Mon Pékin Express : un road trip de 10000km en Amérique du Sud #Part I

auto-stoppeur chili

Je n’avais pas prévu de venir en Amérique du Sud, mais José, un ami avec qui j’ai déjà voyagé les années passées, m’invite à rejoindre son périple quelques semaines. Je poursuis donc mon aventure au soleil, après quelques semaines passée dans le grand froid québécois. Je n’ai malheureusement pas énormément de temps à consacrer à cette étape de mon tour du monde, toutefois nous prévoyons de voyager en auto-stop au Chili et en Argentine même si nous n’excluons pas de prendre le bus pour si besoin rattraper tout retard. Voici le récit de nos aventures sud-américaines, tout un programme !

Premiers pas en Amérique du Sud : São Paulo – Curitiba – Foz Do Iguaçu

Le Brésil accueille nos premiers pas en Amérique du sud. Rien à voir avec l’ambiance que l’on trouve sur les cartes postales : nous avons choisi de faire du Couchsurfing et passons l’essentiel de notre temps à discuter avec nos nouveaux amis, Gilson à São Paulo, puis Luciane et Geison à Curitiba.

Nous parcourons nos mille premiers kilomètres en bus à travers les états de São Paulo et du Parana, pour rejoindre Iguaçu et sa beauté incommensurable. Nous prenons peu à peu la mesure de l’envergure de notre projet : rejoindre Ushuaïa en stop. Un objectif ambitieux, mais qui nous semble encore parfaitement réalisable, en cinq semaines.

Sous le charme de ce nom qui nous laisse rêveurs, nous savourons chaque étape, qui nous rapproche un peu plus de cette ville du bout du monde…

chutes d'Iguaçu brésil
En admiration face aux chutes d’Iguaçu

Courte escale au Paraguay :

Étant tout proches de la frontière paraguayenne, nous décidons d’aller visiter le barrage d’Itaipu, connu pour avoir la plus grosse capacité de production d’énergie au monde. L’entrée est gratuite, ce qui nous motive d’autant plus. La visite est reposante et intéressante.

En quittant les lieux, José et moi rencontrons quelques jeunes partant visiter un musée et un zoo au sein du même complexe, là encore gratuitement. Nous les suivons donc et profitons de la promenade en leur compagnie.

Si vous vous rendez dans cette région, sachez que la visite du barrage et du musée de la culture Guarani valent le détour. Le zoo un peu moins, tout d’abord parce que la vue de centaines d’animaux en cages n’est jamais très plaisante, mais également car la visite se fait en file indienne, sous les coups de sifflet de la guide qui surveille toute dérogation à la règle !

Dans la soirée, nous regagnons Iguaçu en auto-stop, après cette escale paraguayenne, ludique mais trop brève.

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Rien ne vaut une noix de coco bien fraîche pour se remettre de nos aventures !

Un trajet imprévu : Foz Do Iguaçu – Santiago

À Foz Do Iguaçu, nous dormons en auberge de jeunesse pour la première fois depuis le début de notre voyage. José rencontre Camilo, un jeune chilien qui rentre demain chez lui, à Santiago, et avec qui il sympathise. Nous prévoyons toujours de faire du stop jusqu’à Ushuaïa, et lui demandons s’il peut nous déposer un peu plus au sud, ce qu’il accepte avec plaisir. Quelques verres plus tard, il est désormais question de l’accompagner au Chili… Let’s go !

De nouveau la liberté, mais ce n’est qu’une sensation ; la liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir – et de m’engager dans – ce qui me convient le mieux.

Tiré de Le Zahir, un livre de Paolo Coelho

Première vraie grande étape de notre road trip : 2500 km à travers l’Argentine, que nous traversons d’Est en Ouest. Camilo revient de neuf mois de voyage, ses cheveux sont désormais longs et flottent dans le vent lorsque la fenêtre laisse passer un filet d’air. Son surf est solidement accroché sur le toit de sa vieille Honda qui affiche plus de 200.000 km au compteur. Le poste radio est allumé de jour comme de nuit afin de laisser l’ambiance au beau fixe.

La route est magnifique du début à la fin du trajet. Nous roulons en continu, j’ai pensé à prendre mon permis international, ce qui nous permet de nous relayer pour conduire. Camilo aurait toutefois pu m’indiquer la route et la signification de certains panneaux avant de sombrer dans les bras de Morphée. Au volant donc, j’essaie de décrypter la signalisation routière, tout en évitant les chevaux qui traversent l’autoroute comme si de rien n’était. José quant à lui est un copilote de choc.

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Coucher de soleil sur la route argentine

Nous roulons 48h, et nous arrêtons seulement quelques heures dans une station service pour nous détendre les jambes. Les duvets par terre sur le bitume, nous nous accordons un peu de répit. Le bivouac de l’auto-stoppeur par excellence. La rosée matinale nous réveille, ou peut-être est-ce la tondeuse à gazon qui vrombit à quelques mètres ?

Nous poursuivons, et avalons les kilomètres à une vitesse folle. La route est droite. Incroyablement droite. Les paysages ne changent qu’une fois arrivés à la frontière chilienne que nous franchissons de nuit, en pleine Cordillère des Andes. Les gardes-frontières nous annoncent que les français ont besoin d’un visa pour entrer. On leur répond que non avec certitude, ils apposent alors leur tampon d’entrée sur nos passeports sans insister plus. Parfois, il ne faut pas chercher à comprendre…

La route est de plus en plus sinueuse. Je m’endors, bercée par les aléas de la montagne. Les garçons me réveillent, nous sommes arrivés à Santiago ! Il est 4h du matin et Camilo nous propose gentiment de nous héberger pour la nuit. À peine arrivés, nous nous écroulons sur nos matelas.

road trip au Chili
Camilo change une roue, après avoir crevé en cours de route…

Nos débuts d’auto-stop au Chili : Santiago – Talca

À Santiago, nous restons quelques jours, afin de nous reposer et de visiter la ville (je vous laisse découvrir mes photos du Chili). Roberto, un couchsurfer, nous accueille chez lui pour nos deux dernières nuits. Nous avons toujours l’objectif d’atteindre le sud de la Patagonie en stop.

Il nous faut descendre toute la ruta cinco, et nous sommes confiants. Nous rejoignons le bas-côté de cette autoroute, il y a du passage. Un peu trop même pour permettre aux voitures de s’arrêter facilement. Au Chili, c’est légal et même normal de marcher ou d’attendre sur la bande d’arrêt d’urgence. On s’adapte.

Nous prenons notre première voiture en auto-stop au Chili ! Enfin, c’est plutôt une première voiture qui nous prend : Marcello, un ingénieur agricole qui s’arrête régulièrement couper des plants de maïs pour les analyser. Nous sommes ensuite aidés par plusieurs véhicules, chaque conducteur a sa particularité. Du dragueur qui klaxonne les femmes à tout bout de champ, aux jeunes qui écoutent à fond un remix espagnol de la musique d’Aladdin (Un rêve bleu), nous passons une journée totalement  décalée ! Un pick-up nous embarque également, et hop ! Nous nous retrouvons dehors à l’arrière, à 130km/h sur autoroute, et ça n’a l’air de choquer personne – à part nous, ébahis !

La nuit ne va pas tarder et nous arrivons à Talca, où nous décidons de rester pour la nuit. Nous cherchons plus de deux heures où planter la tente dans la pénombre et entourés de moustiques, avant de trouver un champ qui semble convenir, à quelques mètres seulement de la ruta cinco. Nous souhaitions sortir des sentiers battus, voilà chose faite ! Nous nous endormons sous les ronflements des camions qui circulent non loin.

auto-stop au Chili
Faire de l’auto-stop au Chili, c’est se retrouver assis à l’arrière d’bon nombre de pick-ups…

Toujours sur la ruta cinco : Talca – Victoria

Nous nous réveillons, heureux de ne pas avoir été délogés pendant la nuit, et entourés de huit chevaux qui nous regardent, incrédules. Juste le temps de faire nos sacs à dos en vitesse et l’aventure continue, dans la poussière et la pollution des pots d’échappements, mais avec le sourire !

Nous montons dans plusieurs camions aujourd’hui, et rencontrons d’adorables routiers. Nous sommes à l’affût pour trouver une station service, elles deviennent de plus en plus rares ! Nous finissons par en apercevoir une et en profitons pour nous débarbouiller et manger quelques empanadas pour presque rien.

Le bruit inhérent à la circulation nous fatigue et nous décidons en milieu de journée d’emprunter un itinéraire secondaire, sur les conseils d’un chauffeur routier. Nous nous retrouvons ainsi par hasard sur la Ruta de la Muerte, ou Route de la Mort.

C’est à Victoria, et toujours en vie, que nous plantons la tente ce soir, dans un champ plus tranquille, à environ un kilomètre de l’autoroute que nous venons de regagner. Ces mille mètres de distance nous permettent de profiter d’un peu de silence, ce qui suffit déjà à nous reposer.

auto-stop Chili
Mille kilomètres d’auto-stop au Chili !

Dernière étape au Chili : Victoria – Osorno

La nuit passe vite, et il pleut au petit matin. Nous rejoignons le tumulte de la ruta cinco, et avons du mal à trouver une première voiture. Nous avançons par petites étapes aujourd’hui, et inventons toutes sortes de jeux pour passer le temps lors des longues attentes : nous sommes dimanche, il y a moins de circulation.

Nous arrivons enfin à Osorno, après 1000 km d’auto-stop au Chili, et ce en trois jours. Un jeune nous attire dans un guet-apens, nous réagissons à temps. Heureusement, nous avons pris parti de voyager léger et cela nous permet d’éviter quelques tracas supplémentaire : la ville est lugubre et peu accueillante. Nous trouvons une chambre où dormir pour quelques pesos, et prenons une douche bien méritée !

Nous réalisons jour après jour, et surtout kilomètre après kilomètre que les distances ne sont pas comparables à celles que nous connaissons. Nos références sont bousculées. Nous revoyons à la baisse nos objectifs, car en vouloir tout voir, on finit par ne plus voir grand chose. Ce sera de loin la leçon retenue lors de cette première partie de voyage.

J’aime prendre la route, sentir les kilomètres défiler et la liberté qui en découle. Mais après deux semaines d’asphalte, j’ai besoin d’un peu d’air frais et de tranquillité. José et moi prenons donc un bus pour Bariloche : nous avons déjà 5000 km de route derrière nous…

auto-stop Chili
Le long de la « Ruta 5 »

Et pour aller plus loin, je vous laisse découvrir la suite de notre aventure en auto-stop en Argentine, ma philosophie d’auto-stoppeuse ainsi que l’intégralité de mes récits de voyage

 

5 thoughts on “Mon Pékin Express : un road trip de 10000km en Amérique du Sud #Part I”

  1. je viens de me rendre compte que je me suis planté en parlant du Chili ma Rouma
    une telle profusion de titres en est la cause
    excuse moi
    bisous

  2. toujours aussi palpitant ce voyage au Chili
    je me régale de tes commentaires et de tes photos
    continue ma Rouma, je suis avec toi par la pensée
    grosses bises

  3. C’est bien la réflexion que je me faisais sur le tour du monde… tour du monde, ok, mais que voir? Combien de temps passer dans combien de pays? Combien de villes? Ca peut complètement changer la face du voyage que l’on fait…
    En tous cas, faire du couchsurfing et voyager avec un ami sociable, je trouve ça cool! Pour moi, ça a incomparablement plus de valeur de partager la vie des gens que de voir, voir, voir un pays :). Tu fais des bons choix!
    Quant aux gens de la douane… ils devaient vouloir vous prendre de l’argent, sûrement!! -_-

    1. Tout à fait d’accord avec toi! C’est vrai que là j’ai fait pas mal de route mais je n’avais même pas prévu de descendre en Amérique du Sud, donc finalement ce n’est que du bonus par rapport à mon projet de départ. Mais j’avoue que pour la suite, je vais prendre un peu plus de temps dans chaque endroit afin de me déplacer moins souvent et profiter plus des moments avec les gens que je rencontre. Et oui pour la douane, il y a des chances 🙂

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