Deux semaines en Norvège, budget de départ 0€ : bilan

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Je suis à Malmö en Suède, lorsque l’appel du grand Nord me saisit. Il paraîtrait que plus haut, le soleil ne se couche jamais en cette période estivale. Incroyable non ? Je dois aller voir cela de plus près, pourquoi pas le long des côtes norvégiennes, dont on m’a vanté l’incomparable beauté.

Le coût de la vie est très élevé en Scandinavie, et je n’ai pas envie de dépenser le restant de mes économies si vite. D’autant plus que depuis quelques mois, j’ai en tête d’acheter un van (mais ça, je vous en reparlerai très vite !). Bref, je décide de relever le défi suivant : ne pas retirer d’argent et voyager avec un budget de départ de zéro euro. Dans le pays réputé être le plus cher d’Europe, voici le bilan de ces deux semaines de débrouille.

Oslo :

Premier coup de chance de mon aventure scandinave, une copine doit se rendre à Oslo en voiture depuis la France pour son travail, elle me récupère à Malmö et me conduit jusqu’à la belle capitale norvégienne.

Nous arrivons relativement tard en banlieue d’Oslo, et mon amie me laisse dormir dans sa voiture. Tant mieux, les auberges de jeunesse sont hors de prix ici. Quelques heures de sommeil réparateur plus tard, me voici dans les rues du centre-ville d’Oslo, à me laisser surprendre par son contraste frappant. Tradition et modernité s’entremêlent à merveille, et le nouveau quartier des quais où trône fièrement l’opéra – une structure imposante, toute blanche, qui surplombe une vaste étendue d’eau – n’a rien à envier à la vieille ville et son château, son palais royal et sa cathédrale. Mes premiers pas norvégiens sont donc à la hauteur de mes espérances, et la suite promet d’être riche en découvertes.

Opéra d'Oslo, Norvège
Opéra d’Oslo

J’ai rendez-vous en fin de journée avec Vladimir, un couchsurfer bulgare qui voyage en voiture dans les environs. Le courant passe bien entre nous, et nous décidons sur un coup de tête de parcourir un bout de chemin ensemble.

Nous quittons Oslo à la nuit tombée et prenons la route de Trondheim, ville moyenne située à environ 500km au Nord de la capitale. Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute pour dormir quelques heures, j’ai de la chance, Vladimir a plusieurs tentes et m’offre l’hébergement, certes rustique, mais bien appréciable.

Trondheim :

Nous poursuivons notre route en direction de Trondheim au petit matin. Sur une station service, à l’arrière d’une boutique, nous faisons du glanage alimentaire et trouvons quatre gros sacs de sandwiches en fin de vie : ça sera parfait pour les prochains jours.

Nous arrivons à destination en fin de journée, il fait beau et nous savourons cette chance, le climat étant très aléatoire ces derniers jours. Vladimir connaît un peu les environs et me fait visiter ce nouvel environnement. La ville est traversée par la Nidelva, un joli cours d’eau au long duquel des maisons sur pilotis colorent le paysage. Le port de plaisance est également une belle surprise, l’atmosphère y est détendue et les vacanciers sont souriants.

Trondheim, Norvège, maisons colorées sur pilotis
Trondheim, maisons sur pilotis

Je me suis engagée auprès de Vladimir à payer la moitié des frais de carburant (d’Oslo à Bodø, 1200km environ, voiture roulant au GPL). Il me faut donc trouver de quoi tenir parole.

La bonne nouvelle, c’est que je voyage désormais avec un accordéon diatonique. Je tente donc ma chance dans la Nordre gate (la rue principale). Pari gagné, je finance mon transport en l’espace de quelques heures, et je rencontre par la même occasion quelques personnages hauts en couleur.

Vladimir est également musicien, il pratique le hang drum, une percussion métallique au son particulier, très agréable à écouter. En jouant dans le centre-ville, il fait la connaissance de Gisle, un guitariste à la voix extraordinaire. De fil en aiguille, ce dernier nous accueille deux nuits dans sa colocation, et nous reçoit comme des rois. Il invite par la même occasion deux voyageurs norvégiens, qui rentrent tout juste d’un trek de plusieurs semaines. Nous passons des heures à échanger sur nos expériences de voyages et de vies respectives, sans voir le temps passer.

Nous quittons Trondheim en emportant de beaux souvenirs dans nos bagages, heureux d’y avoir fait de si belles rencontres.

Bodø :

Nous roulons deux jours sur une route magnifique, qui longe la côte et ses nombreux fjords. Au fil des kilomètres, la Norvège monte en flèche dans la liste des quelques pays pour lesquels j’ai eu un gros coup de cœur. Par ailleurs, il est tout à fait légal et facile de pratiquer le camping sauvage. Un peu partout, comme des champignons, poussent toutes sortes de tentes aux couleurs vives, qui tranchent avec la grisaille de ces journées pluvieuses.

Nous franchissons le cercle polaire arctique. Je ne suis jamais montée si haut vers le Nord, et c’est toute excitée que je remplace à la va-vite ma paire de tongs, contre des baskets : je commence à voyager dans le grand froid !

Cercle polaire arctique, Norvège
Passage du cercle polaire arctique

La neige de l’hiver passé recouvre toujours certains pans du paysage, c’est à se demander à quoi doit ressembler un mois un janvier en Norvège.

Bodø nous ouvre enfin ses portes après ce long voyage. Nous faisons un petit détour à l’arrière d’un supermarché, et nous trouvons sans difficulté de quoi nous ravitailler pour quelques jours de plus. Nous établissons ensuite notre campement sur une plage à la sortie de la ville, et devenons les rois du monde, le temps d’une soirée.

Les célèbres îles Lofoten ne sont plus qu’à une distance de quatre heures de ferry, mais peu de camions se présentent à l’embarquement : difficile pour moi d’effectuer la traversée en stop. Tant pis, j’ai un peu de temps devant moi : je passe au plan B. Je fais chanter mon accordéon jusqu’à ce que je récolte de quoi m’offrir le trajet aller-retour (environ 50€). Après quelques demi-journées de valses, mazurkas et sourires, je peux embarquer à mon tour vers ce petit coin de paradis caché. Vladimir me prête une tente que je lui déposerai à mon retour sur le continent : mon séjour sur les îles s’annonce pour le mieux.

Ferry Bodo - Moskenes, Norvège
Ferry Bodø  – Moskenes

Les îles Lofoten :

À peine montée à bord du ferry, je rencontre par hasard Baldrian, un jeune danois qui se rend au même endroit que moi, avec qui je sympathise très rapidement. De fil en aiguille, nous décidons de passer quelques jours ensemble. Nous accostons à Moskenes, et marchons jusqu’au village d’Å (prononcer « O »). En chemin, nous trouvons de quoi manger à l’arrière d’une épicerie : la Norvège est définitivement un paradis pour dumpster-divers. Nous plantons ensuite nos tentes sous une pluie torrentielle, qui sur le coup me fait brièvement regretter le soleil de ma récente visite de Malmö.

Le lendemain matin, le temps est plus clément et nous décidons de visiter les environs. Nous traversons Reine et le lieu nous enchante immédiatement : nous y resterons donc plus longtemps que prévu. Tout autour de nos tentes, les montagnes font corps avec la mer, et c’est non sans émerveillement que nous passons des heures à contempler cette perfection presque surnaturelle.

Paysage Reine, Lofoten, Norvège
Paysage vers Reine, dans les Lofoten

Après quelques jours de pluie aux rares éclaircies, il est temps pour moi de redescendre un peu plus au Sud, le soleil me manque, nous sommes tout de même censés être en été ! Mon amie peut toujours m’accueillir à Malmö, au Sud de la Suède, je reprends donc le chemin inverse.

Le retour vers le Sud :

Il y a quelques temps, j’avais écrit un article sur les chauffeurs routiers, intitulé ces géants du bitume qui vous veulent du bien. Une fois de plus, mes aprioris désormais positifs sur ce métier se confirment largement. Je rentre en stop vers le Sud, et j’ai la chance de rencontrer Gunnar, un norvégien pure souche, qui livre du saumon. Cliché, quand tu nous tiens…

Gunnar n’est pas un juste un routier qui accepte de me prendre en auto-stop, non, c’est bien plus que cela. Gunnar m’invite littéralement à séjourner dans son véhicule durant deux jours et deux nuits : sa maison, c’est la route, et en parfait maître des lieux il me gâte du matin au soir. Il se rend à Oslo, je ne pouvais avoir plus de chance. Comme deux moulins à paroles qui ne tarissent jamais, nos sujets de conversations deviennent de plus en plus profonds, et quarante-huit heures plus tard, c’est à un véritable ami que j’adresse mes adieux et mes remerciements.

Encore quelques heures de stop et me voici de retour en Suède, des souvenirs plein les yeux, et des rencontres plein le cœur. Tout cela avec un budget de départ de zéro euro : pari tenu, et je dois souligner que la Norvège se prête très bien à ce type de voyage alternatif.

Camping sauvage, Lofoten, Norvège
Camping sauvage dans les îles Lofoten

Je n’ai désormais plus qu’une idée en tête : y retourner à l’automne, et voir pour la première fois ces aurores boréales qui me font rêver depuis si longtemps. Affaire à suivre donc !

Pour ceux qui souhaitent tenter ce type de voyage alternatif, vous pouvez lire mon article expliquant comment voyager sans argent, et survivre dans la jungle urbaine.

Enfin, un an plus tard, me voici de nouveau sur les routes norvégiennes, pour une nouvelle aventure. N’hésitez pas à jeter un œil au carnet de voyage de ce road trip en Norvège, en van cette fois !

25 thoughts on “Deux semaines en Norvège, budget de départ 0€ : bilan”

  1. Salut Astrid! Je pars en Norvège prochainement pour y découvrir ses merveilles naturelles et vivre au coeur de la nature (camping sauvage en van, randos ….) Avec un tout petit budget ! Et j’aimerai pratiquer le freeganisme là bas.. pourrais-tu me donner plus de précisions sur les magasins les plus accessibles, fructueux ? Les boulangeries sont elles accueillantes/généreuses quand tu leur demandais des invendus? Si tu as d’autres bons plans, bons spots pour trouver de la nourriture en Norvège ? Nous comptons un peu sur la pêche aussi …
    Merci à toi pour tes retours d’expérience bien inspirants !
    Laura

  2. J’avais comme beaucoup fini par croire qu’on pouvait rien faire sans un max de thune !
    Dans un pays cher tu ne vas pas faire un retrait au distrib’ tu vas là où on a planqué le trésor destiné au petit Peuple soit la poubelle, la più bella! Tu transformes aussi les citrouilles en carrosses? Encore une Fée sur mon parcours!…

  3. Merci de nous avoir fait partager ton expérience, cela montre qu’on peut s’en sortir avec quasi rien si on fait les bonnes rencontres 🙂
    Je suis admirative, sérieusement, tu deviens mon modèle! J’aimerais tellement arriver à ton niveau d’indépendance et être aussi libre que toi par rapport à l’argent!
    J’ai commencé par le stop, ensuite le wwoofing, et je compte bien enchaîner prochainement avec le dumpster-diving en Nouvelle-Zélande. Je me lance un défi: utiliser le moins d’argent possible en NZ pour faire le plus de rencontres. J’espère que cela se passera aussi bien que tes expériences ^^

    1. Re 🙂 Tu sais, j’ai appris avec le temps, je ne me suis ps lancée d’un coup (d’ailleurs, certains le font, et respect!). Et je ne voyage pas toujours sans argent, j’en dépense de temps en temps, comme la plupart des gens. J’ai un van depuis août, j’en dépense bien plus maintenant du coup… L’important n’est peut-être pas de calculer combien on dépense au final, mais de savoir si on a mis un peu du sens derrière tout cela. Un vaste sujet à creuser… Dans tous les cas, je te souhaite une merveilleuse aventure en NZ! 🙂

  4. ça fait un bout de temps que je n’ai plus pris le temps de te lire… Je vois que j’ai raté bien des aventures!
    Le grand nord m’a toujours attiré (alors que je déteste avoir froid), ses grands espaces, sa nature sauvage qui donne des paysages absolument merveilleux, la couleur des maisons qui doit bien contrasté en hiver sous la neige… Tout est là pour passer un séjour exceptionnel!
    Je te souhaite de pouvoir y remonter pour observer les aurores boréales et pourquoi pas pour plonger dans une de leurs sources naturelles d’eau chaude en pleine nature?
    Valérie@EnvieVoyages Article récent : Auschwitz-Birkenau : un devoir de souvenirMy Profile

  5. je suis heureux de constater que tes préjugés sur le « grand nord » sont maintenant
    effacés … moi aussi j’ai eu le grand choc en Norvège
    bon courage pour le remake hivernal
    bisous

    1. Coucou! Oui tout à fait, sans les rencontres, voyager n’aurait pas la même saveur… Je ne connaissais pas non plus la Norvège, c’était une grande première pour moi, et ce fut une belle découverte! Bon(s) voyage(s) à toi! 🙂

  6. Oups, bug?
    Je disais que ça fait bien longtemps sans laisser de petit mot ici, bien que je lise toujours tout ce que tu écris, tu m’as fait découvrir tant de choses!
    C’est chouette que tu aies réussi à voyager en Norvège sans rien dépenser, chapeau. Et j’adore l’accordéon :).
    J’espère que tu profites davantage du soleil maintenant, bonne suite de voyage!

    1. Coucou toi! Merci pour tes gentils mots! Je profite actuellement du soleil car je suis rentrée en France pour deux semaines, j’essaie d’acheter un van pour continuer mon voyage un peu différemment. Je vous raconterai tout très vite dans un prochain article… Bonnes vacances à toi 🙂

  7. Voilà bien longtemps que je n’ai laissé de petit mot ici! Il est temps d’y remédier 🙂
    Je suis impressionnée de voir que tu es arrivée à faire un beau tour en Scandinavie sans rien dépenser!! Et j’ignorais que tu savais jouer de l’accordéon (j’adore).
    J’espère que tu as davantage de soleil maintenant :). Bonnes aventures, et à bientôt en commentaires 😉

  8. Quelle magnifique aventure ! Très inspirante, bravo pour ton aura, ta positive attitude 🙂
    Que de belles rencontres !
    Tu dois surement connaitre « Nus et Culottés 🙂
    bisous
    Schuldi

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