Mon Pékin Express : un road trip de 10000km en Amérique du Sud #Part II

commencer à faire du stop

Des milliers de kilomètres de route et de poussière, mais avant tout de rencontres uniques et imprévisibles, c’est probablement cela qui m’aura le plus marquée lors de mon long périple en bus et en auto-stop en Argentine.

Toujours accompagnée de mon co-équiper José, du moins pour quelques semaines, nous avons déjà parcouru cinq mille kilomètres à travers l’Amérique du Sud (lire la première partie du road trip en auto-stop au Chili). Voici la suite et la fin de notre aventure sur la route, d’Osorno à São Paulo…

Arrivée en Argentine, d’Osorno à Bariloche :

Arrivés à Osorno après plusieurs jours de stop sur la Ruta Cinco, nous décidons de prendre un bus pour El Chalten, afin d’avancer un peu plus vite. Les distances étant tellement immenses, il n’existe aucune ligne directe.

Comme tous les matins ou presque, la première mission de la journée est de faire rentrer dans le sac tout ce qui à vue d’œil ne rentrera jamais. Heureusement, nous avons tout de même eu la bonne idée de voyager léger !

Nous avons seulement six heures de route, et près de 600 km à parcourir à travers la majestueuse Cordillère des Andes, avant de faire étape à Bariloche, magnifique petite ville qui marque notre entrée en Patagonie. Le passage de la frontière se déroule sans encombre et c’est donc une journée plutôt paisible pour nous.

Nous nous rendons sur la petite plage de Bariloche en fin de journée pour prendre un peu l’air, et nous rencontrons Franco, un jeune argentin, assis sur les galets seul avec sa guitare. C’est pour nous le signal d’une bonne soirée qui s’annonce, et faisons sans plus tarder sa connaissance. Nous ne le regrettons pas : nous sommes toujours là deux heures plus tard, bercés par la mélodie de sa voix qui se fond aux bruits des vaguelettes du lac. Le genre de belle rencontre qu’on ne peut planifier, même si nous avions cherché la nuit entière.

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Le Lac de Bariloche

Plein Sud, de Bariloche à El Chalten :

De Bariloche à El chalten, nous avons vingt-quatre heures de bus. Nous commençons à avoir nos petites habitudes et sommes bien rodés. Nous sommes très peu nombreux à faire le trajet et sympathisons tout de suite avec quelques français et une allemande. Ensemble, nous nous extasions à la vue de nos premiers guanacos, une sorte de petits lamas.

Le temps se fait long et chacun y va de son animation. Nous inventons une séance de viens faire ton bracelet brésilien, puis une nouvelle activité intitulée crée ton mini lama en origami. Bref, on essaie de rester dans le thème ! Les réalisations valent ce qu’elles valent, mais ces 1400 km viennent de passer à une vitesse folle.

Arrivés à El Chalten, nous trouvons facilement le logement de Facundo, notre couchsurfer argentin, et profitons pleinement de chaque instant en sa compagnie. Nous sommes également ici pour relever un nouveau défi : effectuer un trek de trois jours autour du Mont Fitz Roy. Une aventure pleine d’émotions et de sensations fortes !

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Chez Facundo, en Patagonie Argentine

Auto-stop en Argentine, d’El Chalten à El Calafate :

En retard sur le programme que nous avions en tête, il est bientôt temps pour moi de remonter dans le Nord, laissant José poursuivre plus au Sud. Aucun trajet n’est possible à partir d’El Chalten, nous décidons de nous rendre à El Calafate d’où il sera plus simple pour moi de gagner Buenos Aires.

Dernière ligne droite tous les deux, et pour finir en beauté nous effectuons ces derniers 250 km en stop. Enfin, nous testons l’auto-stop en Argentine ! Fatigués à cause de notre trek, nous partons un peu tard et beaucoup de voitures ont déjà quitté les lieux.

Deux françaises lèvent aussi les pouces, une centaine de mètres derrière nous. Quatre heures plus tard, n’ayant pas eu de contact avec un potentiel conducteur, nous tuons le temps en inventant un concours photo très ludique : la plus belle pause de l’auto-stoppeur. Nous sommes très doués à ce jeu là et nous lançons toutes sortes de flatteries. Ce n’est que lorsqu’une voiture nous sourit mais s’arrête une centaine de mètres plus loin, faisant monter les deux autres prétendantes que nous nous mordons les doigts, sans mauvais jeu de mots. Si jamais elles me lisent, je les salue, c’est de bonne guerre !

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Note personnelle : cette pause ne fonctionne pas pour faire de l’auto-stop en Argentine !

La suite de l’attente nous paraît alors bien longue, mais nous tenons bon et rejoignons El Calafate très rapidement en fin de journée. Ouf ! Le hasard faisant bien les choses, ce contre-temps nous permet de retrouver au coin d’une table un randonneur argentin rencontré auparavant à El Chalten, et avec qui nous passons finalement une soirée inoubliable.

Faire de l'auto-stop en Argentine :

Depuis cette jolie aventure, j’ai eu l’occasion de faire du stop sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Voici donc quelques conseils pour celles et ceux qui souhaiteraient pratiquer l’auto-stop en Argentine, n’hésitez pas à compléter cette liste dans les commentaires !

  • Les distances : le problème le plus important lorsque l’on décide de faire de l’auto-stop en Argentine, est que les distances sont immenses à parcourir. Prendre son temps est donc primordial, même si cela n’est pas toujours possible ! C’est le point qui m’aura fait défaut : j’avais à cette époque un programme chargé, et je n’ai pu profiter de ces jolis moments d’errance le pouce en l’air comme il se doit. Il sera à l’inverse facile d’éviter de vous perdre, les routes ne font pas légion et vous n’aurez aucun mal à suivre votre itinéraire sans vous égarer. Par ailleurs, il est souvent possible d’effectuer de (très) longues distances, surtout grâce aux chauffeurs routiers qui peuvent se rendre très loin.
  • Le climat : peu de soucis concernant le climat argentin, mis à part le fait que sur les hauteurs, il peut vite faire très froid, notamment la nuit. Si vous souhaitez pratiquer le camping sauvage, n’oubliez pas de vous munir d’une tente et d’un duvet bien chaud, cela ne sera pas de trop !
  • La communication : il est assez simple d’échanger avec les habitants, si toutefois vous possédez quelques bases d’espagnol. Dans le cas contraire, une petite séance de rattrapage peu avant votre départ est à envisager ! Pour info, l’auto-stop en Argentine se dit Al dedo. Quant à l’anglais, oubliez… Si vous êtes une jeune et jolie auto-stoppeuse, sachez également que les Argentins peuvent être quelque peu dragueurs…
  • L’argent : je n’ai pas rencontré de problème concernant ce point, personne ne m’ayant jamais demandé quoi que ce soit. Toutefois, mon expérience en auto-stop en Argentine se révèle assez courte, je vous encourage donc à préciser les conditions de votre transport avant de monter dans un véhicule, cela vous permettra d’éviter tout malentendu.
  • Le matériel : Pour vous lancer, pas besoin d’équipement spécifique. Cependant, pour faciliter votre aventure, n’hésitez pas à apporter avec vous un marqueur de qualité (voire une ardoise Velleda, pour écrire de jolis panneaux), un gilet jaune réfléchissant et une lampe de poche puissante (pour la nuit), un long chèche, une discrète sacoche de sécurité (pour ranger votre passeport et votre argent), une housse imperméable (pour votre sac, selon la saison), un chargeur portable (utile si vous utilisez beaucoup Maps Me) ainsi que l’indispensable livret G’Palémo (guide illustré permettant de vous faire comprendre aisément si vous ne parlez pas espagnol).
  • Autres : afin de compléter ces quelques conseils, je vous laisse lire mon article sur le danger de l’auto-stop et regarder les astuces données sur le site Hitchwiki, une référence en matière de pouce.

Enfin, sachez que la pratique de l’auto-stop est assez courante en Argentine, ce qui n’est pas le cas partout sur la planète…

Retour d’El Calafate à Buenos Aires :

Le réveil est difficile, si l’on concède s’être couchés. Je triche un peu aujourd’hui et écourte mon road trip pour rejoindre Buenos Aires : il est malheureusement plus rapide et moins coûteux de prendre un vol direct que de parcourir le trajet en bus.

Je prend cinq minutes pour faire mon sac à dos, quitte à regrets mon compagnon de voyage et m’envole seule vers la capitale tentaculaire.

Je trouve l’une des auberges de jeunesse les moins chères de la ville où je reste quatre nuits me reposer. J’ai besoin de retrouver un rythme plus calme et de prendre mon temps quelques jours avant de terminer ma route.

La ville est gigantesque et ces cinq jours ne sont pas de trop pour en avoir ne serait-ce qu’un petit aperçu. J’ai par ailleurs la chance de rencontrer beaucoup de voyageurs avec qui je sympathise rapidement, et passe finalement l’essentiel de mon temps à discuter aventures, découvertes et bons plans. Les dortoirs, ça crée des liens !

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Promenade dans Buenos Aires

Road trip de Buenos Aires à São Paulo :

Dernière étape de ce long road trip, et également la plus grande puisque j’ai trente-six heures de bus à parcourir, soit un jour et deux nuits pour effectuer pas moins de 2400 km. Je quitte Buenos Aires le cœur lourd, triste de voir la fin de mon séjour en Amérique du Sud arriver à grands pas, et nostalgique de quitter mes nouveaux compagnons de route, Savannah et François, deux jeunes expatriés français avec qui je viens de passer d’inoubliables moments.

Au départ de Buenos Aires, tout le monde paraît avoir le même état d’âme, et les discussions se font rares, tout comme les sourires. Les visages sont tirés, et seul Dwight, un jeune américain,  vient me parler alors que nous sommes encore sur le quai. Par hasard, nous sommes ensuite assis côté à côte et il passe la soirée à m’expliquer son incroyable travail de marine dans l’US army, de quoi apprendre beaucoup, et faire passer le temps plus vite.

Dwight s’arrête à Iguazu, et je cherche du regard d’autres voyageurs bavards. Les heures défilent, les visages s’affaissent mais les langues se délient. L’ambiance monte peu à peu et de petits groupes se forment. Les nationalités se mélangent, et quelques heures plus tard, on peut entendre parler dans toutes les langues, de façon plus ou moins approximative.

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En route pour le Brésil !

L’instant est unique, les groupes finissent par se souder en un seul et même corps, et les sourires sont désormais au beau fixe. C’est presque incroyable, plus les heures passent et la fatigue monte, plus les échanges se développent et la solidarité devient de rigueur.

On peut ainsi entendre : Il me reste de quoi faire quelques sandwiches, qui en veut ? J’ai encore un peu de café si ça vous tente… Tiens écoute cette musique elle est géniale ! Ou encore : Quelqu’un veut encore du gâteau ? Je retrouve quasiment l’ambiance d’un retour de camp, après une longue colonie de vacances.

J’arrive à São Paulo éreintée, après deux nuits de sommeil presque inexistant mais incroyablement détendue, et plus qu’heureuse d’avoir emprunté ce chemin pour me rendre à destination.

Je ne me demande pas où mènent les routes ; c’est pour le trajet que je pars.

Anne Hébert

Des routes, j’en ai vu beaucoup ces dernières semaines. Dix mille kilomètres d’autoroutes ou de petits itinéraires secondaires, de culs-de-sacs ou de lignes droites sans fin. J’avais pour objectif de rejoindre Ushuaïa en auto-stop, et les rencontres que j’ai faites en ont décidé autrement. Des déceptions, je n’en ai aucune, si ce n’est d’avoir eu trop peu de temps pour profiter encore un peu de ces moments indélébiles.

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Dernier regard vers l’Argentine, une page se tourne…

C’est profondément émue que je quitte aujourd’hui l’Amérique du Sud, m’envolant vers de nouvelles contrées. En effet, mon tour du monde se poursuit en Asie ! Je reste à jamais reconnaissante envers tous ceux qui ont égayé mon chemin, et n’oublierai aucun de ces visages si chaleureux.

Peu importe où le vent le mène, tant qu’il me mène en bonne compagnie. Je n’ai pas vu le bout du monde à Ushuaïa, j’ai manqué d’innombrables merveilles un peu partout, mais j’ai rencontré tous ces personnages hauts en couleurs, qui ont façonné ce long trajet comme étant pour moi la plus belle route du monde. Que ce soit en bus ou en auto-stop en Argentine, j’ai eu la chance de vivre des moments de partage exceptionnels dans ce pays qui a tant à offrir, je conserverai tout cela précieusement en ma mémoire…

4 thoughts on “Mon Pékin Express : un road trip de 10000km en Amérique du Sud #Part II”

  1. Tu me fais rêver. Je n’oserais jamais partir en Amérique Latine / du Sud seule – même après avoir touré les Etats-Unis en Greyhound. Bravo pour la sélection HC du jour, tu le mérites !

    1. Merci 🙂 Mais comme je l’ai dit au début de cet article, j’étais accompagnée d’un ami la moitié du temps, donc j’avoue que c’était plutôt rassurant! En tout cas avec lui au début puis seule à la fin tout s’est bien passé! Et merci pour l’info pour HC je ne le savais même pas 🙂

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