Route de la Soie : bilan d’une aventure entre les âges

itinéraire sur la route de la soie

Depuis que je suis rentrée en France, j’ai eu l’occasion de partager quelques moments privilégiés avec mon Papi, vous savez, celui qui ne loupe aucun de mes articles et qui me laisse toujours un petit message. Ce dernier m’a demandé de rédiger une petite conclusion sur mon voyage le long de la Route de la Soie. Pour tout vous dire, j’y avais longuement pensé, mais avec toutes les émotions liées à mon retour, j’ai dû faire face à l’angoisse de la page blanche. Pour faire plaisir à Papi, je vais tout de même tenter de rassembler mes esprits, et faire de mon mieux pour lui dresser un petit bilan retraçant l’itinéraire de la Route de la Soie, que j’ai empruntée récemment, avec mon compère José…

Mon itinéraire sur la Route de la Soie :

La Chine, un sympathique fourneau :

L’histoire a commencé en Chine, alors que nous quittions tout juste l’Asie du Sud-Est, après plusieurs mois d’aventures intenses et humides. José et moi avons tout d’abord rejoint Xi’An, ville emblématique, marquant notre entrée sur la Route de la Soie, comme celle de milliers de voyageurs. En franchissant les portes de la ville, nous avons été saisis d’une émotion singulière, car ce projet rêvé depuis des années prenait enfin vie. Dès nos premiers pas dans la province du Shaanxi, nous nous sommes imprégnés d’un univers nouveau, qui contrastait sans appel avec cette autre Asie que nous laissions derrière nous. Nous entrions au fond des âges, du moins nous osions encore y croire, et nos yeux scrutaient le moindre recoin alentour, percutant nos repères de plein fouet.

Un monde musulman se dessinait peu à peu, à l’instar d’infinies étendues de sable et de poussière : le désert de Gobi était à notre portée et dès lors, d’une candeur profonde, nous en salivions. Cet espace vide et désolé, nous nous apprêtions à le traverser d’Est en Ouest, sur des milliers de kilomètres, avec tout l’appétit du monde.

Après une brève étape au cœur des montagnes arc-en-ciel de Zhangye Danxia, où nous nous brûlions déjà joyeusement l’épiderme, nous avons plongé dans l’âtre brûlant de Gobi, dans le foyer de ce désert légendaire, affligés par quarante-sept degrés Celsius dont nous targuait le ciel de Turfan. Les pommettes dévorées par les rayons du soleil, nous sirotions malgré tout cet élixir de vie sans égal, avec la plus grande joie.

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Vue imprenable sur le parc national de Zhangye Danxia

Notre fantasme au sujet de l’ancienne Route de la Soie, invulnérable dans nos pensées les plus secrètes, reçut très vite un cruel coup de massue. Quittant le domaine du songe – ce doux rêve de chameaux et de caravanes – nous nous heurtions brutalement les yeux aux câbles électriques et aux 4×4 polluants. De tous côtés, des paysages écorchés par l’Homme et par sa main lourde, nous firent prendre conscience que réaliser ce vieux rêve d’enfant s’accompagnerait désormais de certaines déceptions, et qu’il nous faudrait apprendre à les accepter. Nous comprenions aussi que suivre cet itinéraire sur la Route de la Soie, aussi mythique soit-il, équivaudrait à cheminer le long d’une voie contemporaine, à travers des bouts de pays assujettis à la tyrannie d’un monde moderne. Nous nous apprêtions à livrer bataille, pour percevoir ne serait-ce qu’un peu de cette légende que nous étions venus y chercher.

Pour se faire, il nous fallait prendre de la hauteur et renifler un peu d’air frais. En traversant les Monts Tian Shan, nous avons trouvé un peu d’oxygène, ce qui fut de courte durée puisque nous devions ensuite redescendre vers Kashgar, dans le Xinjiang, extrémité occidentale clôturant cette partie de l’itinéraire de la Route de la Soie chinoise. Kashgar, aussi troublante fut-elle, restera ancrée en ma mémoire comme une étape significative de notre aventure : au fin fond de la Chine, nous commencions enfin à compter quelques kilomètres derrière nous, satisfaits de réaliser l’ampleur de ce bout de chemin déjà parcouru.

Je souhaitais cependant vous conter tout autre chose au sujet de notre traversée de l’Empire du Milieu. Durant ces deux mois passés à arpenter la Chine en auto-stop, José et moi avons réalisé qu’involontairement, nous avions apporté dans nos baluchons les stéréotypes les plus parfaits qui soient, au sujet du peuple chinois : nous étions tous deux disposés à rencontrer des personnages un peu rudes, dans des boulevards abritant bon nombre d’immondices. D’ailleurs, ni l’un ni l’autre ne pouvions en expliquer la raison, nous composions juste naïvement quelques projections, à l’aide des représentations que nous avions en tête.

Et pourtant, la Chine nous a sacrifié ce qu’elle avait de meilleur, sans entériner ne serait-ce que l’ombre de nos préjugés. Sur cette note fraternelle, notre épopée prenait de la consistance, tandis que notre foi en l’être humain reconquérait nos esprits.

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Une rencontre sur le pouce, parmi tant d’autres | Crédits @Macadam Pixels

Le Kirghizistan, à la rencontre des nomades :

Notre itinéraire sur la Route de la Soie s’est ensuite poursuivi sur les sentiers sinueux des vastes plaines voisines, ou entre deux massifs, les nomades kirghizes élèvent depuis toujours leurs troupeaux de bétail. Contraints de séjourner à Bishkek, la capitale, étant donné le nombre et la complexité des formulaires de visas que nous avions prévu de demander, nous avons effectué une pause de quarante jours. Ayant quitté la France quatre ou cinq mois auparavant, cette halte fut largement appréciée, d’autant plus que le Kirghizistan s’est très vite révélé un pays où il fut facile et plaisant de voyager.

À Bishkek, nous n’avons pas fait grand chose, mis à part traîner nos guêtres dans le Micro-Rayon 2. Néanmoins, nous en conservons un excellent souvenir : nous étions heureux de côtoyer à nouveau certains repères européens (du pain et du fromage, cela va de soi), prémices de notre avancée victorieuse sur l’Ouest.

Sédentaires comme nomades, montagnards comme vacanciers des stations balnéaires du lac Issyk Kul, les kirghizes nous ont tous reçus à bras ouverts, et la main sur le cœur. Nous avons, lors de nos diverses excursions en dehors de Bishkek, multiplié les expériences hors norme, telles que dormir dans des yourtes, traire des juments, trinquer à la vodka, tout en baragouinant hardiment nos premières locutions en russe, ce qui fut disons, plus ou moins concluant.

S’il ne restait aujourd’hui qu’un tableau à accrocher au mur nébuleux de mes souvenirs, ce serait celui brossé évasivement par le lac Song Kul, peignant les courbes de ce joyau naturel, aux formes et aux couleurs incarnant tout l’équilibre céleste. Cet épilogue de nos six premières semaines passées en Asie Centrale nous incita alors à entrouvrir de nouveau la porte de nos fantasmes, nous octroyant une possible échappée à travers le temps. Nous reprenions la route confiants, nous dirigeant plus au Sud et surtout plus haut, vers les sommets tadjiks, qui pointèrent vite leurs nez. Souriant à l’inconnu, nous haussions les têtes, bombions les torses, et levions les pouces.

voyager autour du lac Song Kul
Nuit dans une yourte, près du Lac Song Kul

Le Tadjikistan, la tête dans les nuages :

Entrer au Tadjikistan fut une affaire relativement complexe. José et moi, plus obstinés l’un que l’autre (mais je dois bien avouer, car il me lit, que je suis sacrément bornée quand je m’y mets), avions décidé de franchir la frontière en stop, envers et contre tout. Cependant, après quatre jours d’attente à nous geler les fesses sur la Pamir Highway, nous décidions de lâcher l’affaire, et c’est penauds que nous nous acquittions d’un sésame pour le premier transport en commun.

Très vite, nous gravissions nos premières crêtes, atteignant plus de 4600m d’altitude – je viens de Beauce, José de Sarthe, autant vous dire que ce fut pour nous une virée prodigieuse. Si nous n’avons pas brillé par notre rapidité à avancer, nous avons été littéralement soufflés kilomètre après kilomètre, et ce tout au long de notre parcours au Tadjikistan. Tout d’abord, pas un jour nous n’avons été épargnés par le vent, coléreux, diabolique. Aussi, le dénuement que nous avons observé fut stupéfiant. Comment imaginer vivre ainsi coupé du monde, dans une yourte en montagne, sans pouvoir ne serait-ce que planter quelques légumes, à cause des conditions climatiques ? Et malgré tout, ce peuple tadjik – qui ne fait pourtant pas dans la dentelle – nous a couvert de milliers de petites attentions. Ainsi, nous avons dévoré d’immenses tartines de beurre de yak, descendu plus que nous n’aurions dû de vodka, grignoté de savoureux filets de poisson séché, et ri des blagues improbables que nous comprenions ça et là. Nous étions entourés de nos semblables, avec qui nous déchiffrions chaleureusement les traits de nos différences.

La suite de notre percée au Tadjikistan fut à la hauteur de son coup d’envoi. Longeant le corridor du Wakhan, y trouvant un peu de fraîcheur et de verdure, nous avons maintes fois assisté aux bagarres des villageois, bataillant férocement mais avec la plus grande affection, afin de nous abriter au sein de leurs foyers, nous y nourrir, nous y choyer. Avec de remarquables poignées d’amour, nous quittions le pays, laissant derrière nos pas incertains ces terres et ces hommes que nous avions profondément aimés.

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Un bambin se cache dans sa yourte, étonné de nous voir ici

L’Ouzbékistan et ses cités mythiques :

Notre itinéraire sur la Route de la Soie n’aurait pas été envisageable sans un passage dans les célèbres villes ouzbèkes de Samarcande, Boukhara et Khiva, ainsi qu’à Moynaq, où se trouve un cimetière de bateaux – la mer d’Aral ayant déserté l’ancien port de pêche. Ces étapes, touristiques mais pour autant pittoresques, nous ont livré sur leur plateau turquoise certaines des plus belles merveilles architecturales que nous ayons eu la chance de voir de nos vies. Nous visitions chaque jour ces différents lieux, à des heures où le reste du monde est encore bercé par les bras de Morphée : de quoi conserver à jamais des souvenirs uniques de ces villes réellement spectaculaires.

En Ouzbékistan, José et moi avons par ailleurs commencé à nous séparer quelques temps. Voyager à deux, sans intimité ni temps pour soi, n’est pas chose évidente, même en compagnie du meilleur partenaire au monde. Nous ressentions le besoin de nous éloigner quelques temps, malgré notre affection réciproque, afin de mieux nous retrouver ensuite. Tout a alors très vite basculé pour moi et les choses sont devenues compliquées : ici, une femme solitaire, le pouce en l’air, a vite attisé les ardeurs, et suscité bien trop de gourmandise. J’avais déjà souvent joué du pouce seule et de par le monde, mais j’ai connu mes premières vraies expériences de harcèlement sexuel lors de ma traversée de l’Ouzbékistan en auto-stop, ce qui malheureusement devint pour moi une routine les mois suivants, en Asie Centrale, dans le Caucase puis en Iran. C’est sur cette note altérée que je quittai le pays, en direction du Kazakhstan et non pas du Turkménistan, ma demande de visa (et celle de José) ayant été poliment déboutée.

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Le minaret Kalta Minor, à Khiva

Le Kazakhstan, entre désert et mer :

Arrivée seule au Kazakhstan, j’ai tenté de gagner la Caspienne, afin d’y trouver un bateau en partance pour l’Azerbaïdjan. Sans mal, j’ai ainsi rejoint Aktau, ville maritime située au Sud-Ouest du pays. Sauvée de justesse d’une tempête mémorable par trois sœurs un peu loufoques, j’ai goûté aux joies de l’hospitalité kazakhe offerte par cette fratrie hétéroclite, avant de rejoindre un ami roumain, Valentin, ainsi que José, qui malgré nos différentes séparations, ne fut en définitive jamais bien loin.

Prendre le bateau fut toute une histoire que je ne conterai pas là, j’insisterai cependant sur les hasards de la vie, sur ces rencontres écrites à l’avance par on ne sait quelle main habile : une fois à bord, nous avons retrouvé avec joie deux amis français, rencontrés il y a six mois à Bago, en Birmanie. En effet, quelques jours plus tôt, ces deux cyclistes aux mollets audacieux arrivèrent en même temps que nous à Aktau, des milliers de kilomètres après notre première entrevue. S’ils me lisent, je les embrasse…

En voyage, tenter de rester maître de la situation, c’est oublier qu’il existe des lois supérieures, qui somme toute, régissent l’aventure à leur guise. Cette maxime en tête, nous jetions un dernier regard vers l’Asie Centrale, et sur les eaux calmes de la mer Caspienne, nous tentions de deviner de nos yeux d’enfants les premières courbes du Caucase.

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Avec Valentin et José, sur le ferry

Le Caucase, prélude d’un retour en Europe :

J’avais déjà rédigé un long article concernant mon voyage dans le Caucase, je ne vais donc pas me répéter ici. Toutefois, cette virée entre montagnes et capitales historiques fut une indubitable bouffée d’oxygène, éveillant chez nous un arrière-goût d’Europe, qui commençait à nous manquer. Quittant l’Azerbaïdjan, je pris la route vers la Géorgie, tandis que José filait directement en Iran, après de nouveaux adieux. Nous ne devions plus nous revoir avant la France, et pourtant…

Je suivis Valentin jusqu’à Tbilissi, puis Erevan, et gâtés par les vestiges de l’Histoire, nous flânions tous deux jour après jour, de l’aube au crépuscule, d’un bonheur à l’autre. Notre échappée belle, notre école buissonnière de la route, ne dura qu’un temps : j’avais rendez-vous avec l’Iran, Valentin avec la Turquie. Je promis de lui rendre visite, un beau jour, en Transylvanie, et m’enfuis plein Sud, vers la Perse, vers ce vieux rêve qui allait bientôt être exaucé.

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Visite du bazar de Taza, à Bakou

L’Iran, pour le meilleur et le pire :

Entrer en Iran, en tant que femme voyageant en stop, fut accompagné de quelques appréhensions. Il faut dire, durant mes derniers jours passés en Arménie, on m’a reluquée, suivie, et palpée en bonne et due forme. Plusieurs hommes m’ont fait vivre de belles frayeurs, et malheureusement pour moi, la situation ne s’est pas améliorée une fois installée dans l’intimité des habitacles iraniens. Les hommes que j’ai rencontrés étant seule, et ce sans exception – ce qui fut le plus décevant à mes yeux – ont pris avec moi toutes les libertés. J’ai donc subi quelques attouchements et assisté à des scènes plus libidineuses les unes que les autres.

Au même instant, José avait pris ses quartiers en cellule, confiné entre quatre murs : placé en garde à vue, il avait commis l’erreur de déjeuner en public avec une femme. Suite à nos mésaventures respectives, nous nous sommes évidemment téléphoné pour vider nos sacs, et sans plus attendre nous avons décidé de nous rejoindre dès le lendemain. L’amitié, c’est un peu comme l’amour : lorsqu’on la touche de près, le besoin de prendre un peu l’air s’installe, mais à l’instant même où elle s’éloigne, les regrets et le manque apparaissent. J’ai donc retrouvé José au plus vite, ainsi que Tara, une amie à lui avec qui nous avons poursuivi notre visite de l’Iran en auto-stop. Un autre monde s’est alors ouvert à nous, pour le meilleur cette fois.

Au quotidien, et comme au Tadjikistan, les familles se disputaient notre hospitalité, et systématiquement nous devions résider plusieurs journées au sein de leurs foyers. Dans cette partie du globe, si j’ai vécu certains moments difficiles, j’ai aussi connu les instants les plus beaux, et pour rien au monde je ne regretterai mon passage sur place, ce sans même évoquer les remarquables œuvres d’art architecturales, vestiges d’un passé glorieux, que nous avons croisées sur notre route de Shiraz à Téhéran et d’Ispahan à Yazd. C’est donc le cœur secoué par différents sentiments que José et moi, unis par les épreuves, tournions les talons à l’Iran pour emprunter la dernière portion de notre itinéraire sur la Roue de la Soie : la Turquie, qui fut une véritable révélation.

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Avec Cobra, à Shiraz, une maman en or !

La Turquie, ou finir en beauté :

La Turquie est sans doute la partie du voyage qui me rend le plus reconnaissante, car José et moi avons achevé sur les terres noires anatoliennes notre périple sur la Route de la Soie, et y avons vécu des journées strictement parfaites. Terminer sur une note si positive me remplit aujourd’hui de joie à chaque fois que j’y repense : nous avons une chance immense de conserver comme dernier souvenir du voyage ce road trip à travers la Turquie, ces paysages indescriptibles de Cappadoce, ainsi que ces visages turcs souriants et bienveillants.

Apaisés ces formes géologiques dessinées par le temps, à l’écoute de ce poème éloquent proclamé par la nature, nous pouvions remonter sereinement vers Istanbul, et nous laisser gagner par les émotions dues à un retour en  France, notre patrie que nous touchions désormais du doigt, après tant de détours.

Que l’on soit absent dans la pièce voisine, ou sur l’autre versant de la planète, la différence n’est pas essentielle. La présence de l’ami qui en apparence s’est éloigné, peut se faire plus dense qu’une présence réelle. C’est celle de la prière. Jamais je n’ai mieux aimé ma maison que dans le Sahara. Jamais fiancés n’ont été plus proches de leur fiancée que les marins bretons du XVIe siècle, quand ils doublaient le Cap Horn et vieillissaient contre le mur des vents contraires. Dès le départ ils commençaient déjà de revenir. C’est leur retour qu’ils préparaient de leurs lourdes mains en hissant les voiles. Le chemin le plus court du port de Bretagne à la maison de la fiancée passait par le Cap Horn.

Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à un otage

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La plénitude, en Cappadoce

Nous savions, en atteignant Istanbul, que nous fermions la fenêtre sur un rêve qui nous était mutuellement cher. Dorénavant, il ne nous restait plus qu’à évoquer certains souvenirs autour d’un verre, espérant revivre quelques uns des frissons que nous avions éprouvés. Bien sûr, il nous restait la Grèce, puis l’Italie, à parcourir. Mais l’Europe, c’est la maison : c’est être déjà chez nous. Alors, tous deux touchés et un peu la tête ailleurs, nous avons tenté de vivre nos dernières heures turques comme si de rien n’était. Je ne vous cache pas que traverser le Bosphore, c’est-à-dire nous engouffrer en Europe, fut un moment poignant.

Difficile d’assimiler si vite toutes les aventures que nous avons vécues depuis Xi’An. Difficile d’en résumer les meilleurs moments, mais aussi les plus difficiles. Difficile de nous remémorer tous les visages, tous les sourires. Difficile de repenser à chacun des coups de cœur, chacun des coups de blues. D’ailleurs, les parfums et les images que nous conservons aujourd’hui en tête s’évaporeront probablement avec le temps. Ce qui reste certain, c’est que cette aventure nous a ouvert de nouvelles portes. Les rencontres que nous avons eu la chance de faire nous ont fait grandir. Les déconvenues également. Et je suis heureuse d’avoir eu à mes côtés quelqu’un qui compte énormément pour moi, avec qui partager puis me remémorer toutes ces aventures extraordinaires.

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Petit clin d’œil pour José, lors de nos 4 jours d’attente sur la Pamir Highway : nous, c’est le style avant tout !

La Route de la Soie, des itinéraires :

Avant de conclure, je souhaitais vous préciser qu’il n’existait pas un itinéraire de la Route de la Soie, mais bien plusieurs. Je vous laisse retrouver plus d’explications dans le premier point ci-dessous, ainsi que d’autres informations susceptibles de vous intéresser :

  • Tous mes articles sur mon voyage le long de la Route de la Soie, ainsi que les différents itinéraires historiques ;
  • Ma sélection des meilleurs clichés pris durant l’aventure, en commençant par mes photos de Chine (autres galeries à venir) ;
  • Découvrez également le projet photographique de José relatif à notre voyage, à travers sa page Silk Dreams ;
  • Retrouvez enfin quelques conseils aux voyageurs, utiles si vous souhaitez emprunter cette même route.

Par ailleurs, il me semblait important d’évoquer brièvement la nouvelle Route de la Soie : un projet titanesque est actuellement en cours de réalisation afin de relier la Chine à l’Europe, à travers de nouveaux itinéraires de la Route de la Soie (plusieurs également). Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez sur Internet, et en deux clics, beaucoup d’informations sur le sujet.

Enfin, pour aller plus loin, n’hésitez pas à retrouver mes différents récits de voyage, ainsi que tous les écrits relatifs à mon tour du monde et la philosophie de ma vie nomade

Et vous, cela vous tenterait-il de suivre cet itinéraire sur la Route de la Soie ? Si le connaissez déjà, même en partie, n’hésitez pas à partager votre expérience avec nous dans les commentaires ci-dessous !


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21 thoughts on “Route de la Soie : bilan d’une aventure entre les âges”

  1. Salut salut ! D’abord merci pour ton blog je le dévore ! Je compte également faire la route de la soie en autostop en partant de chine, après une viree au Népal et au Tibet ! Je suis du coup un peu perplexe au niveau des frontières a traverser et des visas.. et j’ai du mal a trouver des infos dessus.. étant donné que tu as emprunté exactement l’itinéraire que je veux prendre, si tu pouvais me donner des infos la dessus ça serais super gentil de ta part ! 🙂
    En tout cas bravo pour toutes tes aventures et ton talent d’écriture !

  2. Pour commencer, je suis toute émue par les commentaires échangés avec ton papi et José, ce parcours de vie est inspirant et sensiblement profond, j’ai découvert ton blog en préparant justement mon voyage en stop sur les routes de la soie ( dans l’autre sens ) et l’envie de partir est d’autant plus prenante! Je me permet de consulter tes articles pour étoffer le voyage qui nous attend dans un mois… Merci pour ton partage et bonne route pour la suite, au plaisir de se croiser aux abords d’un chemin .
    Stéphane et Anissa

    1. Coucou à tous les deux! Tout d’abord, je vous souhaite bonne route, en espérant que vous preniez autant de plaisir que José et moi avons eu à parcourir cette route mythique… Et puis merci pour vos mots encourageants, c’est toujours agréable d’avoir des retours positifs lorsque l’on passe beaucoup de temps à tenir un blog! Au plaisir également de vous croiser un jour, le monde n’est pas si grand, et seules les montagnes ne se rencontrent pas, paraît-il… 🙂

  3. Wow, je suis restée scotché par ton récit. Tout d’abord je l’ai trouvé tellement bien écrit, ça m’a transporté directement dans ton aventure. Et ensuite l’aventure même que tu as vécu (où les aventures plutôt car sur un voyage comme celui ce n’en est plus juste une) sont grandioses. Autant ça a l’air parfois difficile, mais globalement merveilleux… Tu vas avoir de superbes souvenirs toute ta vie. Bon retour en France.

  4. J’ai partagé ton récit sur twitter! J’ai adoré, j’étais avec toi pendant ces quelques lignes, j’ai presque la larme à l’oeil 🙂 c’est super bien écrit, merci à ton papi d’avoir insisté pour que écrives ce texte !

  5. Quel beau texte et magnifique conclusion !
    Je crois que ton papi ne doit pas être déçu de ton résumé et épilogue de la route de la soie. Tout ce que tu n’avais pas dit, on pouvait le lire entre les lignes et tu comprendras pourquoi j’ai trouvé cette dernière aventure « stressante » Tu as été heureuse de retrouver José, nous aussi
    Je me suis encore perdue à remonter le temps d’un lien vers un autre, je ne m’en lasse pas ! J’espère qu’un jour tu publiera tes aventures en « 1000 tomes » pour notre plaisir !
    Gros bisous Astrid à bientôt

  6. Quelle belle conclusion !
    Même si je me suis peu manifestée durant ces mois, j’étais à l’affut de chacun de tes commentaires, chaque jour, pour avoir de tes nouvelles, car, je l’avoue aujourd’hui, j’étais quand même un peu inquiète de te savoir en train de « poucer » comme tu dis, à l’autre bout du monde. Je ne connais pas José, mais je le remercie de t’avoir accompagnée dans cette aventure.
    Je pense que ton Papi Gilbert, de là où il est, doit être content aussi de te sentir rentrée au bercail !
    Je suppose que tu fomentes déjà une escapade au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest, peu importe, pourvu que tu découvres un monde nouveau !
    Je t’embrasse très fort en espérant pouvoir te faire une vraie bise sur chaque joue, en Auvergne.

    Monique

    1. Salut Monique ! Merci pour ton message ça me fait très plaisir de te lire ! J’espère que tu vas bien et que tu prends bien soin de toi. En effet, je suis déjà repartie, suis en Allemagne là vers Konstanz. Moi aussi j’espère te revoir prochainement, et d’ici là, je t’envoie plein de gros bisous !

  7. merci ma grande pour ce splendide cadeau, j’en suis encore profondément ému
    comme José, je suis fier de toi … et de lui !
    je vous embrasse tous les deux
    ton plus fidèle lecteur …

  8. C’est un magnifique texte et un très beau résumé. Je suis ému par le voyage que nous avons réalisé et par les mots que tu poses sur cette expérience humaine qui me bouleverse encore aujourd’hui. Je suis fier de l’avoir partagé avec toi. C’est avec les yeux remplis d’émotions que je te remercie. Il y en aura d’autres !!!…

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