Le cuba libre piégé : j’ai testé le GHB malgré moi…

Le contexte…

Lima, PérouJ’étais au Pérou depuis un mois, afin de réaliser un projet solidaire avec deux autres jeunes volontaires de l’association Graines de sourire. Nous avions travaillé un an pour trouver le financement nécessaire.

Le projet prenait fin, et nous souhaitions remercier nos amis péruviens, nos partenaires locaux, pour leur accueil et leur travail à nos côtés.

Nous avons donc décidé de sortir boire un verre en ville, à Talavera, avons commandé quelques « te con cona » (boissons chaudes alcoolisées) et la soirée commença…

L’ambiance était bonne !

Harpe andine, PérouAprès avoir décidé de changer de lieu, sur les bons conseils de nos hôtes, nous nous sommes rendus dans un bar dansant, où nous avons bu quelques verres de cuba libre. La chaleur monta peu à peu dans nos corps frigorifiés.

Mon verre se remplissait automatiquement, plutôt agréable cet endroit ! Nous assistions en même temps au concert de Los Tovos, un petit groupe de la région. La soirée se déroulait pour le mieux, et l’ambiance était au rendez-vous.

Je ne sais comment, quelques dizaines de minutes plus tard, je me suis retrouvée à danser avec le maire de Talavera, un petit homme souriant et courtois. Pourtant, à ce moment précis, j’ai été envahie par un sentiment étrange, de mal-être, de perte de contrôle et d’angoisse.

Cela a été mon dernier instant de lucidité, faisant part de mon inquiétude à François, un ami français qui m’accompagnait, lui demandant de ne plus me quitter des yeux.

La descente aux enfers…

A partir de là, je ne me suis plus souvenue de rien. Le lendemain, pendant le petit-déjeuner, mes amis ont évoqué notre sortie en boîte de nuit. J’ai mentionné ne pas avoir assisté à cette étape de la soirée, tous les regards se sont alors tournés vers moi. A cet instant, je compris qu’un gros trou noir avait envahi mon esprit, ils m’ont donc raconté la suite de cette nuit épique.

Cordillère des Andes, PérouAprès avoir quitté le bar, nous avions du mal à tenir sur nos deux jambes. François me tenait par le bras, c’est alors que nous nous sommes fait renverser par un taxi.

Nous avons poursuivi notre chemin jusqu’à la fameuse discothèque, où je me suis confortablement installée pour dormir sur une chaise, au milieu de la piste de danse. J’aurais tout de même aimé me souvenir de cet épisode !

Nous avons ensuite quitté les lieux en taxi, environ trois-quarts d’heure de route sur une piste chaotique, je somnolais toujours. Ayant évidemment oublié nos clefs, nous avons escaladé le grillage pour entrer dans le jardin. Là, je me demande bien par quel miracle j’ai réussi cet exploit.

Après cet effort intense donc, j’ai cru bon de faire une sieste d’environ deux heures en t-shirt, dans l’herbe, et ce à trois mille mètres d’altitude (bon en réalité, je me suis évanouie…).

Remise de mes émotions, retrouver ma chambre, puis me hisser sur mon lit furent les dernières étapes éprouvantes de ma soirée.

Un réveil qui surprend…

PérouVers 10h du matin, je me suis  réveillée péniblement, me rendant compte que j’avais été malade durant mon sommeil, sans que cela ne m’ait perturbé plus que ça.

Après m’être douchée et avoir rejoint mes amis, on me confia qu’une autre française avait aussi été victime d’un trou de mémoire, au même instant.

Je compris alors que quelqu’un avait mis un produit dans notre carafe de cuba libre.

J’avais en plus été prévenue à plusieurs reprises de l’expansion du GHB au Pérou avant mon départ (acide Gamma Hydro-Butyrique, appelé plus communément « drogue du violeur »). Étant une femme, la fin de la nuit aurait pu prendre une tournure bien pire.

Par chance, je m’étais sentie particulièrement fragile, et avais eu le réflexe de prévenir François, qui a pris soin de moi comme il a pu. Grâce à lui, j’ai sûrement évité quelques ennuis.

Plus tard durant notre voyage, nous avons rencontré d’autres jeunes français ayant connu la même mésaventure. Pour leur part, ils se sont réveillés, sans leurs affaires, et sans chaussures, au beau milieu d’un champ, à plusieurs kilomètres de leur village.

CONSEIL : Si vous vous rendez au Pérou

Le Pérou est un pays magique et cette anecdote ne reflète en rien la beauté de ce dernier et la générosité de ses habitants. Cela étant dit, gardez à l’esprit que certaines personnes, comme partout ailleurs, peuvent être mal intentionnées.

Voici donc quelques règles à respecter :

  • Évitez de fréquenter certains quartiers à pied, notamment la nuit et à Lima (les détails ici)
  • Surveillez vos sacs dans les bus
  • Dormez dans une pièce qui ferme à clef (ou vous risquez d’être réveillés par un voleur dans votre chambre…)
  • N’exposez pas vos objets de valeur à la vue de tous
  • Évitez de rester de longues heures dans les gares routières
  • Ne laissez pas votre verre à la portée de tous dans les bars (mais ça, vous l’aurez compris !)
  • Et bien sûr… Restez ouverts !

Enfin, je vous recommande de lire ces quelques conseils, qui sont en partie issus de mon voyage au Pérou.

Je ne suis pas adepte des abus en tous genres, et encore moins en voyage. Cette sortie devait être un remerciement à l’égard de nos partenaires, et ma consommation d’alcool n’a en rien été excessive.

C’est pourquoi j’ai été surprise du tournant que la soirée a pris, et aujourd’hui encore je reste marquée par la dureté de cet évènement. Cela n’a pas entaché mon merveilleux séjour au Pérou, mais m’aura sans aucun doute rendue plus prudente.

Et vous, avez-vous déjà eu ce genre de déconvenue en voyage ?

4 thoughts on “Le cuba libre piégé : j’ai testé le GHB malgré moi…”

  1. A oui c est assez flippant c est clair … Mais au moins ça t as appris à être prudente pour les autres voyages et heureusement que tu étais bien entourée.

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