’indépendance birmane de 1948, qui trône au cœur de la place. Tout autour de cet immense monolithe, des couples viennent passer un moment romantique, tandis que quelques gamins se délestent de leur trop-plein d’énergie.

Mais si le parc Mahabandoola vaut vraiment la peine d’y passer du temps, c’est surtout pour l’ambiance festive qui y règne en soirée. Dans la rue principale jouxtant l’espace vert, des dizaines de stands de nourriture attirent le chaland. Affamé ou non, gourmand ou raisonnable, le visiteur ne parviendra pas à traverser la rue sans s’arrêter quelques instants goûter un samoussa, une assiette de nouilles sautées ou une brochette avalée sur le pouce. Si j’ai adoré Yangon (j’ai d’ailleurs rallongé mon séjour sur place), c’est avant tout pour l’atmosphère vivante mais paisible qui y règne.

visiter yangon au myanmar
L’un des nombreux stands de street food

Les abords du fleuve Yangon :

Les villes bénéficiant d’un cours d’eau possèdent toujours d’un charme particulier. À Yangon, j’ai pris beaucoup de plaisir à me promener le long du fleuve du même nom, à la tombée du jour, sans d’autre but que celui de flâner dans la clémente douceur du soir. Entre deux bateaux imposants, c’est une véritable armée de pirogues qui relient à toute vitesse la rive opposée, moteurs poussés au maximum.

Comme souvent en Birmanie, la première impression que j’ai ressentie est celle d’un sentiment de désorganisation totale, suivie de la question cruciale : mais comment font ces gens pour savoir quel bus ou pirogue emprunter??? Pourtant, après quelques minutes passées à écarquiller les yeux sur les berges du fleuve Yangon, j’ai réalisé que tout était millimétré, telle une chorégraphie flottante…

Assise sur les marches donnant accès à l’eau, un petit souvenir des Ghats de Varanasi se rappelle à moi. À ma gauche, je réponds aux sympathiques salutations de quelques jeunes gens. À ma droite, je ris devant les grimaces d’un gamin haut comme trois pommes. Non, en fait pas de doute, l’Inde et sa ferveur sont bien loin : c’est dans une sérénité parfaite et un calme envoûtant que le soleil disparaît peu à peu.

Le train circulaire :

Ce que j’ai également apprécié à Yangon, c’est de loger en plein cœur de la ville : la plupart des lieux d’intérêt n’étaient donc situés qu’à quelques blocs. De plus, il existe un train circulaire qui fait, comme son nom l’indique, le tour de Yangon pour seulement 200 Kyats / 0,15€. Il faut compter entre trois et quatre heures pour effectuer le trajet complet.

Le charme de ce moyen de transport réside évidemment dans le fait qu’il permet de sortir des sentiers battus, et de se mélanger à la population tout en se déplaçant lentement (et en restant à l’ombre!) dans les faubourgs plus reculés de la ville. Une fois assis dans l’un des wagons, il suffit de se laisser porter au gré des à-coups causés par les virages. De nombreux vendeurs ambulants, en un défilé ininterrompu, se chargent de ravitailler en eau, fruits, cacahuètes et brochettes en tous genres les passagers fins gourmets.

Yangon au Myanmar, vendeuse dans le train circulaire
Commerce ambulant dans le train circulaire de Yangon

Lors de notre second voyage dans ce train, une jeune femme nous a abordés dans un français parfait. Comme peu de Birmans parlent anglais, nous avons été ravis de sympathiser avec notre voisine de banquette, qui semblait également se faire une joie de pratiquer son français. Au Myanmar, dans la rue comme dans les transports, ce sont surtout les sourires et les invitations à lier amitié qui nous auront marqués.

Les lacs Inya, Kandawgyi et Hlaw Ga :

À Yangon, trois lacs donnent aux visiteurs comme aux Birmans la possibilité de flâner à l’ombre, dans un petit coin de nature, à l’écart de la pollution. Nous avons pris le temps de nous promener le long des deux étendues d’eau les plus proches du centre-ville : les lacs Inya et Kandawgyi. Le troisième (Hlaw Ga), situé bien plus au Nord, sera en tête de liste si nous revenons un jour dans les environs.

Le lac le plus accessible est sans aucun doute le lac Kandawgyi, puisqu’il est possible d’y aller à pied depuis le cœur de la ville. C’est également le lac que j’ai préféré, car il offre une vue imprenable sur la Shwe Dagon Pagoda (dont une réplique se trouve à Naypyidaw : la pagode Uppasanti), mais également sur le Karaweik, double réplique en béton d’une barge royale – qui abrite aujourd’hui un restaurant. Conçu à l’époque britannique pour alimenter la ville en eau (qu’il puise dans le lac Inya), ce lac possède une circonférence de 8km et offre une longue promenade sur une passerelle en bois, au-dessus des fleurs de lotus roses et blanches. Si l’état de la passerelle est extrêmement détérioré par endroits, la balade restera pour ma part l’un de mes meilleurs souvenirs à Yangon (même si j’entends déjà José et Marc me rappeler mes propres mots : non mais les gars, sérieux, elle fait trop flipper cette passerelle, on bouge???).

Le plus grand lac de Yangon (Inya) est situé à 10km du centre, tout près de l’université. Juste à côté se trouve la résidence d’Aung San Suu Kyi, celle de l’ancien président Ne Win et également celle de l’ambassadeur des États-Unis : nous voilà rendus dans les beaux quartiers. Ce lac, également artificiel, ne possède pas le charme de son petit frère Kandawgyi, mais la visite est tout de même agréable. Pour s’y rendre, le plus simple et le moins coûteux est d’emprunter le train circulaire jusqu’à la station Hledan. Ensuite, il ne reste qu’une petite dizaine de minutes de marche à effectuer. Et tant que j’y pense, dans les environs, n’hésitez pas à vous rendre au Chaukhtatgyi Paya, où vous pourrez admirer un immense Bouddha couché, long de 65m.

yangon myanmar lac kandawgyi
Le fameux Karaweik, qui domine le lac Kandawgyi

Le marché Bogyoke :

Nous avons eu l’occasion de découvrir plusieurs marchés à Yangon, mais celui situé au croisement de Bogyoke Road et de la 28ème rue est sans aucun doute le plus vivant. Tissus, peintures, sacs Shan, or, rubis de Mogok, jade, nous avons découvert un artisanat de qualité, qui nous a fait rêver. Les prix sont abordables compte tenu du fait qu’il s’agit d’objets précieux, bien qu’il faille se méfier des contrefaçons (mais la réputation du marché est plutôt bonne).

Attention, le marché de Bogyoke ouvre ses portes à 9h et ferme vers 17h, et ce du mardi au dimanche : ne faites pas comme nous, arrivez plutôt en début de journée!

yangon myanmar grand marché
À Bogyoke, la vie est dure aux abords du marché central…

China Town :

À deux pas du marché se trouve le quartier de China Town, nous étions ravis d’avoir eu l’occasion d’y faire un tour. Sur le nouveau quartier situé sur Mahabandoola Road, nous avons trouvé des boutiques vendant un peu de tout. La rue la plus intéressante reste toutefois la 19ème (le vieux China Town) : le soir des dizaines de petites échoppes nous ont fait saliver devant des vitrines de brochettes colorées et gourmandes.

Dans cette fourmilière grouillante d’hommes, qui laisse échapper mille saveurs, il est difficile de faire son choix. Poulpe, crevette, crabe, poulet, porc, légumes et boulettes surprises : il y en a pour tous les goûts, et pour tous les prix! Ma préférence? La brochette de croupions de poulet, bien que j’hésite avec les petits bâtonnets de langue de porc.

visite de yangon au Myanmar, quartier de China Town
Le seul vrai problème : quelle brochette choisir?

Les bouquinistes :

Autre point d’intérêt que j’ai relevé à Yangon, la rue des bouquinistes (37ème). Si votre temps est compté, la visite ne fait pas partie des incontournables, bien que la promenade fut pour ma part agréable. Entre deux hommes en pagnes mâchant puis crachant leur Kun Ja (chique de noix de bétel), le dépaysement fut assuré et cette visite ne nous aura pas coûté un sou.

Cette habitude de chiquer est d’ailleurs présente aux quatre coins du Myanmar, une vraie bombe à retardement buccal qui donne souvent au sourire birman une drôle d’allure. Sur le sol de chaque rue, on aperçoit des dizaines de tâches ocres, entre deux mégots de cheroot (cigare local). Le décor est posé!

visiter rangoun en birmanie
Sur l’une des étales des bouquinistes, un thé fumant attend le lecteur…

Le musée national de Yangon :

Je n’ai pas pu me rendre dans l’enceinte du musée, car j’avais un peu de retard à rattraper sur mon blog. Marc (notre nouveau compagnon de voyage suisse) a quant à lui pris le temps d’effectuer la visite, et en est revenu ravi. Il a eu la gentillesse de nous transmettre quelques informations pratiques. L’entrée est facturée 5000 Kyats / 3€, et l’accès se fait facilement grâce au train circulaire, en descendant à l’arrêt situé Pyay Road. Il faut ensuite marcher cinq minutes vers le Nord, dans cette même rue.

Comptez 1h30 à 2h de visite, et sachez qu’il est possible de bénéficier d’une visite guidée gratuite en anglais. Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du bâtiment. Enfin, Marc insiste pour vous recommander vivement ce musée (et c’est un expert dans le domaine!), il a notamment eu un gros coup de cœur pour la salle du trône du lion. Merci à lui pour son retour d’expérience!

voyage à yangon au myanmar en auto-stop
Les photos étant interdites au sein du musée, j’en profite pour adresser un petit clin d’œil à mes deux acolytes!

Dormir pas cher à Yangon au Myanmar :

En faisant quelques recherches préalables sur où dormir à Yangon, j’avais lu plusieurs articles évoquant des prix exorbitants, pour un service médiocre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons passé une première nuit dehors, à la lueur de la lune, ou plutôt des phares et des néons de la route nationale provenant du grand Sud. Peu motivés à l’idée de bivouaquer dans ces conditions durant plusieurs jours, nous avons poussé nos recherches un peu plus loin et sommes tombés sur la perle rare : le Min Galar Par Hostel.

En apparence rien de spécial, quelques sleeping box superposées, mais l’auberge de jeunesse est neuve (deux mois d’ancienneté seulement) et d’une propreté impeccable. Le wifi fonctionne, la climatisation également, le petit-déjeuner copieux est compris et le personnel est très sympathique et accueillant. Pour 8000 Kyats / 5€ par nuit, il n’y a strictement rien à redire et si vous souhaitez dormir par cher à Yangon, je vous recommande fortement de réserver votre lit dans cet hostel, qui en plus est très bien situé.

C’est sur cette première impression birmane plus que positive que notre séjour à Yangon s’achève : il est temps pour nous de tenter de rejoindre la côte Ouest, où nous pourrons paraît-il trouver les plus belles plages de Birmanie, et nous prélasser au soleil nous enrichir mutuellement quelques temps.

Une dernière fois, nous assistons à une scène de rue habituelle à Yangon : de jeunes hommes jouent au tennis-ballon et sont de vrais pros. Impressionnés, nous vibrons au rythme du spectacle et n’en perdons pas une miette. Entre gymnastique acrobatique et volleyball, la partie est un véritable show! C’est sur cette belle image de Yangon que nous tournons les talons, tristes de quitter cette ville qui aura su nous transporter, mais heureux d’aller voir un peu plus loin ce qui s’y passe… L’avenir nous dira si la suite de notre aventure au Myanmar est à la hauteur de ce début émouvant et qui aura largement dépassé nos espérances!

visiter yangon au myanmar
Tennis-ballon dans une rue de Yangon / Crédits photo @Macadam Pixels

Enfin, pour aller plus loin, n’hésitez pas à lire les articles suivants :

Enfin, si vous connaissez Yangon au Myanmar et que vous détenez quelques bons plans, je vous invite à les partager avec nous dans les commentaires ci-dessous!

8 thoughts on “Visite de Yangon : mes premières impressions birmanes”

  1. Après lecture, juste envie de prendre ce train circulaire et découvrir cette ville que tu donnes envie de connaître. Bises Astrid, José et Marc.

  2. quel magnifique « reportage » au ton si chaleureux
    une vraie pro …
    ce pays qui me semble si attachant me laisse rêveur
    je suis certain que tu y retourneras
    grosses bises et bonne route
    PSmerci à Marc pour sa participation…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge