URBEX Albanie – Le complexe industriel fantomatique

exploration urbaine d'une friche industrielle en albanie

Mon voyage en Albanie a été marqué par plusieurs sessions URBEX (lire l’URBEX c’est quoi ?) pour le moins impressionnantes, dont celle-ci : la visite du kombinati metalurgjik. La fin de la seconde guerre mondiale a engendré une grosse vague d’industrialisation en Albanie, en bénéficiant de divers appuis : yougoslave jusqu’en 1948, soviétique jusque dans les années soixante, puis chinois jusqu’à la fin des années soixante-dix. Ainsi, en 1962 au cœur de l’Albanie, débuta l’implantation d’un site industriel immense, d’abord avec le soutien de l’URSS, puis dans les années soixante-dix avec l’aide de la Chine.

Dans la région environnante, ce ne sont pas moins de 13 sites industriels issus de la période communiste répertoriés (dans des secteurs divers : acier, bois, conserves de poissons, séchage de tabac, fabrication de briques…), le plus connu étant celui-ci : le complexe métallurgique ou kombinati metalurgjik.

Ce site fut longtemps la fierté de l’ancien dictateur Enver Hoxha, qui en en parlant évoquait une « seconde libération de l’Albanie ». L’ère communiste a permis de développer de nombreuses industries dans des secteurs différents : textile, métallurgie, minière (charbon)… Dans les années quatre-vingt-dix, l’économie de marché arrive, et beaucoup de sites industriels ne survivent pas à la privatisation, n’étant pas adaptés. Toutefois, certains parviennent à s’accommoder et traversent cette période difficile de transition.

On imagine aisément l’impact social de l’effondrement de la production et de la cessation d’activité qu’a connu le kombinati metalurgjik. Aujourd’hui, la seule activité qui persiste est celle générée par les petits ferrailleurs qui marchandent ensuite les matériaux au poids, ainsi que celle de la revente de briques. Les risques encourus par ces hommes ne sont pas négligeables : effondrement des structures en piteux état, chutes, intoxications… Si la valeur historique de ce lieu hors du commun est indéniable, la modification du paysage alentour sera à jamais irréversible. Quel ne fut pas mon effroi en découvrant de près et sur plusieurs kilomètres l’état de la rivière voisine, jonchée de détritus (je vous en parle d’ailleurs plus longuement dans mon récit de voyage en Albanie).

Par le passé, ce complexe métallurgique symbolisait avec fierté une époque où la production fonctionnait à grands pas. Aujourd’hui, il s’agit plus d’un désastre écologique que le gouvernement peine à prendre en charge. Cet héritage industriel historique devrait être valorisé et protégé, et une grande partie des installations pourrait même être revitalisée, mais il n’en est rien par faute de moyens. Récurrent problème des gigantesques sites construits sous l’époque communiste, ensuite laissés à l’abandon (un bel autre exemple : la maison du Parti Communiste bulgare).

Voici, en images, un peu ce qu’il reste du kombinati metalurgjik...

L’émotion me gagne à chaque fois que je me plonge dans ces photos apocalyptiques. Pour information, ce complexe était par ailleurs alimenté par une centrale électrique aujourd’hui abandonnée, située juste à côté.

Avertissement :

Visiter cette friche industrielle représente un danger potentiel. Afin de préserver sa protection face aux pillages et aux dégradations, je ne communiquerai aucune adresse. Merci donc de ne pas me contacter à sujet.

Je n’encourage personne à se rendre sur les lieux, et je dégage toute responsabilité en cas d’incident.

Pour aller plus loin , vous pouvez également lire mes articles sur mon voyage en Albanie et plus généralement dans les Balkans, découvrir ma sélection de livres sur l’URBEX, ou jeter un œil à mes autres sessions d’exploration urbaine !

J’en profite également pour adresser un grand merci à Maryse pour son importante contribution dans nos différentes recherches !

10 thoughts on “URBEX Albanie – Le complexe industriel fantomatique”

  1. Tes photos sont superbes, elles font ressentir plein d’émotions … voilà un endroit que j’aurais aimé découvrir et photographier … mais je vais aussi à présent voir ton article sur la rivière …

  2. photos spectaculaires
    architecture particulière, d’un autre temps et d’un autre lieu
    de l’inédit ! bravo
    bises

    PS: oh là là, Papi est à la bourre … ce n’est pas mon habitude
    2 semaines sans internet à cause des inondations n’arrangent pas les choses !
    et pourtant j’essayais de me convaincre du contraire en répétant:
    ça baigne, ça baigne, ça baigne ………..

      1. Ouais, mais méfie toi des vidéos de YouTube qui souvent transforment une musique qui pourrait se suffire à elle même et touche à des choses de notre être en bande son de cauchemar, trahison par des imbéciles qui ne comprennent rien.

  3. Salut Astrid, tes photos sont très belles et c’est toujours étonnant la dimension mystique qui investit les ruines y compris des sites industriels. Gabriel Yacoub avait l’expression « les cathédrales de l’industrie » et le groupe Dead Can Dance fit visionnairement usage de cette renaissance par l’esthétique, sur la pochette de leur album ‘Spleen and Idéal’ qui avec leur autre album ‘Fatal Impact’ propose à mon sens une belle bande son pour la liturgie de tels endroits. L’hybridation techno et naturel fit aussi le succès du très inspiré et disparu Giger. Bon je te laisse car mon attention est troublé par des chômeurs hyperurbains qui devrait s’hybrider voire s’accoupler avec la Nature et le pouvoir des fleurs. Merci pour ces belles photos dont ma préférée avec les deux minarets et les montagnes derrière. Bise.

  4. Je découvre avec tes belles photos ce que je pouvais imaginer en vue satellite : un méga spot urbex. Merci aussi pour l’historique.

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