Panier

José et moi poursuivons notre road trip en Roumanie en van aménagé, toujours accompagnés de Gina, notre Couchsurfer grecque qui voyage avec nous depuis la Bulgarie. Cette dernière, heureuse de découvrir les joies de la vie dans un van, souhaite en prendre plein les yeux avant de retourner en Grèce. Ainsi, elle nous a concocté un itinéraire très précis que nous nous efforçons de suivre à la lettre : pour une fois, nous serons donc organisés, ce qui finalement ne sera pas si désagréable que ça…

C’est à Constanța que nous effectuons notre première étape roumaine. Garés face à la mer Noire, dans une rue peu passante, nous avons trouvé le parking parfait. Nous visitons le centre-ville avec appétit : le charme est au rendez-vous et nous sommes immédiatement plongés dans une atmosphère qui nous enchante. Dans l’après-midi, Gina part se promener, et rencontre Karine, une jeune arménienne qui vient tout juste d’emménager ici. José et moi faisons sa connaissance quelques heures plus tard autour d’un verre, puis Karine nous invite à passer la soirée chez elle. Le courant passe bien et de fil en aiguille – et après une douche plus qu’agréable – nous nous endormons sur le moelleux tapis du salon. Une nuit propres et au chaud : cela faisait bien longtemps !

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Place Ovidiu, dans la vieille ville de Constanța

Le lendemain, nous décidons de nous rendre dans la région des Carpates, car Gina rêve de rencontrer Dracula. Après un bref passage à Brașov, nous entrons dans la célèbre ville de Bran, qui abrite le château du fameux vampire. Vous vous en doutez, à part les jolies formes qu’offre la bâtisse, le visiteur reste un peu sur sa faim dans ce village qui fait pourtant tant parler de lui. Toutefois, et indéniablement, la région de Transylvanie vaut largement le détour, tant pour l’architecture des maisons qui ne ressemble à aucune autre au monde, que pour les paysages montagneux que déploie la route au compte-gouttes.

Entre les Monts Bucegi et les Monts Baiu, la petite ville de Sinaia sera, quelques dizaines de kilomètres plus loin, notre grand coup de cœur roumain. Surnommée la perle des Carpates, elle dissimule habilement deux châteaux, Peleș et Pelișor. Un peu plus bas, le monastère de Sinaia ajoute une dernière touche de charme à la bourgade qui n’en manquait pas. C’est d’ailleurs de ce cloître que la ville tient son nom : l’hommage du prince Mihail Cantacuzino au Mont Sinaï égyptien.

L'un des plafonds du monastère de Sinaia

L’un des plafonds du monastère de Sinaia

Gina, José et moi emmagasinons autant de souvenirs dans nos mémoires que d’air pur dans nos poumons, avant de regagner notre petit Transporter T4, et de poursuivre avec joie notre road trip en Roumanie. En milieu de journée, nous décidons de faire une pause et garons le véhicule en bordure de route, en face d’une échoppe qui semble être accueillante. Mauvaise pioche, la patronne nous ordonne de décamper avec virulence, et n’y va pas par quatre chemins. Nos têtes ne lui reviennent pas, sans que nous n’en comprenions bien la raison. Elle contrarie ainsi grandement notre karma qui se trouvait jusqu’alors au beau fixe. Le van refuse obstinément de redémarrer. Nous sommes en panne, impossible d’aller plus loin. Cela m’ennuie beaucoup, mais d’une certaine façon je suis amusée par l’absurdité de la situation. Désolés m’dame, nos têtes risquent de ne pas bouger d’ici avant un long moment, va falloir vous y faire… Nous téléphonons à l’assurance qui est plutôt réactive, même si les démarches prennent un certain temps, du moins le temps de pique-niquer au soleil notre pain sec de la veille et la fin d’une boîte de tzatziki grec. Autant se détendre, non ? José a ensuite la présence d’esprit de tenter une énième et dernière fois de redémarrer le moteur et ça fonctionne ! Allez savoir pourquoi… Nous reprenons donc la route, en direction de Bucarest.

Gina doit nous quitter le lendemain matin. Nous décidons donc de profiter de nos dernières heures ensemble au maximum, et partons dès nos arrivée à la découverte de l’immense București, également appelée ville de la joie. Drôle de sensation que d’être plongés dans cet amalgame architectural, où d’un quartier à l’autre l’on passe d’une atmosphère communiste à une ambiance beaucoup plus contemporaine.

Bucarest road trip Roumanie

Promenade dans le centre-ville de Bucarest

Je n’évoquerai pas le détail des nombreux monuments qui font de Bucarest une capitale unique au monde, mais je ne peux m’empêcher de citer le Palais du Parlement, construit par Ceaușescu, qui abritait à l’époque, outre la résidence du dirigeant, toutes les institutions étatiques. Il est aujourd’hui encore l’un des plus grands édifices d’Europe, mais également la plus grande bâtisse en pierre du monde et le second bâtiment politique de la planète après le Pentagone. Cette maison du peuple aurait donc de quoi être fière d’elle, si la construction de ses 510 pièces n’avait pas nécessité le déplacement de 40000 personnes, ainsi que la destruction de 520 hectares de la ville, pour une modique somme qui s’élevait à l’époque à 40% du PIB roumain annuel, durant toute la période – de famine – de son édification. Aujourd’hui, sénat et députés roumains y siègent toujours.

Pour fêter le départ de Gina, nous sortons le grand jeu, enfin presque… Nous pique-niquons dans l’un des plus grands parcs de la capitale et trinquons à l’Ursus locale, en souvenir de ces belles semaines d’amitié que nous conserverons précieusement dans nos mémoires. Nous passons ensuite la nuit sur le parking le plus glauque qui soit, dans le quartier de la gare routière. C’est aussi cela, voyager en van aménagé : plus la ville est grande, plus les lieux agréables où dormir se font rares. Nous discutons jusque tard dans la nuit, et comptons les heures qu’il nous reste à partager, puis l’accompagnons au petit matin sur le quai de gare.

Road trip en Roumanie en van

Gina nous fait son show

Nous faisons nos adieux à Gina, et rencontrons Ana au même instant. Drôles de rencontres et de coïncidences que la vie nous réserve parfois. Jeune roumaine d’une vingtaine d’années, Ana ne tient pas la grande forme aujourd’hui. Elle vient de louper son train, et semble un peu perdue au milieu de ce brouhaha environnant. Nous discutons longuement avec elle, et sans entrer dans les détails, nous finissons par décider de la reconduire chez elle, à Constanța. Nous reprenons donc la route, tout en écoutant de la musique roumaine des 70s, un triple album qu’elle vient de nous offrir, qui nous change de nos playlists habituelles. Son père possède un restaurant et nous offre le repas, le personnel est aux petits soins. Nous restons avec eux jusqu’en fin de journée puis retrouvons Karine, la jeune arménienne rencontrée le jour de notre arrivée en Roumanie. Douche, repas sur le pouce, puis nous filons sur la plage où nous resterons une partie de la nuit.

La grande logique de notre itinéraire en Roumanie nous mène ensuite à Fântânele, Babadag, puis Tulcea, la porte du delta du Danube. Nous souhaitons visiter les environs et nous immerger un peu dans le monde sauvage, mais une fois encore les rencontres fortuites en décident autrement. Autour du van, après quelques verres, de jeunes fêtards toquent à notre porte, et nous invitent à nous joindre à eux. Les convives inattendus sont de plus en plus nombreux, et la nuit presque blanche. De quoi nous rendre un peu patraques le lendemain, mais la fête en valait la peine.

Retour sur la route, les paysages changent au fur et à mesure que nous montons vers le Nord, les Balkans sont désormais loin derrière nous. Les maisons se transforment également : ici, de nombreux logements revêtent un toit de chaume. On se croirait presque dans une réplique de nos anciens villages gaulois. Nous avons l’impression de remonter le temps : en France, il devient rare de croiser ce type d’habitations – sauf quand on mange dans certains grills pittoresques de bordures d’autoroutes. Nous longeons les eaux du Danube jusqu’à Galati, où nous sommes contraints de prendre un bac afin de traverser le fleuve.

Itinéraire Roumanie Danube

Coucher de soleil sur le Danube

Nous voici arrivés au poste de frontière moldave de Giurgiulesti. De là, nous commencerons notre voyage en Moldavie, Transnistrie et Ukraine […].

Retour en Roumanie, nous entrons par le poste de Siret situé plein Nord, marquant la frontière avec l’Ukraine. Nous apprécions plus que jamais le confort des routes roumaines qui sont pour la plupart dans un excellent état, contrairement aux chaussées ukrainiennes qui nous auront laissé un souvenir chaotique. Nous faisons halte à Sucevița pour la nuit, heureux de pouvoir visiter au petit matin la splendide église en bois qui rappelle sans équivoque celles de Maramureș, sans faire pour autant partie des huit élues, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Câlnic et sa célèbre – et magnifique – église seront notre prochaine étape. Ressemblant à s’y méprendre à nos châteaux-forts médiévaux, cette bâtisse religieuse jouait effectivement un important rôle défensif au XVème siècle. Sa double enceinte, son bastion, sa tour d’entrée et son haut donjon donnent le ton : nous sommes en plein village saxon fortifié, l’un des nombreux joyaux de Transylvanie.

Un autostoppeur par-ci, un autostoppeur par-là, et nous atteignons Cluj-Napoca, troisième plus grande ville de Roumanie. Son riche patrimoine architectural et son soleil ardent pour le moins inattendu nous séduisent sur le champ. Si l’envie irrésistible d’une bonne douche ne s’était pas fait pressante, nous serions bien restés plus longtemps.

Cathédrale de Cluj (itinéraire road trip Roumanie)

La belle cathédrale de Cluj

La chaleur des journées précédentes en a décidé ainsi : nous partons en quête d’une rivière nous permettant de nous rafraîchir un peu. Nous trouvons notre bonheur après avoir parcouru quelques kilomètres. Les montagnes, et en l’occurrence ici les Carpates, offrent bien souvent des sources d’eau claire ruisselant en direction des vallées. Notre salle de bain du jour sera entourée de sous-bois et parsemée de gros galets ronds ; si l’eau n’avait pas été si froide cette salle d’eau aurait pris place dans mon top dix des meilleures douches depuis que je voyage en van, mais pour tout dire nous avons eu froid comme jamais, les joies d’un road trip en Roumanie…

Toujours en Transylvanie, Sibiu finit par nous faire succomber, c’est probablement la ville la plus charmante que nous ayons traversée dernièrement. Sa silhouette se découpe devant celle des montagnes en arrière-plan, ses maisons d’une rare élégance apportent aux ruelles couleurs et gaité, ses églises d’une rare perfection épousent la bourgade comme si le tout n’avait été dessiné que d’un trait. Ajoutez à cela la dégustation d’une glace parfum tiramisu : que nous faudrait-il de plus pour être heureux ?

Sibiu, road trip en roumanie

La vieille ville de Sibiu

Dernière étape de notre road trip en Roumanie : nous faisons une courte halte à Pitești avant de rejoindre Bucarest. Il pleut à torrent, et même si nous aurions préféré que nos dernières heures roumaines soient ensoleillées, après tous ces kilomètres, le van aura lui-aussi bien mérité sa douche…

Road trip en Roumanie, plus d’infos :

Si vous souhaitez également effectuer prochainement un road trip en Roumanie, voici quelques informations et conseils supplémentaires qui vous aideront sûrement à préparer votre voyage :

  • Budget : Les prix sont assez bas en Roumanie, ce qui permet de se faire plaisir sans pour autant vider son porte-monnaie. Bien sûr, tout dépend du type de voyage que vous souhaitez vivre, mais si vous avez un petit budget, vous trouverez facilement votre bonheur dans ce pays (on peut manger en ville pour quelques euros, et dormir en auberge de jeunesse pour trois fois rien).
  • Sécurité : Si le pays n’a pas toujours une excellente réputation, nous n’avons eu sur place aucun incident, et avons ressenti beaucoup de bienveillance de la part des habitants que nous avons rencontrés. Comme partout, il faut toutefois appliquer les règles du bon sens pour éviter tout problème (ne pas laisser d’objets de valeur visibles dans le véhicule…).
  • Sur la route : J’ai pris le temps de regrouper dans un dossier complet toutes mes astuces pour préparer un road trip en toute sérénité, je vous laisse le découvrir pour plus d’infos.
  • Voyage organisé : Si vous préférez vous adresser à un professionnel du tourisme pour organiser votre aventure, il existe différentes compagnies qui pourront vous aider à préparer votre voyage en Roumanie, n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un organisme spécialisé.
  • Autres astuces : Enfin, vous trouverez sur une page dédiée l’ensemble de mes conseils aux voyageurs, qui répondront probablement à toutes vos questions !

J’espère que ce petit résumé de mon road trip en Roumanie vous aura donné envie de vous y rendre un jour ! Par ailleurs, si c’est un pays que vous connaissez déjà, n’hésitez pas à partager avec moi vos bons plans et bonnes adresses dans les commentaires ci-dessous, sachez que je suis toujours heureuse de vous lire !

Et pour aller plus loin, je vous invite à retrouver l’intégralité de mes récits de voyage, tous les articles concernant mon tour du monde, ou encore le meilleur de mon blog voyage

Cet article est sponsorisé. Je suis restée libre de mes choix d’opinion.

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