Voyage(s). Amour(s).

Parce que c’était le lieu.
Parce que nous étions là, c’était beau, et si lointain.
Parce que c’était cet océan que nous contemplions, ou ces dunes de sable orangé.
Parce que c’était cette pluie d’étoiles filantes, qui nous tombait dessus, comme le présage du grand feu d’artifice que nous réservait la nuit.
Parce que c’était le toit de cette voiture, perdue au milieu de nulle part qui s’y prêtait, et nous appelait à grimper un peu plus haut, lentement, vers le ciel.
Parce que cette échelle bancale nous semblait si dangereuse.
Parce que nous n’étions pas seuls cette nuit-là.

Parce que c’était le moment.
Parce qu’on s’était regardés, compris, en un battement de cils.
Parce que cette panne d’électricité était le signal que nous attendions tous deux.
Parce qu’on ne parlait pas la même langue, ou qu’on avait épuisé tous nos sujets de conversation.
Parce que dehors, la houle incessante de ces vagues nous envoûtait, nous rappelant sans cesse le va-et-vient frénétique de la marée montante.
Parce que l’attente avait été trop longue, ou que la voie était enfin libre.
Parce que le temps passait et nous échappait, sans nous laisser d’autre choix que celui de jouir de l’instant présent.
Parce que sous cette pluie battante, il faisait si froid ce soir-là.
Parce que tu m’as dit, hésitant et avec cet irrésistible accent, les mots qu’il fallait.
Parce que je partirai demain.
Parce que je ne reviendrai pas.

Parce qu’ensemble nos visages rayonnaient.
Parce que c’était arrivé l’air de rien, de la façon la plus nonchalante possible.
Parce que nous étions l’un l’autre confus.
Parce que tu faisais mine de ne pas vouloir.
Parce que nos âmes s’étaient trouvées.
Parce qu’on en voulait encore.

Parce que c’était plonger dans l’inconnu.
Parce que la route nous rendait vivants, et réveillait notre caractère animal.
Parce tu n’avais jamais tenté cela avec d’autres.
Parce que je n’avais jamais essayé comme ça auparavant.
Parce que la recherche de piquant était devenue une drogue, et brûlait nos âmes autant que nos corps.
Parce que rien n’était plus beau que de mélanger nos couleurs.
Parce que rien n’était pire que de penser aux regrets qu’on aurait pu avoir.
Parce qu’on savait que personne ne l’apprendrait.
Parce que rien ne servait de parcourir le monde, si ce n’était pour aimer.

Parce qu’avec toi, c’était mieux que le chocolat, mieux que du Yann Tiersen, mieux qu’un bon best seller, mieux qu’un tour en Vespa, mieux qu’un premier baiser, mieux qu’un ticket gagnant, mieux qu’un bain de mousse, mieux qu’un bonhomme de neige, mieux qu’un feu de camp, et mieux qu’un cadeau d’anniversaire.

Et parce qu’avec toi, c’était mieux qu’une cuite au Champagne, mieux qu’un saut en parachute, mieux qu’une démission, mieux qu’un film de Tarantino, mieux qu’un feu d’artifice, mieux qu’un concert de Gospel, mieux que le week-end, mieux qu’une guérison, mieux que le café du matin, mieux qu’une virée à cheval, et mieux que d’avoir le temps.

Parce que c’était lui.
Parce que c’était elle.
Parce que c’était toi.

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