Tout plaquer et partir loin : les questions qui reviennent souvent

tout quitter et partir loin

Depuis longtemps, j’avais envie de tout plaquer et partir loin. En 2013, j’ai donc rendu mon logement et quitté mon travail. Depuis, je vis sur les routes. Après avoir fait le tour du monde, je suis rentrée quelques semaines embrasser ma famille. Je suis ensuite repartie pour un tour, d’abord vers le Sud et la Mauritanie, puis vers le Nord et la Suède. J’écris donc cet article d’Orléans, ma ville natale – qui cela tombe bien, est située pile poil entre le Sud et le Nord !

À chaque passage en France, je retrouve ma famille, mes amis et mes anciens collègues, ainsi que des connaissances lorsque je me rends en ville. Tous me demandent : alors, tu deviens quoi ? ? ?

Ma réponse est toujours la même : je voyage. Entre sentiment de surprise et mouvement de crispation, voici leurs réactions…

1) Mais t’as pas peur ? ? ?

C’est LA question par excellence. Autrefois, notre instinct nous faisait ressentir la peur pour nous protéger d’un danger qui nous menaçait. Il s’agissait alors d’un réflexe de survie, aiguisé, animal, fiable.

Aujourd’hui – et depuis que l’Homme a appris à allumer un poste de télévision – nos peurs sont dictées par la désinformation de masse. Ce conditionnement que nous subissons sur le long terme ne nous permet plus d’accorder une chance à l’autre, à l’inconnu et au monde. Lorsque j’écris des articles comme celui sur le voyage nomade, on me reproche ma trop grande jeunesse et ma naïveté. Lorsque je raconte autour de moi que j’ai décidé de tout plaquer et partir loin, on évoque tout de suite les craintes liées à ma future retraite. Lorsque j’explique que voyager m’a enseigné le lâcher prise, on me qualifie de hippie totalement inconsciente.

J’ai pourtant peur parfois. La différence est que j’ai appris à gérer mon angoisse et à relativiser mes craintes. Je suis prudente, rationnelle, mais je ne suis plus sous l’emprise de peurs infondées. Je connaîtrai les mêmes mésaventures que ceux qui ont peur – ou peut-être un peu moins si l’on croit à la théorie des prophéties autoréalisatrices. Pour autant, je ne laisserai plus ce sentiment d’insécurité régir ma vie.

Aujourd’hui, mon vœu le plus cher est le suivant : si je faisais une mauvaise rencontre, j’espère avoir en moi les ressources suffisantes pour ne pas perdre cette foi en l’Homme. Je prie pour parvenir à garder à l’esprit ces milliers de belles histoires qui m’ont émue à travers la planète.

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Kadia, ma seconde maman, en Mauritanie

Alors, j’explique tout cela, et on me regarde avec de grands yeux avant de passer à la question qui suit généralement.

2) Mais tu vas t’arrêter quand ? ? ?

Comme j’ai décidé de vivre autrement et d’adopter un quotidien qui sort de l’ordinaire – bien que nous soyons de plus en plus nombreux à faire le grand saut – il est souvent difficile de concevoir que l’aventure puisse durer sur le long terme. Là, je repense à tant d’autres aventuriers rencontrés sur la route, et je me dis que si certains tiennent le coup, pourquoi pas moi ?

Si j’ai choisi de tout plaquer et partir loin, ce n’est pas pour arrêter là cette vie trépidante, quitter si tôt cette liberté incroyable, perdre cette excitation quotidienne liée à l’aventure, ou rentrer chez moi, tout simplement. D’ailleurs, quand il m’arrive de passer par Orléans, c’est pour mieux repartir. Et puis, de foyer, je n’en ai plus.

Nous sommes à mon sens trop conditionnés : nous pensons que l’enrichissement personnel n’est possible qu’avec une vie stable, un travail stable, et un logement stable. Pourtant, n’y a-t-il pas de meilleure école de la vie que le voyage ?

Courir le monde de toutes les façons possibles, ce n’est pas seulement la découverte des autres, mais c’est d’abord l’exploration de soi-même, l’excitation de se voir agir et réagir. C’est le signe que l’homme moderne a pris conscience du gâchis qu’il y aurait à rendre passive une vie déjà bien courte.

Xavier Maniguet

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En pleine session d’auto-stop au Laos ! / Crédits @St Marc The Wanderer

3) Mais tu vas faire quoi après ? ? ?

Avant de penser à l’après, je tente de remplir au mieux le présent. Si je parviens à utiliser l’essentiel de mon temps de façon réfléchie et constructive, je n’ai pas d’inquiétude à avoir au sujet du futur. J’ai aujourd’hui adopté un mode de vie plus lent (la slow life), et cela m’épanouit quotidiennement.

Quand l’envie m’en prendra, je pourrai toujours m’arrêter quelque part, retrouver mon ancienne profession de travailleuse sociale, sinon écrire, ou bien encore faire quelque chose de totalement inattendu. En apprenant à vivre avec peu, j’ai vite réalisé que tout irait bien, quoi qu’il en soit. Je pourrais passer ma vie à construire mon après, puis réaliser trop tard que le temps qui m’était imparti venait de s’écouler. Ou écouter mon instinct, tout plaquer et partir loin à jamais en suivant mes rêves et dévorant la vie à pleines dents. J’ai tranché.

Vient ensuite la question incontournable, celle sensée me remettre les deux pieds sur terre, ou glisser adroitement une pointe de jalousie dans la conversation.

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J’ai bien tranché même… Carnaval de São Paulo, Brésil.

4) Mais ça doit te coûter une fortune ? ? ?

Sur ce point, j’explique la réponse suivante. J’ai choisi une façon de voyager alternative. J’utilise beaucoup de techniques pour minimiser les frais et poursuivre l’aventure plus longtemps. Je pourrais m’arrêter et travailler, mais tant que je suis en mesure de satisfaire mes besoins, je n’en ressens ni l’utilité ni l’envie.

J’avais bien sûr économisé lorsque j’avais mon précédent emploi, ce qui me permet de continuer à payer mes visas, ainsi que des transports lorsque je ne suis pas d’humeur à faire de l’auto-stop, une chambre en auberge de jeunesse si je suis fatiguée, et un peu de nourriture quand je n’en trouve pas.

Pourtant, au fil des mois, mes techniques se sont améliorées grâce à l’expérience et aux rencontres que j’ai pu faire. J’ai appris à voyager sans argent, et je suis désormais en mesure de ne plus rien dépenser ou presque.

Enfin, avec un peu de chance, mon blog finira par être dans le top vingt des blogs de voyage français. Je deviendrai alors riche, je découvrirai le luxury travel, et je prendrai ma retraite au soleil. Copacabana, Zakynthos, Waikiki : j’irai n’importe où tant que le nom est cool (le Larzac ça sonne bien aussi).

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En attendant, mon bureau du jour : la plage de Koroni, en Grèce

5) Tout plaquer et partir loin, c’est le pied non ? ? ?

Si j’ai choisi cette vie, c’est qu’elle me convient. Les rencontres, l’aventure et l’inattendu la rendent belle. Comme je le dis souvent, j’ai une chance inouïe de voyager.

Toutefois, ce mode de vie demande des sacrifices importants. Je suis loin de mes proches, et lorsque je rentre quelques temps, je dois courir partout régler des problèmes administratifs ou des soucis médicaux, et voir mon entourage à la chaîne.

Il m’arrive qu’avoir un chez-moi me manque. Je pense d’ailleurs à faire prochainement du pet sitting (m’occuper d’animaux et garder une maison) quelques temps pour rester un peu plus longtemps au même endroit. Je réfléchis aussi à l’achat d’un van, qui me permettrait de me déplacer tout en emportant mon lit douillet avec moi, pourquoi pas d’ici quelques mois.

Pour répondre à la question, oui, j’ai la belle vie. Il m’arrive donc de susciter un peu de jalousie, mais pourtant peu de personnes apprécieraient réellement de vivre cette expérience. Enfin, pour ma part, ma vie, je l’aime, et c’est bien cela qui compte non ?

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Tout plaquer et partir loin, l’appel de la liberté… Photo prise à la Table Mountain, au Cap, en Afrique du Sud

Tout ça pour dire que si vous me rencontrez un jour, si vous souhaitez me poser des questions sur mon mode de vie, ou me demander pourquoi voyager si longtemps, mettez-y s’il de la gaité et de l’optimisme ! Ne me demandez plus si j’ai peur, ou quand vais-je m’arrêter et pour faire quoi.

Demandez-moi plutôt quels sont mes plus beaux souvenirs. Questionnez-moi sur mes plus belles rencontres. Interrogez-moi sur mes prochains rêves à accomplir. Soyez sûr que je ne regrette pas d’avoir fait le choix de tout plaquer et partir loin. Ne cherchez pas à tout comprendre de ma vie, mais laissez-moi l’opportunité de vous transmettre un peu de un peu de cette foi en l’Humanité, de cette confiance dans le monde…

Et pour aller plus loin, je vous invite à retrouver mon écrit vous racontant comment vivre sur la route, ainsi que tous les articles évoquant ma philosophie de vie nomade et l’intégralité de mes récits de voyage !

34 thoughts on “Tout plaquer et partir loin : les questions qui reviennent souvent”

  1. Encore un très grand et beau moment à lire tes récits ! Bonne route Astrid. Continue à nous régaler. Je te souhaite que ça dure le plus longtemps possible et pour le reste, je ne doute pas que ton blog soit classée dans les vingt premiers, mais te sera -t-il possible de vivre une vie de riche amitiés

  2. Je repense à une citation de Confucius que j’aimerais bien avoir en entier:

    « Ils usent leur santé pour gagner des fortunes et puis dépensent des fortunes pour soigner leur santé […]
    Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir et mourront comme s’ils n’avaient jamais vécu. »

    On peut lire peu mais bien ! 😉

    Ma mère m’a dit une des rares fois à la trentaine où j’étais enthousiaste pour bosser(j’ai jamais bossé à 44ans):
    « Oh , mais si tu bosses, tu vas payer des impôts ! »
    Alors oui, la liberté même infinitésimale fait peur à ceux qui se ‘sont trompé de vie’.
    Merci d’exister.

  3. Très joli article. Si cette vie te plaît et que tu y arrives, pourquoi la changer? Mieux vaut être positive, mieux vaut passer pour une hippie que pour une aigrie. 🙂 Profite bien de tes aventures!

    1. Coucou toi! Alors comment tu vas? J’espère que ton périple avance bien 🙂 C’est marrant, Orléans c’est petit : je viens d’apprendre par hasard que ma mère travaille avec ton père!!! J’espère aussi te croiser un de ces jours, et avec grand plaisir 🙂 Bonne route, bises

  4. Bravo pour ton article. Il faut continuer de vivre comme tu le souhaites tant que tu en as la possibilité. Tu nous fais voyager grâce à tes articles. Profite de chaque instant.
    Bonne route.

    1. Haha oui je me retrouve bien dans ton commentaire 🙂

      C’est sûr que dans une société qui prône la peur et le repli sur soi, il est « normal » d’avoir peur. Mais lorsque l’on s’ouvre sur le monde, il est « normal » de souhaiter témoigner de la réalité des choses 🙂 Bonne route à toi!

  5. Le luxury travel, YES !! On monte un collectif, ça me botte vraiment comme angle d’attaque 😉
    Ce qui n’est pas évident au fond, c’est que ta manière de vivre est en gros décalage avec celle de 99 % de gens. Hors, quand les gens posent des questions, ça correspond le plus souvent à où en es tu par rapport à leur conception de ce dont tu as besoin dans la vie pour être bien. Le plus souvent, on n’est pas très à même de se projeter dans la manière de vivre de quelqu’un d’autre en fait, même si on est curieux. Par exemple, je ne vais jamais demander à quelqu’un s’il a acheté un appart ou une voiture, car ce sont deux choses qui me passent par au-dessus de la tête, même si en l’occurrence, c’est un rêve pour la personne en question.
    Ta manière de voyager demande tout de même un engagement que peu de personnes envisagent, y compris parmi celles qui voyagent, donc pas évident de trouver du monde sur la même longueur d’onde, mais c’est aussi ce qui rend la lecture de ton blog bien plus intéressante que le tout-venant parfois un peu fade !
    Bref, ne change rien, quoique, le luxury travel, c’est tentant cette histoire 😉
    Laurent Article récent : Le marché afghan d’IshkashimMy Profile

    1. Salut Laurent,

      Luxury travel : I’m in! 🙂

      C’est certain que ma manière de voyager qui est devenue ma façon de vivre sort de l’ordinaire, d’où cet article. J’ai pas mal d’amis et de connaissances qui me lisent, et c’était aussi pour moi un moyen de prendre le temps de trouver les bons mots pour leur expliquer mon projet et mes motivations. Je pense d’ailleurs que sans ne faire changer d’avis personne, partager mes sentiments et mon expérience permet à de nombreux proches de mieux comprendre mes choix. Et puis, si au passage, cela peut permettre à mes lecteurs de me connaitre un peu plus ou d’échanger sur nos expériences de vie respectives, tant mieux!

      Bon alors, on le réserve quand ce 5 étoiles? Bon retour en France… Hâte de te lire… 🙂

      1. J’ai peine à me remettre d’une nuit dans un 3 étoiles en Chine alors pour le 5, j’vais un peu consulter et me préparer moralement, sinon je crains l’attaque 😉

  6. « T’as pas peur ? Tu vas t’arrêter quand ? Tu fais quoi après ? » .
    Toute ces questions ont pour racine la peur ceux qui la posent cherchent de manière plus ou moins consciente par nos réponses à se rassurer sur leurs propres vies.
    Ce qui explique pourquoi certains se mettent en colère, car cela remet en question le petit monde mental qu’il se sont crée sur ce que devrait être la vie ( problème au passage qui fait souffrir la majorité d’entre nous car au lieu d’accepter la vie telle qu’elle est nous nous battons et souffrons pour qu’elle se conforme à l’idée qu’on a d’elle ce qui est quand on y réfléchis bien absurde et stupide).
    Tu fais quoi après ? J’ai déja eu à plusieurs reprises cette question j’avais répondu:  » Après avoir fais ce que j’aime qu’est ce que je vais faire ? C’est bien ça ta question ? Et bien je vais continuer à faire ce que j’aime « .
    Le  » T’as la belle vie toi !  » m’arrive encore de temps en temps et quand je choisis d’y répondre c’est par effet miroir  » La belle vie ? Par rapport à qui ?
    Un chef d’entreprise ? Un champion de football ? Un jeune étudiant ? Un retraité ? Un moniteur de ski ?  »
    J’ ai dans ma vie eu la chance de cotoyer des estropiés des personnes à qui il manquait un ou plusieurs membres, d’autres étaient gravement malade et n’en avait plus pour longtemps puis d’autres en bonne santé mais ne mangeant qu’un jour sur deux et malgré ça ces êtres humains possédaient une joie de vivre extraordinaire.
    Cette leçon de vie m’a fait comprendre qu’il n’y a pas de belle ou laide vie mais simplement l’interprétation que l’on en fait et c’est cette interprétation qui ajoute de la souffrance psychologique à au pire des cas une douleur physique.
    Ces piques de jalousie montre qu’ on est dans le juste ( je ne suis pas un globe trotter mais j’ ai un mode de vie atypique aussi), nous renvoyons par nos actes leurs propres peurs, nous remettons en cause leurs croyances.
    J’ ai aussi eu la chance ( et pas la malchance pour moi) de faire plusieurs mauvaises rencontres ( où ma vie était en danger) et j’en ai tiré plusieurs enseignements, j’ai pris conscience que si j’étais né dans le corps de ces gens que j’avais eu leurs parents leurs éducations (ou absence d’éducation) que j’avais grandi dans leurs cultures et vécu les mêmes expériences je n’aurai pu agir différement de la manière dont ils ont agi avec moi, cette prise de conscience à fait naître une forme de compassion à l’égard de tout les êtres, je ne dis pas que je suis Jésus, Bouddha, Krishna ou Lao Tseu j’ai toujours un Ego lol mais une certaine maturité « spirituelle » c’est faite en moi.
    J’arrête là mon prêche lol, j’apprécie ton blog et te souhaite de le continuer.
    Aalaykoum salâm.

    1. Salut Peter,

      Tout d’abord, merci pour ce message qui complète parfaitement mon article. Tu as totalement raison (et en plus tu m’as fait marrer : « après avoir fait ce que j’aime, qu’est-ce que je vais faire? »). Si jamais on a l’occasion de se croiser quelque part, ça serait avec plaisir, je suis certaine que tu aurais beaucoup à m’apprendre sur la route, la vie, et la liberté.

      Bon vent sur les routes ou dans la vie, ou ttreq salama pour te répondre en arabe 🙂

  7. le combi et le voyage j’y pense un peu plus chaque jour… ! L’idée fait son chemin, puis ce sera moi 🙂 Ton parcours donne envie. Je découvre tes valeurs et ce mode de vie « freegan ». Merci et bonne continuation comme on dit 🙂

  8. Quand je te lis, je me dis que le monde serait encore meilleur avec plus de personnes comme toi! Une belle personne, avec un beau projet de vie! Continue de suivre tes envies! Et continue d’écrire! Tu es inspirante!

  9. Pour avoir vécu peu de temps la vie que tu mènes, je sais qu’elle ne m’a convenu que temporairement et j’ai du « affronter » les mêmes questions (car il s’agit bien d’affronter la jalousie, les peurs irrationnelles, les qualifications de hippie idéaliste…) Tu n’as sans doute pas besoin de le lire mais je te l’écris quand même : des gens comme toi il en faut, c’est purement GENIAL de vous rencontrer, enrichissant, original et plein de fantaisie.
    Je crois connaitre nos différences pour avoir lu ton blog mais aussi nos similitudes. Le fait que tu aimes ta vie telle quelle est un rare trésor et ça devrait suffire à tout le monde je trouve.
    🙂 Keep going on babe 🙂

    1. Hey 🙂

      Merci pour ce très gentil message de soutien qui me touche beaucoup. Je te répondrai que des lecteurs comme toi il m’en faut, pour trouver le courage de continuer.

      Merci de suivre mon aventure et de me porter à travers le monde. Je te dis à un de ces jours sur la route, le monde est petit! 🙂

      Bises

  10. « Avant de penser à l’après, je tente de remplir au mieux le présent. »
    C’est ce que j’essaye de faire, mais pas toujours facile à mettre en oeuvre !

    Continue à être toi-même 🙂

  11. Tu crois que tu pourrais faire du luxuary travel??? Je n’ai pas l’impression! lol

    Tu as l’air bien là où tu es et comme tu es! Alors continue!

    Bisous bisous

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