Quelles chaussures choisir pour le Chemin de Compostelle ?

quelle chaussures choisir pour marcher vers compostelle

Vous êtes nombreux à m’avoir écrit pour avoir quelques conseils pratiques au sujet de ma récente aventure sur le camino. Si je ne me sens pas toujours à l’aise pour vous donner des recommandations, en voici toutefois une que je souhaite partager avec vous, après 1800km à pied : mieux vaut bien choisir ses chaussures de marche pour faire le Chemin de Compostelle. Voici donc quelques astuces, qui je l’espère vous aideront à faire le tri, si vous entreprenez de réaliser le même voyage ou de vous lancer sur une grande randonnée…

À chacun sa monture :

Premier conseil important pour choisir ses chaussures, il faut savoir que ce qui vous conviendra ne sera peut-être pas la meilleure option pour une autre personne : à chacun sa morphologie, à chacun son modèle de chaussures et sa marque (Salomon, Lowa, Asolo, Columbia…). Il vous faut donc trouver, sans mauvais jeu de mot, chaussure à votre pied. C’est la même chose en ce qui concerne les chaussettes, les semelles, les bâtons de marche, la Crème NOK anti-frottements

Dans tous les cas, il est primordial d’entreprendre ce genre d’aventure en étant correctement équipé. Lorsque vous préparez votre randonnée, c’est la première chose à laquelle vous devez penser. Moi qui voyage en tongs le plus souvent, j’ai dû faire une entorse au règlement, et j’ai investi dans une vraie paire de chaussures de marche. Certains s’en tirent pour une cinquantaine d’euros et trouvent une paire qui leur convient, d’autres choisissent une gamme plus élevée : attention, en ce qui concerne les pieds (vos moteurs sur le Chemin de Compostelle), votre confort doit passer avant votre budget, quitte à économiser un peu plus en amont. Si vous n’avez pas l’impression de marcher dans des chaussons, c’est que vous n’avez pas opté pour la paire vous convenant le mieux. Après avoir rencontré beaucoup de pèlerins souffrant d’ampoules ou de tendinites, je peux vous affirmer que choisir la mauvaise paire de chaussures peut grandement compliquer votre pèlerinage (les ampoules s’infectent, les tendinites ne guérissent pas), c’est d’ailleurs l’une des premières causes d’abandon. Partez du bon pied, partez bien chaussé !

On part à la recherche de son âme, et on découvre qu’on a un corps, les pieds qui chauffent, comme rongés, mal aux genoux et dans les hanches, bientôt assommé par le Voltarène.

Alix de Saint-André, En avant, route !

comment choisir ses chaussures de marche ?
Gina, bien dans ses pompes !

Bien choisir ses chaussures pour Compostelle :

Comme les autres voies de grande randonnée, le Chemin de Compostelle possède ses propres particularités. Sa longueur, tout d’abord : il vous faut donc trouver des chaussures susceptible de durer sur plusieurs centaines de kilomètres, voire plusieurs milliers pour les pèlerins les plus irréductibles. Selon le camino emprunté, vous arpenterez plus ou moins de portions de route, plus ou moins de cailloux, et plus ou moins de dénivelé : c’est un critère à prendre en compte. De plus, la saison envisagée pour effectuer votre voyage doit également être un critère de sélection : vous aurez bien plus chaud en été, tandis qu’en hiver, gare à la pluie ou à la neige ! Dernier détail : une fois que vous serez à pied, pas toujours évident de trouver un magasin dans les parages. Choisir les bonnes chaussures dès le début de votre Chemin de Compostelle vous évitera donc de nombreuses ampoules, et bien d’autres tracas…

Certains affirmeront le contraire, mais pour ma part, j’aime avoir des chaussures imperméables même en été : cela permet d’éviter d’être mouillé à cause de la rosée du matin (rencontrée quotidiennement le long de la Voie de Vézelay), et de toutes manières, nous ne sommes jamais à l’abri d’une averse. Je recommande d’opter pour une membrane en GoreTex, qui permet au pied de respirer puisque la transpiration est correctement évacuée.

Même débat en ce qui concerne la hauteur de la chaussure. Certains recommanderont des modèles plutôt bas, d’autres des chaussures montantes, et sachez que certains pèlerins font même leur camino en sandales ! Mon point de vue est le suivant : une paire montante vous évitera entorses, piqûres de tiques et morsures de serpent. Si vous ne serrez pas trop fort vos lacets, votre cheville ne sera pas compressée tout en étant correctement maintenue : c’est à mon sens un excellent compromis.

Pensez à acheter des chaussures une taille au-dessus de votre taille habituelle, voire deux tailles si vous voyagez lorsqu’il fait chaud : durant l’effort et encore plus l’été, les pieds peuvent beaucoup gonfler, ce fut mon cas. Essayez vos chaussures avant de partir, lors de quelques randonnées et en mettant les chaussettes que vous avez prévu de porter sur le Chemin de Compostelle. Attention, à l’inverse, ne débutez pas votre voyage avec de trop vieilles chaussures, sans quoi vous devrez en racheter en cours de route !

chaussures chemin de compostelle
Bien choisir ses chaussures pour Compostelle évite de les abandonner en route…

Mes chaussures de marche, le bilan :

Un premier modèle décevant :

Je suis partie d’Orléans avec des Salomon X Ultra 3 MID GTX, taille 40 (ma pointure habituelle), et j’ai marché avec jusqu’à Périgueux (environ 500km). Un mauvais choix, voici pourquoi :

  • Modèle qui prend l’eau (chaque matin, à cause de la rosée, et lorsqu’il pleut) ;
  • Erreur de ne pas avoir acheté une ou deux tailles au-dessus, mes pieds étaient bleus après seulement quelques jours de marche, véridique ;
  • La semelle s’est rapidement déformée ;
  • Ces chaussures auraient été mieux adaptées pour de plus courtes randonnées. Je les avais achetées quelques mois auparavant et les avais apportées lors de mon road trip en Islande, où elles avaient alors parfaitement convenu ;
  • Obligation de racheter une paire en route (gros défi car aucun magasin aux alentours, j’ai dû me faire livrer une paire à Bergerac qui est arrivée avec 4 jours de retard, je suis allée la chercher en faisant un aller-retour en auto-stop de 180km), croyez-moi, si vous pouvez éviter de passer par là…

Un second modèle parfait pour moi :

De Périgueux à Fisterra (environ 1300km), j’ai marché avec un second modèle de chaussures, les mêmes que Gina avait aux pieds, elle a d’ailleurs fait son entier camino avec ce seul modèle et en était ravie. Il s’agit du modèle Salomon X Ultra Trek GTX Black, taille 42 (deux tailles au-dessus de ma pointure habituelle), un bilan 100 % positif pour moi aussi :

  • Très bonne imperméabilité grâce au GoreTex ;
  • Excellente accroche ;
  • Contrairement à ce que je redoutais, j’ai trouvé ces chaussures relativement légères ;
  • Transpiration parfaitement évacuée (je n’ai jamais transpiré dans ce modèle contrairement à mes précédentes chaussures) ;
  • Parfaites pour marcher sur les routes, sur les sentiers plats mais aussi pour franchir les Pyrénées.

Découvrir les Salomon X Ultra Trek GTX

Dernière chose importante : afin d’être plus à l’aise dans mes chaussures de marche, mais aussi d’éviter d’aggraver ma tendinite sous la voûte plantaire, j’ai investi dans des semelles Scholl spéciales marcheurs (ce modèle, qui existe aussi en plus petite taille), qui ont duré sans problème durant les 1300 derniers kilomètres, je les utilise d’ailleurs toujours aujourd’hui. Je les portais en plus de mes semelles d’origine, soit deux semelles sous chaque pied, et si c’était à refaire, je procèderais sans aucun doute de la même façon : ce fut un grand soulagement.

choisir ses chaussures pour compostelle
Avec de bonnes chaussures de marche, on peut aller (presque) partout !

Faut-il porter des sandales de marche ?

Sur le Chemin de Compostelle, faut-il porter des sandales de marche, et si oui comment les choisir ? Tout d’abord, qui dit sandales, dit aucune protection au niveau de la cheville : comme je l’ai écrit plus haut, attention donc aux morsures de serpents, aux piqûres de tiques et aux entorses. De même, lorsqu’il pleut, ou qu’il fait froid, ce n’est probablement pas la chaussure la plus adaptée à la pratique de la longue randonnée. Cependant, certains pèlerins effectuent tout leur camino en sandales, car cela confère à leurs pieds une entière liberté, et limite grandement les ampoules. Chacun décidera donc en fonction de sa situation.

Pour ma part, j’avais dans mon sac à dos une paire de sandales qui m’a très peu servie. Gina, quant à elle, a beaucoup marché avec les siennes. C’est toujours bien, dans tous les cas, d’avoir la possibilité de changer de souliers en cas de grosses ampoules par exemple : mieux vaut donc prendre une paire avec soi, au cas où. D’ailleurs, dans les douches des refuges, vous serez sûrement content de garder vos pieds à l’abri des microbes, lorsque le sol n’est pas toujours nickel…

Un modèle fait figure de référence en la matière, il s’agit des sandales de marche Teva Terra FI 4 M’s. Je les ai empruntées à Gina pour les tester sur plusieurs journées, lorsque j’avais des ampoules (mes sandales n’étaient pas top), elles ont fait l’affaire sans aucun problème. En polyester, elles sèchent très rapidement après la douche (contrairement à d’autres modèles, qui obligent ensuite à marcher avec des sandales mouillées). Réglables à tous les niveaux, elles s’adaptent parfaitement à toutes les morphologies. Conçues pour durer sur plusieurs centaines de kilomètres, elles font parfaitement l’affaire sur le Chemin de Compostelle, ce malgré le type de terrain emprunté. Seul inconvénient : le prix un peu élevé, mais tout comme pour les chaussures de marche, sur le camino, mieux vaut ne pas faire d’économies en ce qui concerne les pieds…

Découvrir les Teva Terra FI 4 M’s

Avec ces différents conseils, vous devriez être en mesure de choisir vos chaussures pour Compostelle en ayant tous les éléments en main. Mais surtout, n’oubliez pas de trouver un modèle adapté à votre morphologie, je me répète, mais c’est très important : tous nos pieds sont différents, et il n’y a pas de bonnes ou mauvaises chaussures, seulement des modèles qui vous seront mieux adaptés que d’autres !

Des chaussettes de marche pour le camino ?

Si le choix des chaussures est crucial, il en va de même pour celui des chaussettes, et oui, bienvenue dans l’univers du camino, où les pieds sont rois ! Alors, comment les choisir et en quelle matière ? Voici mon point de vue.

  • Mon choix : Je suis partie avec trois paires de chaussettes en coton que j’ai trouées au fil des kilomètres, j’ai terminé mon voyage avec deux nouvelles paires rachetées en Espagne, ce qui était d’ailleurs amplement suffisant. En effet, durant les beaux jours, deux paires suffisent largement si vous ne voulez pas vous charger. L’hiver, c’est une autre histoire.
  • Si c’était à refaire : Je partirais avec deux paires uniquement, à moins que je ne choisisse une saison où la météo est incertaine. J’opterais aussi pour des chaussettes de meilleure qualité, ce qui m’éviterait de perdre du temps (et de l’argent) à en racheter une fois en route.
  • Zoom sur la laine de mérinos : Matière connue des randonneurs, qu’en est-il des chaussettes en laine de mérinos ? Après avoir demandé leur avis à de nombreux pèlerins, voici ce qu’il ressort de nos discussions. Ces chaussettes sont très agréables à porter car elles sont plus douces, élastiques, et donc très confortables. De plus, elles offrent une excellente protection thermique, qui réchauffe les pieds lorsqu’il fait froid, mais les garde au frais quand il fait chaud. Leurs propriétés naturellement antibactériennes limitent les odeurs, tandis que toute transpiration est évitée car les pieds respirent (et par conséquent, les ampoules sont aussi évitées). Un choix qui a fait ses preuves.
  • Découvrez les chaussettes doubles : Certains pèlerins optent quant à eux pour des chaussettes doubles (c’est à dire qu’il n’y a qu’un seul élastique à la cheville, mais bien deux chaussettes autour du pied). Ce type de chaussettes permet de rester à l’abri des frottements prolongés, causant souvent des ampoules. Par ailleurs, des modèles comme celui de la marque Thyo, conçus avec des zones renforcées pour la longue randonnée, tiennent sur la durée et valent donc l’investissement.
  • Dernière astuce : Comme de nombreux pèlerins, une fois sur le camino, n’hésitez pas à faire sécher sur votre sac la paire de chaussettes que vous venez de laver. Certains apportent à cet effet deux petites pinces à linge. Cela permet de contribuer à voyager léger, chose primordiale lorsque l’on porte son sac du matin au soir !

J’espère que ces quelques conseils vous aideront à mieux choisir vos chaussures de marche pour faire le Chemin de Compostelle : c’est un point crucial, qui contribue grandement à la réussite de ce voyage, et tous les pèlerins s’accordent au moins là-dessus.

Enfin, en attendant la suite de mes articles sur le camino, je vous invite à découvrir mes nombreux conseils aux voyageurs, ainsi qu’à vous replonger dans mes différents récits de voyage, retraçant mes cinq ans de tour du monde. Et si vous avez également des astuces pour décider quelles chaussures de marche acheter pour faire le Chemin de Compostelle, n’hésitez pas à les partager avec nous dans les commentaires ci-dessous !

Certains objets cités dans cet article comportent des liens d’affiliation. Cela permet de faire vivre le blog et de m’offrir un café de temps à autres, sans pour autant augmenter le prix de vente de ces derniers.


quelles chaussures pour le chemin de compostelle
Épinglez cet article sur Pinterest !

One thought on “Quelles chaussures choisir pour le Chemin de Compostelle ?”

  1. Effectivement, il existe les chaussettes doubles mais, pour ma part, je portais deux paires de chaussettes (ce qui revient au même) et ce fut un réel confort pour mes pieds. Cela limite énormément les frottements sur la peau… après avoir opté pour cette solution, je n’ai plus eu d’ampoules !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge