Bye bye my team… Bon vent à vous…

J’ai voyagé trois semaines avec Natsuno (japonaise), Emily (suédoise), et Nicolas (français). Nous nous sommes rencontrés grâce au couchsurfing, et avons vécu tous les quatre un incroyable road trip à travers la Namibie.

L’heure est aux adieux. À la nostalgie. Bye bye my team… Bon vent à vous…

Tout a une fin paraît-il…

Départ pour le road trip
Départ pour le road trip !

Les aventures s’enchaînent, à une vitesse folle. Je n’ai pas été en mesure de vous retransmettre le dixième de ce que nous avons vécu ensemble. Trop intense. Trop rapide. Trop de merveilles à digérer d’un coup. Depuis une dizaine d’années de voyages et de rencontres, et sur une cinquantaine de pays visités, la Namibie restera pour moi un précieux souvenir. Un joyau, mais rien d’anormal au pays des diamants. Mais peut-être est-ce aussi parce que mes compagnons de route furent les plus joyeux, solidaires, et aventureux que j’ai pu trouver : de belles personnes, et de grands voyageurs.

Alors, ces vingt-et-un jours ont défilé à une vitesse folle. Pas même le temps de savourer cet arrière-goût de bonheur que tout était déjà fini… D’heureux vagabonds, voilà ce que nous étions : sans le sou, poussiéreux, serrés comme des sardines dans notre petite Toyota, où l’on se sentait pourtant comme chez nous, et entourés de nos proches. Merci à vous, et merci à ma bonne étoile de m’avoir guidée sur votre route.

Je me souviens…

Je nous revois encore, nous saluant timidement mais chaleureusement le jour de notre rencontre, dans le Namaqualand en Afrique du Sud. J’entends encore la voix de Nicolas me confesser quelques jours plus tard :

Lorsque je vous ai vues pour la première fois, je n’étais pas vraiment sûr que ça allait coller, et je me suis demandé ce que je faisais là.

Autostop, Zambie
Autostop avec Emily et Nicolas

Je repense à notre arrivée en Zambie, où nous avons décidé de poursuivre un peu l’aventure. Natsuno nous avait déjà quittés. Nous étions tous trois, assis à l’arrière du pick-up qui nous avait pris en stop, sentant le vent de la liberté fouetter de plein fouet nos visages souriants. À cet instant précis, la discussion était de savoir lequel d’entre nous était le plus heureux. Probablement personne, ou plutôt chacun d’entre nous, c’est en tout cas ce qui était écrit au fond de nos yeux pétillants.

Je me rappelle également la fois où, dans le Windhoek-Lusaka-Express (bus fou dont je vous conterai le récit plus tard), nous avons partagé cinquante heures de folie, entassés dans notre carrosse récalcitrant, mais toujours souriants. Vous étiez l’équipe parfaite, merci à vous.

Trois semaines plus tard, nous voilà assis, face aux chutes Victoria en Zambie, à partager notre dernière boîte de haricots froids. Vraiment immangeable ce truc, mais vous n’imaginez pas à quel point cela va me manquer. Puis nous prenons notre dernier petit déjeuner le lendemain matin, on ne fait plus les fiers. Ça sourit et ça pleure en même temps, on se souhaite le meilleur, tout en retardant l’heure de la séparation le plus possible. Et on se dit waouh, c’était bon, c’était tellement bon

On a changé aussi…

Tous, nous avons changé, grandi, en apprenant les uns des autres. Pour chacun d’entre nous, et pour des raisons plus personnelles aussi, la Namibie a été un tournant, dans nos voyages respectifs, et dans nos vies. Au fil de nos discussions, nous nous sommes ouverts les uns aux autres, ce qui nous a également permis de prendre du recul sur nos choix de vie.

Station essence, Namibie
Nuit dans une station essence

Peu avant notre séparation, Emily recherchait un vol pour Bangkok, rejoindre sa famille. Puis, sur un coup de tête, un coup de folie, la voilà qui achète un billet pour Istanbul, où le potentiel homme de sa vie l’attend. Bonne route Emily, bonne chance, et rendez-vous un jour, en Turquie ou ailleurs…

Et NicolasIl n’avait jamais voyagé avant son tour du monde. Courageux, vraiment. On l’a surnommé Papi de nombreuses fois, un peu réticent au début à se lancer, pour faire du stop ou dormir un peu n’importe où. On l’a surnommé la tortue aussi, car sur son dos, c’est toute sa maison qu’il transporte. Un vrai inspecteur gadget. Besoin de quelque chose en particulier ? Demandez à Nicolas ! Et puis il a lâché prise sur ses dernières barrières, il a mis de côté le confort matériel, il a appris à faire confiance, aux autres, à son équipe, et surtout à lui-même. Je le revois encore lors de notre dernière journée ensemble, rentrer du Zimbabwe tout seul, et en auto-stop, comme si c’était devenu la routine. Je le revois encore dormir dehors dans la stations essences namibiennes, et se réveiller comme s’il sortait d’un bon lit ou presque. Bon vent Nicolas… Maintenant, tu sais de quoi tu es capable. Tu es un grand voyageur qui s’adapte si facilement à toutes les situations, j’en suis encore impressionnée. Tes proches doivent être fiers… Reste le même, et rendez-vous en France…

Moi aussi j’ai changé. Tous m’ont tellement transmis. Mais ça, je vous le raconterai plus tard.

Alors merci…

Fish River Canyon, Namibie
Fish River Canyon, Namibie

Je suis toujours triste de quitter un lieu, et pourtant à chaque fois heureuse d’arriver dans un tout nouvel endroit. Une rencontre pour une autre, des sentiments contradictoires, c’est ce qui ponctue mon voyage. Aujourd’hui, c’est mille fois plus fort. Je suis chamboulée, ces trois-là vont sacrément me manquer. Mais j’ai rendez-vous avec Blas au Botswana, un argentin rencontré en Afrique du Sud, avec lui aussi, ça a collé. Entre tristesse et impatience, mon cœur balance, tangue, et j’ai du mal à suivre le rythme.

Merci à tous les trois, je ne sais comment vous exprimer tout le bonheur que j’ai eu à voyager en Afrique en sac à dos à vos côtés. Parfois, loin de France, le temps se fait long, les routes se font difficiles. Avec vous, tout était si simple, si fluide, j’ai eu une chance inouïe de vous rencontrer. Si j’avais un vœu à faire, ce serait de remonter le temps trois semaines en arrière et de figer mon horloge, entourée de vos sourires, au pays où l’improbable et l’impensable côtoient insolemment la réalité.

Mais je ne vivrai pas la fin de mon voyage accablée de nostalgie, nous ne méritons pas de nous séparer ainsi. Non, je croquerai chaque nouvelle journée à pleines dents, en pensant à vous certes, mais en sachant que quelque part dans ce monde, mes trois compagnons continuent eux aussi de réaliser leurs rêves d’aventures et de découvertes, et c’est le meilleur que je puisse leur souhaiter. Et puis, je regarderai en souriant ces belles photos, et ces magnifiques vidéos, probablement des centaines de fois.

Alors, comme on s’est dit en partant, rendez-vous un jour, ailleurs, pour revivre une toute autre Namibie…

6 thoughts on “Bye bye my team… Bon vent à vous…”

  1. encore une belle aventure… tu sembles en avoir gros sur le coeur en quittant le team
    j’aurais aimé connaitre ton autre  » papi » …
    bon séjour au Botswana

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