Faire de l’auto-stop en France : l’aventure à portée de main

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Je viens tout juste de rentrer de mon périple le long de la Route de la Soie, et en me plongeant un peu dans les anciens articles de mon blog voyage, je réalise que je n’ai jamais pris le temps d’écrire quelques mots sur l’auto-stop en France ! C’est désormais chose faite, voici un petit article qui rappellera je l’espère que nous n’avons pas besoin d’aller bien loin pour vivre de grandes aventures, et de belles rencontres…

Le stop, en deux mots :

Si beaucoup associent l’auto-stop au voyage à petit budget, c’est loin d’être le seul avantage qu’offre ce moyen de transport alternatif. Le goût de l’aventure et de l’imprévu, la minimisation de l’impact environnemental, le choix d’un mode d’échange relationnel non-monétisé, la rencontre avec des personnes issues de tous horizons, sont certaines des raisons qui poussent nombre d’auto-stoppeurs à se déplacer le pouce en l’air.

Faire de l’auto-stop en France, comme partout dans le monde, oblige à respecter quelques règles, à savoir qu’il est interdit (et dangereux) de poucer directement sur autoroute. Placez-vous plutôt aux péages ou mieux, sur les aires de services, nombreuses et où vous pourrez parler librement avec les conducteurs. De même, si vous empruntez le réseau secondaire, choisissez un spot adapté, où les voitures pourront stationner facilement (près d’un parking, à un feu tricolore ou un arrêt de bus…). Si besoin, prenez une pancarte !

Aussi, sachez vous écouter : votre feeling est important, et si vous ressentez un mauvais pressentiment, sans même savoir pourquoi, passez votre tour. Sourire est loin d’être interdit, et vous aidera même à briser la glace et à trouver un véhicule plus facilement. Voici pour les grandes lignes, je vous laisse lire mon guide complet pour faire du stop pour avoir des informations plus détaillées sur les généralités de la pratique.

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Petit passage vers Tarbes en auto-stop

Spécificités de l’auto-stop en France :

Contrairement aux idées reçues, faire de l’auto-stop en France n’est pas une pratique en voie de disparition, et se révèle être assez facile. À compter que l’on se positionne bien (on en revient toujours là), et qu’un grand sourire soit au rendez-vous, les français sont généralement assez sympathiques et partants pour donner un coup de main aux naufragés de la route. Bien sûr, certaines régions sont plus simples que d’autres pour jouer du pouce (mention d’honneur pour nos amis bretons), mais partout, sur autoroute comme sur les petites départementales, il est possible de trouver un véhicule. S’il vous arrive de galérer, posez-vous en premier lieu la question suivante : suis-je placé à l’endroit adéquat ? N’hésitez pas à vous déplacer si tel n’est pas le cas. Aussi, de façon générale, peu de chauffeurs routiers accepteront de vous embarquer à bord, la législation française étant stricte sur ce point. Rassurez-vous, chez nous les voitures ne manquent pas, vous parviendrez malgré tout à gagner votre destination.

Autre bonne nouvelle, en France, on parle français ! Une belle occasion d’approfondir un peu les échanges, qui sont souvent assez limités à l’étranger. Les plus bavards s’en donneront à cœur joie, quant aux plus timides, ce sera une jolie opportunité de se dévoiler un peu. Faire du stop, c’est comme déballer un cadeau : on y trouve souvent le meilleur, mais rien n’est jamais acquis ! Ainsi, faites de votre mieux pour surprendre agréablement les personnes ayant accepté de vous véhiculer, par respect pour elles bien évidemment, mais également car cela leur donnera sûrement envie de renouveler l’expérience avec d’autres.

Après le plaisir d’être étonné, il n’en est pas de plus grand que celui de causer une surprise.

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris

Par ailleurs, il est plus simple pour une femme que pour un homme d’avancer vite. Mais amis pouceux sont régulièrement coincés à mi-chemin, se déplaçant moins rapidement. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une course, c’est toujours bon à savoir si vous êtes pressé ! Quant au harcèlement sexuel, rare mais malheureusement toujours existant, il concerne les deux sexes, pas de jaloux. Je vous laisse lire mon article sur les dangers de l’auto-stop pour en savoir plus à ce sujet.

Enfin, n’hésitez pas à être créatif ! À ce titre, je vous encourage vivement à jeter un œil sur cette petite vidéo réalisée par le déjanté Capitaine Rémi, il s’agit de la première étape de son voyage en stop de Paris jusqu’en Laponie, déguisé en Père Noël… Une jolie inspiration, et surtout une bonne dose d’humour !

Quelques anecdotes :

Je vous en parlais récemment, lors de ma dernière traversée de la France en auto-stop, j’ai fait l’agréable rencontre de l’écrivain voyageur Marc Leclerc du Sablon, qui vient de publier Pourquoi Jérusalem. Je suis en train de lire cet ouvrage qui relate son long périple à pied de Vannes jusqu’en Terre Sainte, un petit bijou que je dévore depuis une semaine. Des rencontres improbables comme celle-ci, il n’y a qu’en stop qu’elles se réalisent. Certes, nous pouvons toujours faire de nouvelles connaissances ça et là, mais l’intimité qu’offre le cadre fermé d’un habitable pousse souvent les personnes à se dévoiler, et permet par la même occasion au destin de placer sur notre route des individus extraordinaires, que nous n’aurions jamais connus autrement.

Voici une autre anecdote que je tenais à partager avec vous. Je rédige ces quelques mots moins de vingt-quatre heures après avoir rencontré Rémi, un jeune auxerrois que j’ai récupéré hier en banlieue orléanaise, dans mon van aménagé. C’est d’ailleurs ce bref moment de partage qui m’a fait réaliser que je n’avais jamais écrit sur la pratique de l’auto-stop en France. Dès les premières minutes de conversation, j’ai demandé, curieuse, à Rémi, quelles raisons l’avaient poussé à effectuer son voyage en stop. Ce dernier, du tac-o-tac, m’a répondu vouloir s’extraire d’un système faussé par des relations humaines désormais basées sur l’argent. Notre petit bout de chemin ensemble ne nous a pas menés bien loin, nos routes n’allant pas dans la même direction. Pourtant, ces quelques moments de rires ont illuminé ma journée, et j’en profite pour saluer amicalement Rémi s’il lit ces quelques mots.

Autres ressources pour faire du stop en France :

N’ayant pas voulu réécrire plusieurs fois les mêmes textes sur mon blog, voici plusieurs articles qui complèteront ce dossier, ainsi que quelques ressources extérieures afin de tout savoir ou presque :

  • L’état d’esprit : Le stop, vous l’avez compris, est avant tout une histoire de rencontre et de partage. Pour développer un peu plus cette idée, je vous invite à lire ma philosophie d’auto-stoppeuse, qui retrace les quelques valeurs liées au voyage, auxquelles j’adhère.
  • Les grandes villes : La France compte beaucoup d’agglomérations compliquées pour l’auto-stoppeur (Toulouse…), ce qui est souvent problématique. Par exemple l’auto-stoppeur est déposé au Nord, mais il se rend au Sud, il est donc à pied pour traverser la ville, et se retrouve un peu perdu. J’écrirai prochainement un article plus détaillé sur ce point, mais en attendant, vous pouvez jeter un œil au site d’Hitchwiki, qui répertorie toutes les grandes villes, et donne des conseils pour les traverser ou les quitter.
  • Le matériel : Pour vous lancer, pas besoin d’équipement spécifique. Cependant, pour faciliter votre aventure, n’hésitez pas à apporter avec vous un marqueur de qualité (voire une ardoise Velleda, pour écrire de jolis panneaux), un gilet jaune réfléchissant et une lampe de poche puissante (pour la nuit), une housse imperméable (pour votre sac, selon la météo), ainsi qu’un chargeur portable (utile si vous utilisez beaucoup Maps Me sur votre téléphone).
  • La communauté : Pour rencontrer d’autres auto-stoppeurs et échanger avec eux sur le sujet, il existe ce groupe Facebook dédié, qui est assez réactif. Pour les plus joueurs d’entre vous, quelques courses sont même organisées chaque année, mon amie Anick-Marie vous en parlera mieux que moi dans son article qui concerne la Madjacques.
  • Bon plan : Si vous planifiez actuellement un voyage en auto-stop en France sur une longue distance, vous pouvez réserver à l’avance votre auberge de jeunesse afin de bénéficier du meilleur prix, ou jetez un œil au site AirBnB et obtenir une réduction de 25€ pour toute première réservation en passant par mon lien. Au cas où vous préféreriez camper, sachez que, sauf indication contraire, vous pourrez installer votre tente un peu partout, en ville comme en campagne.
  • Un peu d’humour : Parce que le stop promet aussi bon nombre de situations cocasses, voici un dernier article sur les attitudes étranges qu’adopte l’auto-stoppeur, n’hésitez pas à y ajouter quelques anecdotes !

Pour aller plus loin, vous pouvez retrouver l’intégralité de mes récits de voyage, ainsi que toutes les aventures vécues durant mon tour du monde de quatre ans, et surtout tous mes articles sur l’auto-stop.

Et vous, faire de l’auto-stop en France, ça vous parle ? Racontez-nous vos histoires dans les commentaires ci-dessous…

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14 thoughts on “Faire de l’auto-stop en France : l’aventure à portée de main”

  1. J’ai déjà fait du stop entre copines en France et quelques fois pour me dépanner à l’étranger mais j’avoue que j’ai un poil de mal à me lancer seule en France, alors que je suis sûre que ça marcherait très bien !
    Par contre, je suis assez surprise, tu ne déconseilles pas le stop la nuit ?

    1. Je ne conseille, ni ne déconseille pas, mais il est vrai que la nuit, la pratique est un peu différente. Je suis en train de rédiger un article plus complet sur ce sujet précis, c’est pourquoi je ne m’étale pas ici 🙂

  2. Pour le moment nos expériences en stop se bordent à de petits trajets, souvent pour atteindre notre destination lorsque le bus s’arrête trop loin (en gros on prend le bus jusqu’au plus loin possible, et après on fait un peu de stop). On a testé à Noirmoutier, mais aussi dans les Cyclades, en Thaïlande, à Florès (Indonésie), en Birmanie. Sur les deux dernières destinations nous avions été pris en stop par des routiers, une expérience inoubliable… J’ai dans un coin de tête l’idée de tenter un peu de stop en Patagonie un de ces quatre, en solo, mais je suis encore un peu hésitante !
    Aurélie Article récent : Luxe, calme et volupté à l’hôtel Villa Delisle**** de Saint-Pierre (20 et 21 janvier 2018)My Profile

  3. Le long du périphérique, je vois pas mal de monde faire du stop notamment en période de vacances. Je me suis toujours demandé combien de temps ces personnes attendaient avant que quelqu’un ne s’arrête pour les prendre.

    1. Salut Julien ! Tout doit dépendre de nombreux facteurs… Mais pour exemple, suis montée en stop à Paris aujourd’hui même, et j’ai attendu au total 3×5 minutes : le stop, ce n’est pas forcément galère ! Bonne chance si tu t’y mets, et au plaisir 🙂

  4. Un article plein de bons conseils !
    Je me demandais justement il n’y a pas longtemps si le stop marchait aussi bien en France qu’en Argentine. J’ai eu l’occasion d’en faire quelques fois en France sur des petites distances et ça fonctionnait plutôt pas mal en général, mais je n’ai jamais testé sur de longues distances.
    On n’y manquera pas à notre retour 🙂

  5. Ma soeur faisait souvent du stop à la campagne de village en villages avant d’avoir le permis et ça fonctionnait très bien ! Elle a même été prise par un mec en tracteur un jour 😀

  6. Comme d habitude l article est passionnant. Ton ecriture est si fluide et legere. Merci de nous faire partager l aventure de Remi.
    Je vais le suivre. Je trouve tous ces choix de vie si riches et loin de toutes les idees recues.
    A bientot. Amicalement. Michele

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