La micro-aventure : un concentré d’émotions à deux pas de chez soi

micro-aventure

Il y a quelques années, après avoir, entre autres, effectué un tour du monde à vélo ainsi qu’une expédition au Pôle Nord, Alastair Humphreys décide de se sédentariser à nouveau. Tout juste rentré chez lui en Grande-Bretagne, il réalise que son envie de vivre l’aventure est toujours aussi forte, et crée ainsi un concept novateur : la micro-aventure. Également appelée soft adventure, cette nouvelle forme d’« aventure douce» se démocratise, pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui souhaitent s’évader de leur quotidien, l’espace de quelques heures. Voici ce qu’est la micro-aventure, ainsi que des conseils pour débuter l’expérience…

La micro-aventure, c’est quoi ?

Pas besoin d’aller au bout du monde pour vivre une grande aventure : c’est l’idée principale qu’il faut retenir au sujet de la micro-aventure. Il suffit en effet de prendre son sac et de quitter sa maison, puis de se laisser porter par les surprises que l’on trouve lorsque l’on voyage hors sentiers battus. Citadins en mal de grand air, aventuriers en herbe à la recherche d’imprévu, baroudeurs experts fraîchement rentrés de voyage, ou encore employés stressés en quête de sens ou d’exutoire, chacun aura ses propres raisons de se lancer.

Il faut, – se dit-il, – que ma pensée soit une grande vagabonde pour aller chercher si loin ce qui est si près de moi. Le plaisir et le bonheur sont dans la première auberge venue, dans l’auberge du hasard, si féconde en voluptés. Un grand feu, des faïences voyantes, un souper passable, un vin rude, et un lit très large avec des draps un peu âpres, mais frais ; quoi de mieux ?

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris

Une fois le pas de la porte laissé derrière nous, notre propre ville devient alors un inépuisable terrain de jeu, dès lors que l’on tente d’en explorer différemment les ruelles et artères. J’ai commencé à me mettre à la micro-aventure en faisant notamment de l’URBEX (exploration urbaine, ce qui m’a souvent poussée à découvrir les faubourgs des grandes agglomérations de façon peu touristique). Quelle que soit votre motivation, sortir de votre zone de confort vous fera sans aucun doute découvrir de nouvelles sensations, et vous en apprendrez ainsi beaucoup sur vous-même. Enfin, la micro-aventure nous permet de réaliser que nous sommes tous capables de nous dépasser : une belle façon d’utiliser notre temps libre !

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Partir chasser les graffitis : une idée de micro-aventure à réaliser en ville !

Mais concrètement, on fait quoi ?

Il existe mille façons de vivre sa micro-aventure, que chacun adaptera en fonction de ses envies et de ses capacités. En effet, contrairement à beaucoup de sports et de loisirs où l’élitisme est de mise, cette pratique est accessible à tous, sans entraînement ni équipement particuliers. Bivouac, randonnée, kayak, paddle, vélo, nage en milieu naturel, construction de cabane ou dîner sur feu de bois : tout est permis, même de camper en famille dans son propre jardin ! Seul ou à plusieurs, et peu importe l’âge, vous trouverez forcément une forme d’aventure qui vous correspondra, et qui vous permettra de vous sentir plus proche de la nature, ou de faire le point sur votre vie, si vous en ressentez le besoin.

Sans comporter trop de risques (puisqu’il ne s’agit en rien de pratiquer un sport extrême), vous vivrez ainsi une aventure unique vous faisant échapper à cette vieille routine métro boulot dodo, ainsi qu’au stress généré par une vie qui s’accélère constamment. Le temps d’une soirée, ou d’un week-end, prendre l’air tout en cultivant son esprit de curiosité ne peut être que bénéfique, surtout si l’on tente d’adopter un mode de vie plus sain. Amusante et stimulante, la micro-aventure offre de nombreux autres avantages. Outre son coût très modéré, elle nous pousse bien souvent dans nos retranchements, faisant ainsi tomber la barrière de la timidité : l’ouverture aux nouvelles rencontres est ainsi favorisée, ne serait-ce que pour questionner les habitants au sujet d’une direction à prendre ou d’un point d’eau à trouver.

De plus, sans emprunter de moyen de transport polluant, le voyage devient plus durable et plus responsable. En partant à pied de chez moi vers Saint Jacques de Compostelle, je me suis aperçue que je découvrais ma région sous un nouveau jour, en m’essayant prudemment à la cueillette sauvage : une fois partis, nous apprenons vite à reconnaître la faune et la flore, ce qui nous pousse par ailleurs davantage à protéger notre environnement, qui regorge toujours de jolies surprises. Quant au bivouac, camper seul en pleine nature est vraiment une expérience que je souhaite à tous de vivre une fois dans votre vie : un moment d’une intensité rare…

micro-aventure bivouac en pleine nature
Se retrouver seul au milieu de nulle part : et si c’était ça, le bonheur ?

Préparer sa micro-aventure :

Pour vivre une micro-aventure, pas besoin de poser de congés, ni de préparer quoi que ce soit (ou presque). Et même si vos connaissances techniques sont minces, ne vous inquiétez pas, vous apprendrez ce dont vous aurez besoin sur le tas, et au fil du temps.

Puisque l’on peut expérimenter la pratique un peu partout, en ville ou en nature, mieux vaut commencer par quelque chose de simple et de réalisable, afin de briser la routine en douceur. De plus, c’est ainsi que vous voyagerez en toute sécurité.

Sur un laps de temps assez court et à deux pas de chez vous, enfourchez votre vélo et partez dans une direction inconnue. Sautez dans un train sans en connaître la destination. Ou quittez votre domicile à pied, sans aucun plan en tête : vous verrez bien ce qui se passera ! Avec le temps, et au fil des expériences, vous vous habituerez et votre zone de confort s’élargira. Vous pourrez ainsi développer de nouvelles idées de micro-aventures, au risque de devenir accro.

micro-aventure conseils
L’auto-stop : un moyen de vivre une grande aventure en partant de chez soi

Rappelez-vous : il ne s’agit en aucun cas de réaliser un exploit sportif, comme sauter en parachute ou partir explorer des terrains dangereux… Ne cherchez pas l’exceptionnel, la pratique n’a rien à voir avec le survivalisme.

Au contraire, l’idée est de redécouvrir ce qui nous entoure d’une façon différente et enrichissante : s’immerger en pleine nature, en toute liberté et simplicité. Soyez des aventuriers du dimanche, mais des aventuriers quand même !

D’autres ressources pour vivre une micro-aventure :

Si vous souhaitez sauter le pas, et expérimenter à votre tour la micro-aventure, voici quelques ressources à lire ou à visionner, qui devraient vous intéresser :

La tendance de la micro-aventure prend de l’ampleur, et n’est pas prête de disparaître. Cette forme de voyage remettant au goût du jour les zones rurales se vulgarise de plus en plus : un joli pied-de-nez à cette société de surconsommation, où l’on nous pousse à accumuler des biens et non des souvenirs. La nature, véritable école de la vie, procurera à celles et ceux venus y vivre leur micro-aventure un condensé d’émotions fortes, en toute simplicité…

Enfin, pour aller plus loin, n’hésitez pas à retrouver mes autres conseils aux voyageurs, ainsi que tous mes récits de voyage, notamment un article sur le slow travel qui devrait compléter celui-ci. Et vous, la micro-aventure, ça vous tenterait ? Si vous avez déjà expérimenté la pratique, n’hésitez pas à partager votre ressenti avec nous dans les commentaires ci-dessous !


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6 thoughts on “La micro-aventure : un concentré d’émotions à deux pas de chez soi”

  1. Ha ha mais bien sure!! Je suis adepte de la micro-aventure…! je ne savais pas que ça s’appelait comme cela et qu’il y avait tout un concept!! Excellent ! C’est surtout en vacances et parfois les wk , Y compris avec les enfants! Mais ton article me dit que je devrai le faire plus souvent encore… donc je vais l’avoir en tête pour les wk !! et oui, je suis d’accord pour l’intensité rare du bivouac sauvage !

  2. Très bonne suggestion !
    Mais malheureusement, ce n’est plus de mon âge …
    Néanmoins cela me rappelle mon équipée Orléans-Ecosse en mobylette durant l’été 1952
    Très bons souvenirs plein d’imprévus pour un jeune inconscient
    Comme on dit maintenant : « j’ai pris mon pied »

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