Route des Hommes, ou mes premiers pas en Chine dans le Guangxi

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Je rêve de voyager en Chine depuis des années. J’avais eu la chance de visiter Shanghai il y a trois ans, j’avais goûté aux douces saveurs de l’hospitalité chinoise, mais j’étais loin de m’être plongée au cœur de ce pays légendaire. C’est dans le Guangxi que José et moi effectuons nos premiers pas dans l’Empire du Milieu, de la frontière vietnamienne aux portes du Yunnan. Une étape cruciale de mon tour du monde, une aventure touchante, magique et détonante, sur cette route des Hommes qui n’aura cessé de nous réchauffer…

Ping Xiang, premières heures en Chine :

Arrivés tout droit du Vietnam, nous passons la frontière chinoise de nuit et devons montrer patte blanche. Après quelques inévitables moments d’hésitation, les douaniers nous laissent entrer dans le Guangxi. Ça y est, nous sommes en Chine ! Dans la minute qui suit, nous rencontrons Fong qui ne nous laisse pas le choix : nous devons le suivre jusqu’à Ping Xiang, où il habite. Même plus besoin de faire du stop ! Nous fonçons ainsi déposer nos baluchons dans son petit appartement, et repartons immédiatement nous promener.

Avec Fong, qui nous apprend les règles d’or de l’hospitalité chinoise…

Fong est une vraie pile électrique, nous courons derrière lui sourires béats et souffles haletants. Il nous invite au restaurant où nous savourons d’énormes portions de nouilles sautées. Nous nous rendons ensuite chez sa mère récupérer son deux-roues, et avalons quelques bananes et brioches si toutefois nous avions encore faim. Nous terminons ensuite la soirée chez son ex-femme à grignoter des cacahuètes et à descendre quelques bières en visionnant Forest Gump, avant de nous affaler sur la paillasse qu’il nous cède pour la nuit. Sans avoir eu le temps de le réaliser, nous vivons notre première expérience d’hospitalité chinoise, qui sera loin d’être la dernière dans ce merveilleux Guangxi.

Le lendemain, ne comprenant pas notre souhait de quitter la ville en auto-stop, Fong nous dépose à la gare ferroviaire, où nous faisons semblant d’acheter deux tickets de train. Nous quittons ensuite notre compagnon d’un soir qui nous aura marqué par sa spontanéité, sa générosité et son humour décalé. S’en suit une longue marche ensoleillée, afin de rejoindre l’autoroute menant à la plus grande ville du Guangxi. Le trajet s’avèrera être d’une facilité déconcertante, en une paire d’heures nous gagnons Nanning, et ce d’une traite !

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Opération tourisme dans le Guangxi lancée !

Nanning, capitale du Guangxi :

À Nanning, nous avons un vaste programme. En effet, lors de notre dernière étape vietnamienne, un couple de jeunes voyageurs nous avait proposé de rapporter en France une partie de nos affaires (un grand merci à eux ainsi qu’à mon frère qui a réceptionné le colis). Nous avions sauté sur l’occasion pour voyager léger, nous libérant des hamacs et des moustiquaires, ainsi que de quelques vêtements trop encombrants. Désormais nus comme deux vers (ou presque), nous attendions impatiemment notre halte dans la capitale du Guangxi pour nous équiper de nouveau.

Il nous aura fallu pas moins de dix-neuf kilomètres de marche pour trouver notre aiguille dans cette immense botte de foin : un Décathlon, un vrai de vrai ! Lestés d’une tente, d’une paire de duvets et de deux tapis de sol, nous sommes heureux de pouvoir poursuivre notre aventure dans des conditions plus confortables (les hamacs étaient parfaits pour l’Asie du Sud-Est, mais nous commencions à avoir froid au fur et à mesure que nous montions vers le Nord).

Nous passons le reste de notre séjour à Nanning à boire du thé avec notre voisin de palier, qui ne se remet visiblement pas de notre rencontre (il nous réveille tous les matins pour nous apporter des boissons fraîches, et tarde le soir à regagner sa chambre après avoir enfumé la nôtre). Notre jeune ami, pourtant loin d’être bilingue, nous aura fait vivre d’excellents moments et nous n’oublierons pas sa bonne humeur ni sa camaraderie. Par ailleurs, j’essaie actuellement de voyager végétarien. Un challenge qui se révèle compliqué ici, et qui occupe par conséquent une grande partie de mon temps.

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Interminable marche à la recherche d’un magasin de sport…

Pantao et l’hospitalité chinoise :

Nous comptons rejoindre Kunming assez rapidement, car nous sommes sous la contrainte d’un visa chinois d’un mois (que nous souhaitons renouveler à Chengdu). Voyageant le pouce en l’air, et étant une auto-stoppeuse aguerrie, je sais que nous serons toutefois confrontés aux imprévus. Nous voulons pourtant avaler le plus vite possible près de mille kilomètres, afin de quitter le Guangxi et de rejoindre Kunming. Nos premières vingt-quatre heures sont poussiéreuses, brûlantes et surtout incroyablement lentes. Nous effectuons tout au plus quelques dizaines de bornes, et passons notre première nuit sous tente dans une banlieue miteuse, et sous une nuée infernale de moustiques. Je râle comme jamais, José relativise péniblement, chacun son style ! Nous suons à boire sans soif plusieurs litres d’eau, et devons même essorer notre couchage à notre réveil : le genre de bivouac qu’on est heureux de fuir en courant dès le petit matin.

Mieux vaut dormir dans un lit inconfortable, que dans le lit confortable d’une prison, de quelque ordre qu’elle soit.

Jack Kerouac, Les clochards célestes

Notre seconde journée de road trip se révèle être tout aussi interminable, mais nous passons cette fois une soirée exceptionnelle à Pantao, où nous comprenons que l’hospitalité chinoise est loin de n’être qu’une simple théorie. Rencontré près d’un lac où nous souhaitions planter notre tente, un homme nous fait signe de le suivre. Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons attablés au milieu d’une quinzaine de personnes. Ça fume, ça boit et surtout ça mange. Nous sommes repus après avoir été gâtés comme des princes : que des mets de luxe, sans bien comprendre la raison de ces festivités.

L’homme nous reconduit ensuite auprès de l’étendue d’eau, et nous souhaite bonne nuit. On dirait que c’est cela, l’accueil chinois : offrir le meilleur à l’hôte que l’on reçoit, puis le laisser repartir comme si de rien n’était. José et moi, émus, aurions souhaité exprimer au mieux toute notre reconnaissance à nos bienfaiteurs d’un soir, mais nous avons vite compris qu’ici les hommes sont modestes et ne partagent pas leur pain dans le but d’en être remerciés. Spontanéité, bienveillance et humilité, voici comment résumer l’hospitalité chinoise.

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Nous plantons la tente au beau milieu des chevaux

Il y a encore quelques jours, nous allions grignoter un encas au restaurant. La serveuse a insisté pour nous offrir la moitié du repas, une délicieuse soupe au tofu, sans d’autre raison que celle de nous faire plaisir. La Chine : l’Empire de la mansuétude.

Longlin, route des Hommes :

Nous continuons d’avancer laborieusement vers Kunming, tentant à maintes reprises de grimper sur l’autoroute voisine qui se joue de nous. En effet, cette dernière, maudite, nous rabroue sans cesse. Après mille essais infructueux, nous abandonnons l’idée et cheminons lentement sur les hauteurs de la petite nationale grâce à un adorable chauffeur routier. Entre deux selfies dont les chinois semblent raffoler (nous sommes littéralement mitraillés par les objectifs, dissimulés ou non), nous gagnons finalement un peu de terrain. En fin de journée, nous avons la chance de faire la connaissance d’un heureux trentenaire et de sa bande de drôles de dames.

Monsieur Shui, c’est la rencontre providentielle que chacun aimerait faire un jour. Sans nous avoir permis d’effectuer beaucoup de kilomètres, il nous aura toutefois emmenés très loin : sur la route des Hommes, sur ce noble chemin où certains anges gardiens savent se surpasser pour accueillir leur prochain, prouvant si besoin est que l’être humain est bon. Monsieur Shui est l’un de ces hommes, et je garderai toujours en exemple l’hospitalité hors pair qu’il nous a offerte.

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En compagnie de Monsieur Shui et d’une amie à lui

Quelques minutes après notre rencontre, nous buvons un thé servi dans les règles de l’art, dans son nouveau bureau de géomètre à peine fonctionnel. Soigneusement, il remplit et remplit encore nos minuscules tasses de porcelaine. Observer cet individu imposant manier avec tant de précaution cette fragile dinette lève le voile. Monsieur Shui est un homme délicat, porteur de principes, et pour rien au monde il ne dérogerait à sa règle première : accueillir son prochain comme il se doit.

Nous lui annonçons que nous souhaitons camper, il nous conduit alors dans un parc surplombant la ville après nous avoir pourvus de vivres suffisantes pour tenir un siège. Il nous dépose ainsi, nous laissant affronter seuls ce pique-nique gargantuesque.

Une heure plus tard, le tonnerre déchire le ciel, des trombes d’eau fracassent le sol. Monsieur Shui réapparaît alors une pile de desserts sucrés à la main. Craignant pour notre sécurité – des gangsters en culottes courtes rôdent dans les parages – il nous rapatrie sans que nous ne puissions mot dire chez l’un de ses collègues, où nous passons finalement la nuit : le rêve de l’auto-stoppeur, non ? Au petit matin, il nous fait la surprise de nous conduire petit-déjeuner en bonne et due forme, de délicieuses crêpes de riz fourrées.

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Nous avons même droit à une double ration !

Nous visitons ensuite les vallons environnants en voiture, puis l’une de ses amies rencontrée la veille nous invite à déjeuner. Nous acceptons de partager le repas à l’unique condition que nous payions l’addition, naïfs étrangers que nous sommes. Depuis que nous sommes dans le Guangxi, nous ne sommes jamais parvenus à inviter un convive à manger, de quoi nous rappeler nos récentes aventures en auto-stop au Myanmar ! Les Chinois semblent mettre un point d’honneur à régler la note, quelle que soit la stratégie que nous déployons.

Nous voici pris entre les griffes de nos adorables amis, et ces deux complices n’y vont pas de main morte avec nos estomacs. Installés autour d’une immense table ronde, nous ne comptons plus les plats : nouilles au tofu, légumes verts, porc sauté, sang de mouton aux cacahuètes, soupe… Nous ne savons même plus dans quelle direction agiter nos baguettes.

Monsieur Shui refuse de nous laisser partir aujourd’hui et nous convie, pieds et poings liés (mais souriants), à une longue promenade digestive. Nous passons ainsi un après-midi formidable, à visiter des villages encore habités par la minorité Miao (ou Hmong), puis à déambuler dans une vaste plaine fertile, entre vaches et chevaux. Sur le retour, on nous offre des épis de maïs grillés et encore chauds, que nous croquons à pleines dents.

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Au cœur de la plaine : nos sourires ne mentent pas !

Bien évidemment, notre dernière soirée à Longlin est plus festive que jamais. Avec Monsieur Shui et son groupe d’amies, nous dînons fastueusement dans l’un des meilleurs restaurants que compte la cité. Tout refus est vain et nous nous inclinons : ce soir, nous goûtons décontenancés l’un de nos meilleurs repas chinois. Sous la table en terre cuite, un feu scintille et la poêle apposée au-dessus fait crépiter son huile. Les fumets réveillent nos papilles, et nous dévorons malgré l’absence de faim un savoureux poulet aux légumes, accompagné de galettes de maïs. Nous sommes hébergés une nuit supplémentaire, et nous nous sentons plus que jamais reconnaissants.

Après une nuit paisible, nous décidons qu’il est temps pour nous de faire nos sacs à dos et de poursuivre notre chemin un peu plus loin. Nos amis souhaitent pourtant nous voir rester plus longuement, mais nous refusons à contre-cœur de jouer les prolongations. Nous nous attablons une dernière fois autour d’un petit-déjeuner copieux et épicé, et remerciant le ciel de nous avoir mené sur cette suave route des Hommes nous adressons nos adieux à Monsieur Shui. Ce dernier, de peur que nous ne mourrions de faim après l’avoir quitté, nous charge discrètement d’un gros sachet de poulet frit que nous sommes sommés d’emporter. Les larmes me montent aux yeux aussi vite qu’un grand sourire illumine mon visage : face à tant de générosité, je ne sais si je dois rire ou pleurer. Une dernière accolade fraternelle et nous tournons les talons sans plus tarder, des souvenirs magiques plein la tête.

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Sur cette route des Hommes, nous avons eu le privilège de rencontrer une famille de la minorité Miao

Kunming, notre entrée dans le Yunnan :

Ultime ligne droite avant Kunming, et nous frôlons l’indigestion. Le stop fonctionne très mal, et nous avons pris un peu de retard : à ce rythme, nous n’atteindrons jamais Chengdu avant expiration de notre visa. Nous décidons d’avancer le plus loin possible tant que le soleil nous le permet, puis montons dans un bus à la nuit tombée afin d’effectuer les cent kilomètres restants. Ainsi, nous parvenons enfin à emprunter cette fameuse autoroute et à quitter le Guangxi. Nous y restons d’ailleurs plus longtemps que prévu puisqu’un immense embouteillage nous bloque de longues heures au milieu des voies.

Vers minuit, Kunming nous ouvre ses portes, du moins celles de sa périphérie. Éreintés, nous jetons la tente sur un sommier abandonné qui termine ses vieux jours près d’un bois, avant de nous affaler sur ce matelas inopiné. Nous passons les deux nuits suivantes en auberge de jeunesse pour quelques euros, et en profitons pour nettoyer notre paquetage, nous reposer un peu, faire une session URBEX totalement loupée et tout de même visiter un peu la ville.

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Visite du marché aux fleurs de Kunming

Pour conclure cet article, j’écrirai les mots suivants. Toutes les personnes citées ci-dessus ne liront probablement jamais ces quelques lignes, pourtant, j’ai aujourd’hui une pensée particulière à leur égard, un mélange de reconnaissance, d’affection, mais également d’admiration pour l’immense bonheur qu’ils seront parvenus à nous transmettre. L’hospitalité chinoise revêt désormais dans mon souvenir une allure de mythe, que nous aurons touché du doigt grâce à ces anges d’un jour rencontrés sur la route des Hommes…

J’adresse également un grand merci à Clément N. pour son aide logistique irréprochable tout au long de notre parcours, sa disponibilité ainsi que ses bons conseils, et je souhaite la bienvenue au tout petit dernier de sa famille !

Après le Guangxi et depuis Kunming, notre aventure se poursuivra à travers le Yunnan puis le Sichuan, mais ça, je vous le raconterai plus tard (voici chose faite dans l’article suivant : courte parenthèse d’auto-stop en Chine : carnet de route et conseils).

Je vous invite par ailleurs à (re)découvrir mes autres récits de voyage, mes plus belles photos de la Route de la Soie chinoise, ainsi qu’une drôle de session URBEX en Chine et la suite de notre périple le long de la Route de la Soie


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8 thoughts on “Route des Hommes, ou mes premiers pas en Chine dans le Guangxi”

  1. J’ai eu tellement de plaisir à lire cet article, merci de nous l’avoir partagé. En tout cas, j’avoue que ça me donne tellement envie de m’aventurer quelques parts, mais c’est un peu dommage que j’ai pas trop de temps, mais juste pendant la période de vacance. J’espère que tu as pu découvrir la Cascade de Detian, même si c’est un peu loin de Nanning.
    Toujours au plaisir de lire les prochains articles, à très bientôt

    1. Bonjour Nathalie, merci pour ton message c’est gentil à toi de m’écrire ! J’ai loupé les cascades que tu mentionnes, dommage !!! Mais la Chine est tellement grande que j’ai loupé énormément de choses de toutes façons, il me faudra donc revenir un jour… Je te souhaite de voyager également, peu importe où, et même sur une courte période ça serait déjà une grande chance et une belle aventure, pas besoin de partir longtemps ni très loin de chez soi pour ça. Bon vent à toi, et encore merci pour tes mots qui m’ont fait très plaisir à lire 🙂

  2. Je suis impressionnée par ce récit ! Très touchant, et bien loin des 18h un peu difficiles que j’ai passées en Chine (en escale). Finalement je suis contente de voir que ma mauvaise impression n’est qu’une … mauvaise impression ! Ca arrive 🙂 Encore une belle aventure !

    1. Salut Stéphanie ! Désolée de lire que tu as eu une mauvaise impression lors de ton passage en Chine. C’est vrai que 18h, c’est juste pour avoir le temps de creuser un peu. J’avais passé quelques jours à Shanghai il y a trois ans, j’avais été hébergée par un couple d’amis, et même si j’avais passé un super moment avec eux j’avais regretté de ne pas pouvoir consacrer plus de temps à cet immense Empire ! C’est désormais chose faite, et je te souhaite d’avoir un jour l’occasion d’y retourner, je suis certaine que tu pourras y vivre de beaux moments également… D’ici là, bonne continuation à toi 🙂

  3. Merci Astrid alias Astéroïde en orbite, pour ce bel article et ton pèlerinage sans fin. J’hallucine à chaqie fois sur ta liberté, littéralement tu (t’en)voles là où les trois bricoles que je possède suffisent m’enchaîner.
    Les étrangers et immigrés qui débarquent en région parisienne doivent etre incrédules face à notre sens de l’inhospitalite ! Dans la première moitié de ma vie mon éducation blanche catho nantie m’a enseigné comme le fait l’école et les principaux médias, qu’en dehors de l’Occident, que dans ma jeunesse on appelait encore »la Civilisation », c’était tous des barbares et des superstitieux. La deuxième moitié de ma vie je la passe à me rendre compte que ce sont les cowboys les barbares stupides et non les Indiens. Danse Avec Les Loups a été une premiere borne sur mon chemin existentiel, quant à toi avec tes récits, tu nous prends en stop.

    J‹ai trouvé comment grossir le texte sur mon smartphone et peux à nouveau te lire de manière confortable. Les examens pour ma vue suivent leur cours. A bientôt, bise.

    1. Salut Antoine ! Merci pour ton message qui ouvre à la réflexion. J’espère que tu vas bien, et suis contente que tu puisses à nouveau suivre mes aventures et plus généralement naviguer confortablement sur le net ! Je te souhaite une bonne continuation, prends soin de toi 🙂

  4. quel accueil pour tes premiers pas en chine !
    en effet, c’est tout un mythe ce pays…
    je te souhaite autant de bonheur tout au long de ton parcours
    bonne continuation

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