Ces mamans du monde, qui m’ont accueillie comme leur fille…

Quelle chance incroyable que d’être hébergée quelques temps dans une maison familiale, choyée par la maman, protégée par les grands frères, ou amusée par les enfants.

Durant mes précédents voyages, et pendant mon tour du monde, j’ai souvent partagé des moments de vie, précieux, et incroyablement émouvants, avec des familles m’ayant généreusement ouvert leurs portes.

En voici quelques extraits, que j’ai souhaité me remémorer tout en vous les racontant…

Kadia, ma deuxième maman :

Impossible de commencer cet article sans évoquer Kadia, une maman extraordinaire. Cette femme au cœur d’or m’a accueillie deux mois chez elle, à Nouakchott, en Mauritanie.

Kadia, c’était le genre de maman qui m’appelait dix fois par jour, pour me demander où j’étais, ce que je faisais, et à quelle heure j’allais rentrer. Puis elle me rappelait trente minutes plus tard, pour savoir si j’allais toujours bien. Et ainsi de suite. Juste parce que m’héberger dans sa maison représentait pour elle une responsabilité qui lui tenait à cœur, et qu’en tant que maman, elle s’inquiétait énormément pour moi.

Kadia, c’était le genre de maman qui téléphonait de temps en temps à ma propre mère alors qu’elles ne s’étaient jamais rencontrées, pour la remercier de m’avoir confiée à elle. Je me souviens encore de chaque mot de leurs conversations.

Hé ma sœur ! Comment ça va ? Ça va bien ? Tu sais ta fille, c’est comme ma fille !

Kadia, c’était le genre de maman qui s’inquiétait au sujet de ma santé si je ne me levais pas assez tôt, qui me laissait toujours une part énorme de tieboudienne pour le petit déjeuner, et qui malgré mon appétit vigoureux, me répétait toujours que je ne mangeais rien et qu’il fallait que je me nourrisse plus.

Kadia, femme Mauritanie
Kadia et Mouna, Nouakchott, Mauritanie

Kadia, c’était le genre de maman qui pouvait aller chez le marabout pour moi, afin d’envoûter les sandales d’un voleur qui m’avait dérobée. Et en bonne maman, après cette malencontreuse histoire qui m’avait marquée, Kadia demandait à toute la famille de dormir à mes côtés, afin de me rassurer.

Kadia, c’était le genre de maman qui travaillait d’arrache-pied afin de subvenir aux besoins de sa famille, sans jamais perdre son beau sourire. Et malgré peu de moyens financiers, Kadia savait tout de l’hospitalité, et me logeait comme une princesse. Pour tout l’or du monde je n’aurais alors souhaité être ailleurs.

Kadia fut pour moi un exemple à plus d’un titre. Sans doute l’une des femmes les plus courageuses que j’ai connues, et dotée de milliers de qualités. Après deux mois passés dans le quartier Cinquième, dont je me souviens encore des moindres recoins, plier bagages et quitter les lieux furent une épreuve extrêmement difficile pour moi. Les jeunes de la maison avaient écrit Mami madiata sur la porte de ma chambre, Mami étant mon nom mauritanien, cela signifiait que j’allais revenir un jour.

Je revois encore Kadia, pleurant le jour de mon départ, puis moi passant de longues heures dans l’avion à sangloter, sous les regards interrogatifs et inquiets des autres passagers. S’il y a bien une maison où je souhaite retourner un jour, c’est sans aucun doute dans celle de Kadia, auprès des siens, qui feront toujours également partie des miens…

Diane, une maman très nature :

Diane m’a hébergée chez elle à trois reprises, dans sa yourte, perdue en haut d’une montagne, en Grèce. Elle m’a gâtée comme l’aurait fait ma propre maman. Je lui en suis énormément reconnaissante.

Diane, c’était le genre de maman qui me cuisinait un bon clafoutis du Limousin pour le goûter. Et de délicieuses soupes le soir qui me rappelaient les saveurs de mon enfance.

Diane, femme Grèce
Avec Diane

Diane, c’était le genre de maman qui m’emmenait à la plage et m’offrait un verre de vin blanc, tout en admirant le coucher du soleil. Et, inquiète que je puisse m’ennuyer, Diane invitait de jeunes albanais, des amis à elle ayant mon âge, afin que je passe une agréable soirée en leur compagnie.

Diane, c’était le genre de femme qui savait construire une yourte mongole de ses deux mains, installer un réseau électrique fait maison, à l’aide de panneaux solaires et d’un groupe électrogène, et pouvait m’en expliquer le fonctionnement comme si c’était étonnamment simple à mettre en place.

Diane, c’était aussi le genre de maman qui avait planté des dizaines oliviers dans sa propriété, aimait s’y promener en me racontant tout plein d’anecdotes à ce sujet, puis m’emmenait visiter l’usine où elle fabriquait sa propre huile d’olive biologique.

Diane, c’était le genre de maman qui, le jour de mon départ, me tendait un petit sac contenant un pique-nique pour mon long trajet du jour, s’assurant ainsi que je me nourrirais correctement. Là encore, ce sont les larmes aux yeux que nos adieux ont eu lieu sur le quai de la gare routière de Kalamata.

Diane, c’était une maman incroyablement généreuse, avec tant d’amour à donner. Une femme tellement surprenante, pleine de vie, qui gardera toujours, je n’en doute pas, son éternelle jeunesse… Sans doute la plus belle amitié en voyage que j’ai pu nouer !

Fumiko, une maman aux petits soins :

Ceux qui lisent régulièrement mon blog ont probablement déjà parcouru l’article sur ma semaine passée dans une famille japonaise, près de Nagoya. Je ne vais donc pas m’attarder plus que cela, mais je ne pouvais rédiger ces quelques lignes sans saluer à nouveau cette maman formidable, qui a plus qu’embelli mon séjour au Japon.

Arisa et sa mère, Japon
Arisa et Fumiko devant le château de Nagoya

Fumiko ne parlait que japonais. Pourtant, c’était le genre de maman avec qui je pouvais discuter des heures et des heures durant. Lorsqu’elle comprenait que je souhaitais prendre une douche, elle se mettait soudain à s’agiter en répétant sans cesse shower ! shower ! et courait dans toute la maison pour m’apporter serviette, gel douche et même un pyjama tout propre au cas où.

Fumiko, c’était le genre de maman qui gardait toujours un œil sur moi, me demandant gentiment plusieurs fois par jour : good ? ou coffee ?

Fumiko, c’était le genre de maman qui souhaitait tellement rendre mon séjour chez elle confortable, que je pouvais ressentir son inquiétude à ce sujet. Dès qu’elle s’apercevait par je ne sais quel sixième sens que j’avais besoin de quelque chose de particulier, elle mettait tout son cœur et toute son énergie pour que je me sente bien.

Fumiko, c’était une femme toujours souriante, très drôle, immensément généreuse, et tout simplement touchante. Une fois n’est pas coutume, c’est pleurant à chaudes larmes que je suis montée dans le bus, le cœur lourd, mais des souvenirs magiques plein la tête.

Hwa Young, la cool attitude :

Je loge actuellement chez Agnès, une semaine avec sa famille, à Bucheon, en banlieue de Séoul en Corée du Sud. C’est sa maman, Hwa Young, qui m’a largement inspirée pour écrire cet article.

Hwa Young, c’était le genre de femme qui m’a accueillie le premier jour chez elle en me prenant chaleureusement dans ses bras, en signe de bienvenue. Puis avec sa main, elle m’a saluée de son signe fétiche : un grand V avec son index et son majeur, qu’elle agitait vigoureusement, le sourire jusqu’au oreilles, comme pour dire tu es là, c’est génial !

Hwa Young, c’était le genre de maman qui pouvait passer au supermarché après une longue journée, pour acheter des french cakes qu’elle déposait tendrement sur mon bureau. Inquiète elle aussi que je meure littéralement de faim, elle me proposait à longueur de journée toutes sortes d’encas. J’ai dû reprendre au moins deux kilos chez elle !

Hwa young, femme Corée
Avec Hwa Young, frontière nord-coréenne

Hwa Young, c’était le genre de femme qui pouvait compter ses jours de repos de l’année sur les doigts d’une main.

Pourtant, elle décidait de me consacrer entièrement son premier jour férié depuis des mois, pour me promener un peu partout en voiture.

Hwa Young, c’était le genre de femme qui me laissait sur la table du salon le matin un pique-nique, avec mon prénom en coréen dessus pour que personne ne le mange, car elle ne voulait pas que je dépense de l’argent pour le repas du midi. Elle faisait traduire par Agnès son intention : économise ! ! ! économise pour le reste de ton voyage ! ! ! Et gare à moi si je ne rentrais pas manger à la maison le soir, car elle veillait rigoureusement sur mon budget.

Hwa Young, c’était le genre de femme qui me posait mille et mille questions sur mon voyage, et qui regardait mes photos d’un air passionné. Elle n’avait jamais ou presque quitté la Corée de toute sa vie. En voyant mes tongs dans l’entrée de l’appartement, c’est d’un air incrédule qu’elle vérifiait à plusieurs reprises si j’avais d’autres chaussures au cas où.

Hwa Young, c’était le genre de maman qui ne parlait aucune langue en commun avec moi, et pourtant avec qui j’ai eu les plus grands fous rires. D’improbables longs fous rires ! Toujours une blague en tête, un petit geste amusant ou un sourire réconfortant.

Hwa Young, c’était le genre de maman qui, lorsque je lui expliquait qu’elle allait me manquer, réfléchissait et me répondait en coréen :

Quand même ce serait trop bien si tu pouvais vivre avec nous !

La remerciant de m’avoir si bien accueillie chez elle, c’est elle qui me disait être reconnaissante d’avoir choisi sa maison. Hwa Young, c’était une maman qui s’est occupée de moi bien mieux que je n’aurais pu l’espérer, et qui m’a offert tant de merveilleux souvenirs en sa compagnie… Voici d’ailleurs une petite vidéo si vous souhaitez voir à quoi ressemblait mes deux semaines en Corée.

Ces mamans m’ont couverte d’affection, de générosité, de tendresse et de milliers de petites attentions. C’est d’ailleurs auprès d’elles que j’ai pu me ressourcer, au fil de mes voyages, comme des petites parenthèses de douceur.

Je sais qu’elles liront cet article, ou que leurs enfants pourront le leur traduire. Merci, merci à vous toutes pour ces merveilleux moments, si simples et pourtant si importants à mes yeux. Vous rencontrer fut une chance inestimable, un véritable cadeau de la vie. Adiarama Kadia, efcharisto stari Diane, arigato gozaimasu Fumiko, gamsahabnida Hwa Young.

J’embrasse aussi très fort ma maman…

22 thoughts on “Ces mamans du monde, qui m’ont accueillie comme leur fille…”

  1. Super article. Très très touchant…ressentir l’amour d’une mére en voyage, c’est tellement réconfortant.
    Merci à toutes ses méres de familles qui partage leur amour aux voyageurs le temps d’un instant.

  2. Holala il est super cet article ! J’adore !!!!! J’ai vécu en immersion dans des familles écossaises et irlandaises. Des gens adorables. C’est vraiment génial de pouvoir vivre ça. Je viens de découvrir ton blog ce jour et j’en suis déjà à mon troisième commentaire posté. Je comprends pourquoi il a déjà été nominé deux fois au Liebster Award 🙂

  3. Quel beau hommage rendu a ces mamans extraordinaires! C’est les larmes aux yeux que je viens de finir de lire ton article. Je te souhaite d’en rencontrer d’autres encore car cela me rassure de te savoir en securite au sein de ces familles adoptives.

    With much love,

    Marie-Christine

    1. Merci beaucoup pour ce gentil commentaire qui me fait très plaisir! Tout ça me fait penser qu’il faudrait que je passe vous voir un de ces jours en Angleterre tout de même! Gros bisous à toute la famille <3

  4. merci ma Rouma pour ce délicieux poème
    ces mamans sont pour moi des anges gardiens qui veillent sur ma petite fille et je les en
    remercie chaleureusement
    néanmoins, prends soin de toi …
    gros bisous de ton Papi

  5. Je t’aime ma fille chérie, adorée, dont je suis si fière.

    Ces mamans que tu as croisées et que je remercie de t’avoir si bien accueillie, sont extraordinaires.

    Et, ce qu’elles ont d’extraordinaire ces mamans… c’est tout simplement qu’elles ont donné la vie, qu’elles sont faites pour ça, donner de l’amour, comme toutes les mamans du monde.

  6. Je traduis cet article à ma mère et là, tout est mouillé. Elle me dit qu’elle ne savait vraiment pas que tu prendrais une si grande place dans son cœur en quelques jours qu’elle n’arriverais même pas à se concentrer dans son travail après ton départ. Elle me dit aussi qu’elle a mal au cœur comme si une de ses filles est partie. Elle te remercie beaucoup de lui faire avoir l’honneur d’être dans ton article et notamment de ton cœur si tendre. Pendant que tu étais là, elle était vraiment heureuse. Ton sourire et tes rires lui manquent déjà beaucoup.

    Tu as laissé un grand vide dans la famille……(quand je suis rentrée toute seule ce soir, le sentiment était tellement bizarre que ça a fait pleurer) On pense à toi fort !
    Surtout elle me demande de traduire « elle t’aime » Et je te dis « on t’aime »

    Bon Voyage Astrid, mon amie dont je suis très fière !

    1. Chère Agnès, merci pour cet adorable message… C’est le cœur lourd que j’ai quitté la Corée, vous avez pris une si grande place dans mon cœur. Merci pour tout, je n’oublierai jamais ces moments magiques! Prenez bien soin de vous. MOI AUSSI JE VOUS AIME!!! <3

  7. Génial! Tu m’as fait monter les larmes aux yeux, tellement c’était beau cet hommage.
    Je ne te connais pas encore (à part une soirée autour d’un verre!) mais je suis sure que tu ne peux qu’être bien accueillie . Bonne route 🙂

  8. Coucou Astrid !

    Bravo pour ce magnifique article plein d’émotions, d’amour et tout ça… C’est drôle, ça m’a fait pensé à mes deux « mamans internationales », celles des pays où moi aussi, j’ai été hébergée par des familles. Jayna, à New Orleans, m’avait répété un nombre incalculable de fois que c’était pas possible, que l’on était forcément de la même famille tellement je lui faisais penser à sa grand-mère par certaines de mes expressions, et Ester, à Tallinn, insistait toujours pour que je mange un peu plus ou que j’aille faire un tour par le sauna, de peur que je n’attrape froid… Que de bons souvenirs partagés avec ces gens formidables !

    Je tenais aussi à te dire à quel point j’adore lire tes articles et suivre tes aventures, que ce soit ici ou sur Instagram : merci de nous faire rêver, de nous faire voyager avec toi ! 😉 Et puis c’est inspirant : j’adore voyager aussi, et je crois bien que l’année prochaine (et ce pour quelques années), je vais retourner chez mes parents histoire de faire des économies, finir mes études en EAD (à distance) et travailler à plein temps pour pouvoir moi aussi partir un jour faire le tour du monde.

    Pleins de bisous !

    1. Merci pour ce gentil commentaire! Je suis vraiment heureuse que cet article te parle personnellement… Je te souhaite à mon tour de vivre ton rêve, de tenir bon et de t’accrocher afin que tu puisses toi aussi réaliser ton tour du monde! Bonne chance à toi 🙂

  9. Quel récit touchant…merci de ce partage. Impossible de sortir emotionellement « indemne »de ce type d’aventure, ces rencontres humaines, ces familles qui n’hébergent pas seulement mais qui vous ‘ »adoptent », c’est tellement magnifique!

  10. Merci pour ce témoignage très émouvant! C’est un très bel hommage, et je pense qu’elles seraient fières de lire ce que tu as écris à leur sujet^^
    Comment as-tu trouvé toutes ces mamans? Ce sont des connaissances? couchsurfing? chambres d’hôtes? En tout cas, bonne continuation!

    1. Merci 🙂 J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer ces mamans… Kadia, c’est la mère d’un ami mauritanien avec qui je travaillais à Nouakchott. Diane m’a envoyé une invitation sur couchsurfing. Fumiko est la mère d’une amie japonaise, que j’ai hébergé trois mois dans ma famille en France. Et Hwa Young est la mère d’une amie coréenne qui a étudié un an dans ma ville, à Orléans.

      Bonne continuation à toi aussi!

  11. Cet article est vraiment émouvant et c est un remarquable hommage que tu leur rend …
    Merci à ses mamans de s être occuper de toi
    Bisous cousine

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