Je suis arrivée hier après-midi à Bangkok, en Thaïlande. J’ai fait une folie : un écart budgétaire. Je me suis offert le luxe d’une private room, dans une auberge de jeunesse de Khao San Road…

Un peu de repos :

dormir à l'aéroport

Là, je dormais profondément!

Bon, à cinq euros la nuit, le luxe est relatif, mais n’est ce pas cela, faire le tour du monde? Apprendre à relativiser? Mon luxe à moi, c’est de dormir dans un vrai lit, dans une vraie chambre, toute seule, l’espace de quelques heures.

Après quatre mois sur la route, j’ai déjà dormi dans toutes sortes de lieux : de la mini-chambre de la taille de la moitié d’un matelas au Japon, du sauna en Corée, en passant par les bancs de quelques aéroports et par les lits super-superposés d’auberges de jeunesses bon marché. C’est ce que j’aime, et même lorsque que je serai riche (si si vous verrez un jour!) je ne pense pas voyager autrement.

N’empêche qu’avec un tel rythme, difficile de trouver des moments vides, à ne rien faire pendant une demi-journée, seule. Alors en arrivant hier, dans cette chambre privée, certes petite et (très) sale, je me suis assise sur mon lit, et me suis dit à environ dix reprises :

Wahou! Comme c’est génial d’être ici, ça va être trop bien!!!

Je venais de passer une énième nuit dans un aéroport, celui de Shanghai. D’ailleurs j’y ai étonnement bien dormi, comme si j’avais été chez moi! Comme quoi la fatigue accumulée joue parfois en notre faveur.

Mon luxe :

Mon luxe donc, j’y reviens. En dormant mois après mois un peu partout, et un peu n’importe comment, c’est toute ma façon d’apprécier ces petits riens qui a changé.

Hier, dans ma chambre, ma chambre à moi, la première des choses que j’ai faite a été de mettre un gros bazar, dans tous les recoins. Dans environ six mètres carrés, c’est vite fait! Mais cette fois, pas besoin de ranger, puisque ça ne dérange personne, et c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai laissé traîner la quasi-totalité de mes affaires un peu partout.

chambre bangkok

Comme un peu de laisser-aller…

Ayant cruellement besoin de repos, je me suis allongée sur mon lit, enfin sur mon drap sur mon lit (on va éviter de se frotter aux tâches du matelas qui laissent peu de doutes quant à leur origine), j’ai bien fait de penser à le prendre, ce drap! J’ai allumé mon petit ordinateur, et j’ai ouvert un film. Un film français. Sans sous-titres. Et j’ai même pu le visionner d’un trait, et ce, sans écouteurs! Cela faisait quatre mois que ça ne m’était pas arrivé. Le repos total.

La chambre a beau être petite, j’ai ma propre salle de bain. Enfin propre… Petit nettoyage avec les moyens du bord avant toute première utilisation, puis je réalise que je peux m’asseoir sur les toilettes, ce qui marque aussi une profonde rupture avec mon nouveau quotidien (oui car si on fait le calcul, environ cinq toilettes publiques par jour fois le nombre de jours, ça en fait des microbes!). J’aurais presque envie de prendre une photo tellement je trouve ça cool (mais je vous épargne tout de même).

Je suis comme à la maison, sauf qu’ici il fait plus de 35°C, c’est déjà la saison des pluies et l’humidité de l’air rend tout le monde tout collant et moite. Alors dans ma petite chambre, je peux me promener en short, en soutien-gorge, et je pense à tous ceux du dortoir de la pièce d’à côté, qui coûte un euro de moins par nuit, en me disant qu’ils ne savent pas ce qu’ils loupent.

Et si c’était ça, le bonheur?

Faire le tour du monde me donne la possibilité de beaucoup réfléchir, à des choses très différentes les unes des autres, mais en particulier au contraste entre mon ancienne vie sédentaire et cette nouvelle expérience.

tour du monde

Autostop au Chili

J’apprends beaucoup au cours de cette aventure, et j’apprécie chaque jour un peu plus les petits bonheurs qui s’offrent à moi. C’est sans doute l’une des meilleurs choses que je peux désormais souhaiter à quelqu’un : savoir trouver le bonheur dans les choses les plus simples. Tout ça me fait penser qu’au moins, si vous m’invitez chez vous un jour, vous n’aurez pas trop de pression.

On me demande souvent si je ne suis pas blasée, à force de voyager. Cette question m’étonnera toujours! J’ai une chance inouïe, de pouvoir voir tous ces pays magnifiques, rencontrer toutes ces personnes formidables qui m’accueillent généreusement, et de pouvoir trouver le bonheur de plus en plus facilement, dans des choses qui me paraissaient tant futiles auparavant.

Ma chance, c’est de trouver luxueuse une chambre à l’allure minable, et à cinq euros la nuit. Ma chance, c’est de parvenir à trouver le bonheur où il est, en n’oubliant pas que tant d’autres dans le monde ne pourraient pas s’offrir un tel luxe.

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